Le 28 mai 2026, une femelle tamarin lion doré répondant désormais au nom de Zlatka a été officiellement réintégrée au ZooParc de Beauval… Derrière ce retour se cache une histoire de trafic animalier international, de coopération transfrontalière et d'une ténacité rare dans le monde de la conservation !
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La nuit du 9 au 10 mai 2015 : un braquage animalier en plein cœur de la France
Ce soir-là, 17 petits primates disparaissent du zoo de Beauval, en Loir-et-Cher. Parmi eux : 7 tamarins lions dorés et 10 ouistitis argentés, deux espèces protégées à très haute valeur sur le marché noir. L'affaire choque la communauté zoologique française et déclenche une enquête pour trafic d'espèces rares.
Malgré les recherches menées pendant des années, les animaux restent introuvables. Le dossier s'enlise. Pour beaucoup, ces 17 primates sont définitivement perdus… Et 11 ans après, autant dire que l’affaire était quasiment classée.
Une saisie en Slovaquie relance tout
En 2023, lors d'un contrôle chez un particulier en Slovaquie, les autorités tombent sur un tamarin lion doré. L'animal est confié au centre de soins de Bojnice, où les soigneurs lui donnent le prénom de Zlatka. Les vérifications permettent d'établir un lien avec le vol de Beauval : il s'agit bien de l'une des femelles dérobées onze ans plus tôt, née au parc avant d'être volée alors qu'elle n'avait pas encore deux ans.
Après les contrôles vétérinaires et les démarches administratives nécessaires (notamment au titre de la convention CITES qui encadre le commerce international des espèces menacées) Zlatka est rapatriée en France. Elle pèse moins de 500 grammes à son arrivée.
Le tamarin lion doré : une espèce au bord de l’extinction
Pour comprendre pourquoi ce retour dépasse le simple fait divers, il faut saisir ce que représente cette espèce.
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Caractéristique |
Données |
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Nom scientifique |
Leontopithecus rosalia |
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Taille du corps |
24 à 30 cm |
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Longueur de la queue |
36 à 40 cm |
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Poids adulte |
Moins de 500 g |
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Statut UICN |
Vulnérable |
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Origine |
Forêt atlantique du Brésil |
Le tamarin lion doré est reconnaissable à sa somptueuse crinière orange dorée. Dans les années 1970-80, l'espèce a frôlé l'extinction en raison de la destruction de son habitat naturel et du trafic animalier. Les programmes d'élevage en captivité, auxquels participent des zoos comme Beauval, ont joué un rôle décisif pour éviter le pire. Certains individus détenus par Beauval sont d'ailleurs officiellement propriété du gouvernement brésilien, confiés au parc dans le cadre de ces programmes de conservation.
Chaque individu compte. Voler un tamarin lion doré, c'est s'attaquer directement à un effort de sauvegarde qui dure depuis 50 ans.
Pourquoi le retour de Zlatka est exceptionnel
Les animaux victimes de trafic disparaissent presque toujours dans des circuits illégaux opaques. Ils changent de mains, traversent des frontières, et ne réapparaissent jamais. Retrouver un spécimen vivant 11 ans après son vol est rarissime.
Ce cas illustre plusieurs réalités du monde animalier contemporain :
- Les zoos restent des cibles pour des réseaux criminels organisés capables de traverser l'Europe.
- La coopération internationale entre autorités judiciaires, centres de soins et parcs zoologiques peut fonctionner, même sur le très long terme.
- L'identification précise des animaux (ADN, historique de naissance) est un outil clé pour prouver la provenance et permettre le rapatriement.
À Beauval, l'équipe vétérinaire suit Zlatka de près. L'animal est installé dans un espace adapté et bénéficie d'un protocole d'acclimatation progressive, aussi bien sur le plan comportemental que sanitaire. Une femelle née dans un zoo, ayant vécu des années en captivité illégale, doit être réintroduite avec soin dans un environnement structuré.

Un épilogue rare, mais une vigilance toujours nécessaire
Le retour de Zlatka referme un chapitre douloureux pour les équipes de Beauval même si il rappelle aussi que 16 autres primates volés cette nuit de mai 2015 n'ont, eux, jamais été retrouvés.
Ce dossier est une victoire pour la conservation et pour les réseaux de protection animale transfrontaliers. C'est aussi un signal clair : les collections animales des grands parcs zoologiques restent vulnérables, et la lutte contre le trafic d'espèces protégées ne peut pas se faire sans coopération internationale active.
Sources
- ZooParc de Beauval
- Image de mise en valeur : © Jeroen Kransen - Animalia
- Image : © ZooParc de Beauval



