Cas rarissime en France : un bâtiment classé monument historique toujours ouvert au public va être démoli en Nouvelle-Aquitaine

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Le phare de la Coubre, sentinelle historique de la Charente-Maritime, est aujourd’hui menacé de disparition face à l’avancée inexorable de l’océan.

L'escalier comptant 300 marches à l'intérieur du phare de la Coubre
L'escalier comptant 300 marches à l'intérieur du phare de la Coubre

Sur la pointe de La Coubre, à La Tremblade, l’un des phares les plus emblématiques du littoral atlantique vit ses dernières décennies. L’érosion grignote peu à peu le sol qui le sépare de la mer, et l’État a confirmé en 2025 qu’une déconstruction serait engagée le jour où la sécurité des visiteurs ne pourrait plus être garantie. Retour sur l’histoire, les chiffres et l’avenir de ce monument.

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L'essentiel sur l'avenir de la sentinelle de Charente-Maritime en 2026

Érosion critique Distance à la mer passée de 1,8 km en 1905 à 130-150 m aujourd'hui.
Seuil de sécurité Déconstruction prévue par l'État dès que l'océan atteindra 60 à 65 m de l'édifice.
Fiche d'identité Tour de 64 m (300 marches) érigée en 1904 et inscrite aux Monuments Historiques.
Décision publique Projets de déplacement ou de digues de protection officiellement exclus par l'État.
Rôle persistant Toujours actif pour la navigation avec une portée lumineuse de 52 km.

Un phare de Gironde en danger de destruction

Le phare se dresse à l’entrée nord de l’estuaire de la Gironde, sur la côte sauvage de Charente-Maritime, en lisière de la forêt de La Coubre. Depuis toujours, il guide les navires dans une zone redoutée pour ses bancs de sable et ses courants imprévisibles.

Mais son environnement a radicalement changé : lors de sa construction, l’océan se trouvait à 1,8 km de sa base. Aujourd’hui, cette distance n’est plus que de 130 à 150 mètres, selon les relevés de 2025-2026. Le trait de côte recule chaque année, poussé par les tempêtes, la mobilité des dunes et la montée du niveau marin.

Pourquoi l’érosion menace autant la structure ?

Le danger ne vient pas seulement du recul visible du rivage. Les infiltrations d’eau dans le sous-sol fragilisent en profondeur les fondations du phare, avec un risque réel de perte de stabilité à terme. Les autorités maritimes ont fixé un seuil d’alerte : lorsque la mer atteindra 65 mètres de l’édifice, une intervention deviendra inévitable, la déconstruction restant le scénario privilégié.

Certaines sources plus récentes évoquent même un seuil abaissé à 60 mètres, preuve que la situation continue d’évoluer plus vite que prévu.

C’est déjà le troisième phare construit ici

Le phare actuel n’est pas le premier construit à cet endroit. Deux édifices antérieurs ont déjà été rendus inutilisables ou emportés par la mer, ce qui a conduit, au début du XXe siècle, à ériger une nouvelle tour plus en retrait des zones instables. Sa construction date de 1904, avec une mise en service le 1er octobre 1905. Son importance patrimoniale a été reconnue par une inscription aux monuments historiques le 15 avril 2011.

Chiffres clés à retenir :

Élément

Valeur

Date de construction

1904

Mise en service

1er octobre 1905

Hauteur

64 m

Nombre de marches

300

Portée lumineuse

environ 52 km (28 milles marins)

Inscription monuments historiques

15 avril 2011

Distance à l'océan aujourd'hui

130 à 150 m

Distance initiale à la mer

1,8 km

Un monument encore bien vivant

Malgré la menace, le phare de la Coubre conserve un rôle actif. Il continue de servir de repère de navigation pour l’estuaire de la Gironde et la côte sauvage, tout en attirant chaque année de nombreux visiteurs venus admirer son panorama, son musée et ses 300 marches. Il incarne à la fois :

  • Une fonction de sécurité maritime toujours utile,
  • Un témoignage architectural du début du XXe siècle,
  • Un site touristique identifié par le grand public.

Le phare de la Coubre

Quel avenir pour le phare de la Coubre ?

L’État a exclu, en 2025, les options de recul ou de relocalisation de l’édifice. Des habitants et associations locales ont proposé des solutions de protection, comme un empierrement ou une digue, mais les experts les jugent coûteuses et peu durables face à l’ampleur du phénomène.

Les actions concrètes menées aujourd’hui relèvent surtout de la sensibilisation : expositions et animations pédagogiques autour de l’érosion côtière. Aucune date officielle de disparition n’a été fixée, mais plusieurs médias évoquent, en 2026, un horizon de quelques années seulement, si le recul du trait de côte se poursuit à ce rythme.

Ce que révèle ce cas particulier sur la côte Aquitaine

Le sort du phare de la Coubre dépasse largement son propre destin. Il illustre une question que de nombreux territoires littoraux devront bientôt affronter : comment gérer un patrimoine historique face à un environnement qui change plus vite que prévu ?

Protéger, déplacer ou laisser disparaître : chaque option a un coût, humain, technique et symbolique. Reconnaissable entre tous avec sa silhouette rouge et blanche, souvent surnommé la sentinelle de la Côte Sauvage, ce phare rappelle qu’aucun repère n’est vraiment figé face à la force de l’océan.

FAVICOSources

  • RFI
  • TF1 Info
  • Le Monde
  • Image de mise en avant : © Celeda - WikiCommons
  • Image : © Cobber17 - WikiCommons