Le 11 septembre 2024, au Palais des Congrès de Bordeaux, le Dr Alberto Breda pose les mains sur les contrôleurs d'un robot chirurgical. À l'autre bout du monde, dans une salle d'opération de l'hôpital General Pla de Pékin, un homme de 37 ans porteur d'une tumeur rénale de 3,5 cm attend d'être opéré. Ce qui suit entre immédiatement dans l'histoire de la médecine…
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La prouesse du Dr Alberto Breda depuis Bordeaux
Vous ne le connaissez sans doute pas, mais Alberto Breda est plutôt célèbre dans le monde de l'urologie. Chef de l'unité d'urologie oncologique à la Fundació Puigvert de Barcelone, président de la Section de Chirurgie Robotique de l'Association Européenne d'Urologie depuis 2022, il cumule