En Gironde, cette start-up transforme déjà des déchets en gaz grâce à une technologie si prometteuse que même GRDF a investi 400 000 euros

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Et si vos poubelles finissaient par chauffer votre maison ? Installée près du Barp, NOVEA vient de franchir une étape décisive dans son projet de production de gaz renouvelable à partir de matières solides.

Au Barp, Novéa transforme des déchets en gaz
Au Barp, Novéa transforme des déchets en gaz

Son démonstrateur industriel, opérationnel depuis fin 2024, attire désormais l'attention de GRDF, qui soutient officiellement l'entreprise pour tester l'injection de ce gaz dans le réseau existant. Une annonce qui dépasse le simple coup de communication : elle marque le passage d'une technologie prometteuse à une phase de preuve industrielle bien réelle.

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L'essentiel sur le projet industriel de pyrogazéification soutenu par GRDF en 2026

Technologie pyrogazéification : chauffage à haute température de déchets secs et solides pour créer un gaz de synthèse.
Ressources locales Valorisation de flux girondins mal recyclés (plaquettes forestières, bois B, résidus agricoles).
Investissements 7 à 10 millions d'euros injectés dans le démonstrateur opérationnel depuis fin 2024.
Partenariat clé Soutien officiel de GRDF (aide de 400 000 €) pour tester l'injection directe du gaz dans le réseau existant.
Potentiel industriel Capacité de traitement annuelle de 10 000 à 70 000 tonnes de déchets selon la taille de l'unité.

La pyrogazéification, une technologie encore confidentielle

Derrière ce nom un peu barbare se cache un procédé thermochimique assez simple à comprendre. La matière organique solide, comme du bois ou des résidus agricoles, est chauffée à très haute température avec très peu d'oxygène. Ce traitement produit un gaz de synthèse qui, une fois épuré, peut devenir compatible avec les usages du réseau gazier classique. Contrairement à la méthanisation, plus connue et déjà largement déployée en France, la pyrogazéification s'attaque à des déchets secs et solides, un gisement resté jusqu'ici peu exploité à grande échelle.

NOVEA valorise ainsi des flux très locaux : plaquettes forestières, connexes de scieries, bois de catégorie B, résidus agricoles et certains déchets non dangereux. Autrement dit, une partie des ressources du territoire girondin, aujourd'hui peu ou mal recyclées…

Au Barp, Novéa transforme des déchets en gaz

Un projet qui sort enfin du stade expérimental

Ce qui change avec cette annonce, c'est que NOVEA ne présente plus un simple concept sur le papier. L'entreprise a investi 7 millions d'euros en fonds propres dans son démonstrateur, un montant qui grimperait à 10 millions d'euros après un an et demi de tests, signe d'une montée en puissance progressive du projet.

Même GRDF a de son côté retenu NOVEA dans un appel à projets consacré à l'injection de gaz issu de pyrogazéification, avec une aide de 400 000 euros sur un total de 1,2 million d'euros répartis entre trois projets.

L'objectif affiché est clair : démontrer que ce gaz peut techniquement rejoindre les réseaux existants, sans bouleverser les usages des consommateurs.

L'usine de test Novéa située au barp

Concrètement, qu'est-ce que ça change pour vous ?

Pas de gaz « magique » fabriqué avec n'importe quel déchet, mais un gaz renouvelable ou bas-carbone qui pourrait alimenter, à terme, le chauffage, certains usages industriels, la mobilité ou tout simplement le réseau de gaz que vous utilisez déjà chez vous. Voici les principaux bénéfices attendus de cette filière :

  • Réduction de l'enfouissement de déchets aujourd'hui peu valorisés.
  • Production d'énergie directement sur le territoire girondin.
  • Diminution progressive des importations de gaz fossile.
  • Développement d'une filière d'économie circulaire locale.

À l'échelle industrielle, GRDF évoque des volumes significatifs pour ce type d'installation :

Taille d'installation

Déchets valorisés par an

Petite unité

Environ 10 000 tonnes

Grande unité

Jusqu'à 70 000 tonnes

Une solution prometteuse

Il serait tentant de voir dans cette technologie la réponse à tous nos problèmes de déchets. La réalité est plus nuancée mais très positive. Seuls certains flux, suffisamment secs et adaptés, peuvent être traités par pyrogazéification. La filière reste par ailleurs encadrée par la hiérarchie réglementaire des déchets, qui privilégie d'abord le réemploi et le recyclage avant la valorisation énergétique. La pyrogazéification vient donc compléter ces solutions, pas les remplacer.

Reste que l'initiative girondine illustre bien une tendance de fond : transformer un problème local, celui de nos déchets, en ressource locale et utile. Si les tests d'injection réseau confirment leur potentiel, la Gironde pourrait bien devenir un territoire pionnier pour une énergie fabriquée à partir de ce que l'on jetait hier encore !

FAVICOSources

  • Novéa
  • Usine nouvelle
  • Images : © Novéa