Alors que les feux de forêt frappent déjà l'Aude, les Pyrénées-Orientales et la région de Fontainebleau en cette mi-juillet 2026, un projet toulousain commence à faire du bruit avec une idée simple : convertir un avion existant plutôt que d'en construire un nouveau. Kepplair Evolution mise sur l'ATR 72, une plateforme largement éprouvée, pour livrer un bombardier d'eau multirôle dès 2027. Alors que vaut cette promesse face à des concurrents comme le Canadair, l'A400M ou le futur Fregate F100 d'Hynaero.
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Kepplair Evolution, une solution anti-feu rapide
Le KEPPLAIR 72 repose sur une conversion d'ATR 72, avec un système de largage propriétaire baptisé KEDS, développé avec l'appui de l'IMFT et de Trotter Controls. Gravitaire et non pressurisé, il est présenté comme optimisé pour la qualité du dépôt au sol. L'avion vise un usage multirôle : lutte anti-incendie, fret, évacuation sanitaire, surveillance et logistique d'urgence. Les premiers largages sont annoncés fin 2026, les premières livraisons en 2027, sous réserve des essais et de la certification. C’est un délais extrêmement court par rapport au renouvellement de la flotte de Canadairs.

Face au Canadair, à l'A400M et à Hynaero
Le Canadair CL-415 reste la référence opérationnelle grâce à son architecture amphibie et sa capacité d'écopage rapide. Récemment, nous avons étudié le projet de modification de l’A400M, qui lui, peut larguer jusqu'à 20 000 litres en moins de dix secondes grâce au kit Airbus, sans modification permanente de l’appareil. D’ailleurs l'Espagne l'engage dès cet été. De son côté, Hynaero vise une rupture plus ambitieuse avec son Fregate F100, mais à un horizon bien plus lointain.
Kepplair Evolution propose donc une solution viable à court terme bien plus simple à mettre en place que la modification d’un A400M, même si la contenance est réduite.
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Appareil |
Capacité annoncée |
Calendrier |
Particularité |
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KEPPLAIR 72 |
7 500 à 8 500 L |
Livraisons dès 2027 |
Conversion d'ATR 72, multirôle |
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Canadair CL-415 |
~6 100 à 6 137 L |
Déjà en service |
Amphibie, écopage en 12 s |
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A400M (kit incendie) |
Jusqu'à 20 000 L |
Déjà expérimenté |
Largage massif, avion militaire converti |
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Hynaero Fregate F100 |
~10 000 L |
Vol vers 2031, service vers 2032 |
Nouveau programme, 117 M€ levés |
Pourquoi ce timing tombe à pic
La saison des feux 2026 est particulièrement précoce et intense. France 24 rapportait le 12 juillet que 17 000 hectares avaient déjà brûlé en France cette année, avant même le pic estival. L'Europe a dû mobiliser des renforts aériens pour soutenir la France ce mois-ci, révélant une tension réelle sur les moyens disponibles. Dans ce contexte, un avion capable d'être industrialisé rapidement, avec une cellule déjà connue et une chaîne de maintenance mature, trouve un écho politique et opérationnel évident.
Qui dit avion déjà connu et expérimenté, dit :
- temps de formation des pilotes réduits,
- Coûts de maintenance réduits,
- Cadence de production plus élevée,
- Export de propriété intellectuelle plus simple qu’un produit fini.
Plusieurs solutions valent mieux qu’une seule
Chaque appareil répond à un besoin différent, et voici comment on peut les situer :
- Le Canadair excelle sur les feux côtiers ou proches de points d'eau, grâce à son écopage, mais avec une capacité d'emport plus limitée.
- L'A400M frappe fort sur les gros volumes de retardant, mais reste lourd et coûteux à exploiter au quotidien.
- Hynaero vise une capacité massive à long terme, mais sans réponse immédiate à la crise actuelle.
- Kepplair mise sur la rapidité de mise en service et un usage toute l'année, pas seulement pendant la saison des feux.
Côté chiffres, Kepplair annonce un prix visé entre 33 et 35 M€, pour un coût d'exploitation de 5 000 à 7 000 € de l'heure de vol.
Kepplair Evolution : un projet séduisant à confirmer sur le terrain
La proposition de Kepplair Evolution s'appuie sur un raisonnement cohérent : convertir plutôt que créer, pour aller plus vite et moins cher. Cette logique séduit d'autant plus dans un contexte où les feux gagnent en intensité et en précocité chaque année. La société toulousaine vise un objectif de 25% du marché en 2030, avec près de 100 appareils vendus.
Si le programme tient ses engagements, le KEPPLAIR 72 pourrait bien devenir une solution intermédiaire crédible entre l'agilité du Canadair, la puissance de l'A400M et l'ambition à long terme d’Hynaero.
Sources
- Communiqué Kepplair Evolution
- Images : © Kepplair Evolution