40 000 emplois et 550 entreprises ! L’industrie aéronautique de Nouvelle-Aquitaine confirme plus que jamais en 2026 sa place de pilier industriel en Europe

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Dans les ateliers comme sur les pistes d’essais, la Nouvelle-Aquitaine fait vivre une aéronautique de compétences, d’emplois qualifiés et de transitions technologiques.

40 000 emplois et 550 entreprises ! L’industrie aéronautique de Nouvelle Aquitaine confirme plus que jamais en 2026 sa place de pilier industriel en Europe
40 000 emplois et 550 entreprises ! L’industrie aéronautique de Nouvelle Aquitaine confirme plus que jamais en 2026 sa place de pilier industriel en Europe

Quand on évoque l’aéronautique française, le réflexe conduit souvent vers le grand Sud Ouest. Pourtant, à l’ouest du pays, la Nouvelle Aquitaine s’impose comme l’un des moteurs les plus réguliers de la filière. Le chiffre dit l’ampleur, mais il ne raconte pas tout. Sur le terrain, l’aéronautique se voit dans la continuité des sites industriels, dans les rythmes des équipes, dans les trajets quotidiens qui relient une zone d’activité à un centre de formation, un laboratoire à un atelier d’usinage. La région se distingue par un tissu dense de plus de 550 entreprises et près de 40 000 emplois directs, une présence qui irrigue l’économie locale, de la métropole bordelaise aux bassins industriels plus discrets.

Ce poids n’est pas apparu en une génération. Il s’inscrit dans une histoire longue, marquée par l’implantation de grands noms, mais aussi par la montée progressive d’une constellation de PME et d’ETI spécialisées. À Bordeaux Mérignac, à Rochefort, à Pau, dans le bassin de l’Adour, la filière a construit une culture technique qui se transmet autant qu’elle se renouvelle. Ici, l’industrie ne se résume pas à des chaînes. Elle s’exprime aussi dans la qualité d’exécution, dans l’obsession de la traçabilité, dans une forme de fierté calme quand une pièce, un sous ensemble ou un système électronique part rejoindre un programme majeur.

Depuis la reprise post crise, les carnets se regarnissent, la défense et l’aviation d’affaires stabilisent l’activité, et les projets de transformation s’accélèrent. Mais cette dynamique s’accompagne de défis lourds. Décarbonation, compétitivité internationale, recrutements, souveraineté industrielle, digitalisation des procédés, nouveaux matériaux. La transition écologique n’est plus un horizon lointain, elle devient une contrainte d’ingénierie et un marqueur de crédibilité. Dans ce contexte, la Nouvelle Aquitaine avance avec une stratégie qui mêle consolidation et projection, en cherchant à rester une terre de production autant qu’une terre d’innovation.

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Le récit régional s’appuie sur des repères solides, dont le plus visible reste le site de Dassault Aviation à Mérignac. Cette implantation a joué un rôle structurant, en installant dans la durée des métiers de pointe et une exigence de qualité devenue signature. Autour de ce socle, la filière s’est étoffée par strates. Des activités de mécanique de précision, d’assemblage, d’essais, puis l’électronique embarquée, les matériaux composites, la maintenance et la logistique industrielle ont trouvé leur place dans une même géographie de compétences.

Cette histoire a façonné une manière de travailler. La notion de cycle long y est familière. On pense en années, parfois en décennies. Les investissements s’amortissent sur la durée, les compétences se construisent par l’apprentissage, et la confiance se gagne par la répétition du geste juste. Ce temps long explique aussi une part de la résilience régionale, capable d’absorber les phases d’accélération comme les périodes de tension.

12676 industrie aeronautique nouvelle aquitaine 2025 1Un des produits phares de Dassault produit sur le site de Mérignac : la gamme Falcon.

Des acteurs majeurs et un tissu d’entreprises spécialisées

La force de la filière aéronautique tient à l’équilibre entre grands groupes et entreprises agiles. Aux côtés de Dassault Aviation, des acteurs comme Safran, Thales et ArianeGroup contribuent à structurer l’activité, par leurs besoins industriels, leurs exigences de qualification et leur capacité à entraîner des partenaires. Le territoire, lui, s’appuie sur une multitude d’entreprises positionnées sur des segments précis, souvent indispensables, parfois invisibles aux yeux du grand public, mais décisifs dans la chaîne de valeur.

Plusieurs domaines d’excellence se détachent. Les turbines et équipements associés, les éléments de structure, l’intégration de systèmes, les matériaux composites, l’électronique et les solutions de connectivité, sans oublier des travaux orientés vers la propulsion de nouvelle génération, dont la propulsion hybride. La région joue ici une partition collective, où l’innovation se déploie autant dans l’atelier que dans les bureaux d’études. Les coopérations, portées notamment par des réseaux comme Aerospace Valley, favorisent les projets communs, de l’idée à l’industrialisation.

Une dynamique économique portée par la reprise et la montée en gamme

Les indicateurs confirment un secteur stratégique. L’aéronautique figure parmi les premiers employeurs qualifiés de la région et irrigue un ensemble d’activités connexes, de la sous traitance à l’ingénierie. Après les turbulences de la crise sanitaire, la reprise s’appuie sur des segments plus résilients, comme la défense, le spatial et l’aviation d’affaires, tout en retrouvant un rythme soutenu sur des programmes civils.

Cette reprise n’efface pas les contrastes. Certaines entreprises ont dû se réorganiser, investir dans de nouveaux équipements ou redéfinir leur positionnement. D’autres ont accéléré, portées par des commandes et par la nécessité d’adapter les procédés. Dans ce paysage mouvant, un mot revient souvent dans les échanges industriels, la montée en gamme. Elle passe par l’automatisation, par la maîtrise des matériaux avancés, par la capacité à tenir les exigences de qualité tout en sécurisant les délais.

La performance aéronautique se mesure autant à l’innovation qu’à la régularité du geste, là où l’exigence ne tolère ni approximation ni improvisation

Les défis qui redessinent la filière

Le premier défi, celui qui conditionne tous les autres, reste la transition écologique. Réduire l’empreinte carbone implique de transformer la conception des aéronefs, d’alléger les structures, de travailler sur de nouvelles architectures de propulsion, et d’améliorer l’efficacité énergétique sur toute la chaîne. La décarbonation s’invite aussi dans l’usine, via la réduction des consommations, l’optimisation des flux et la traçabilité des matériaux. Dans ce mouvement, la région cherche à rester à la fois crédible et pragmatique, en alignant recherche, démonstrateurs et capacités industrielles.

Le second défi touche à l’humain. Les besoins en compétences restent élevés, notamment en production, en qualité, en méthodes, en industrialisation et en systèmes numériques. L’attractivité des métiers devient un enjeu direct de compétitivité. La réponse passe par la formation, l’alternance, et les passerelles entre enseignement supérieur et industrie, mais aussi par la capacité à proposer des trajectoires de carrière lisibles et motivantes.

Enfin, la concurrence internationale impose une vigilance constante. La question n’est pas seulement de produire, mais de produire mieux, plus vite, avec des exigences renforcées sur la conformité. Sécuriser les approvisionnements, éviter les ruptures, anticiper les tensions sur certaines matières ou composants, tout cela fait désormais partie du quotidien stratégique des entreprises.

Innovations et perspectives dans un territoire qui veut compter

En Nouvelle Aquitaine, la projection vers l’avenir se lit dans les projets liés au numérique et aux nouvelles motorisations. Jumeaux numériques, simulation avancée, automatisation, contrôle non destructif, pilotage de production par la donnée, ces outils transforment les façons de concevoir et de fabriquer. Ils réduisent les cycles, limitent les rebuts, et augmentent la robustesse industrielle, ce qui devient un avantage compétitif majeur.

Sur les technologies, les pistes explorées vont de l’électrification partielle aux gains de masse permis par les matériaux, en passant par les architectures hybrides et la recherche sur l’hydrogène. Tous ces chantiers avancent au rythme de la certification et de la maturité industrielle, avec une contrainte forte, celle de la sécurité. La région mise sur la coopération entre industriels, laboratoires et centres de formation pour transformer ces pistes en capacités concrètes.

Le soutien public, lorsqu’il se combine à l’investissement privé, joue un rôle d’accélérateur. L’enjeu est de maintenir un lien serré entre innovation et production, sans décrocher de la réalité industrielle. C’est souvent là que se fait la différence, dans la capacité à passer du prototype à la série, et à tenir la promesse sur la durée.

Entre héritage industriel et transformations rapides, l’industrie aéronautique en Nouvelle Aquitaine avance avec une constance qui ressemble à une méthode. Une filière bâtie sur des compétences, consolidée par un tissu d’entreprises spécialisées, et poussée par l’exigence de la transition. Dans un monde où l’aéronautique se recompose, la région confirme qu’elle ne se contente pas de suivre. Elle tient sa place, celle d’un territoire qui fabrique, qui innove, et qui sait que l’avenir se construit pièce après pièce, avec précision.

FAVICO Sources de l’article

  • Région Nouvelle Aquitaine Entreprises – La filière aéronautique spatial défense en Nouvelle Aquitaine
  • La Tribune – La Nouvelle Aquitaine une région stratégique pour l’aérospatial et la défense
  • Cour des comptes – Le soutien public à la filière aéronautique Cahier régional Nouvelle Aquitaine
  • Patrimoine Nouvelle Aquitaine – L’industrie aérospatiale en Nouvelle Aquitaine un siècle d’histoire et de patrimoine

Image de mise en avant : Usien de Mérignac de Dassault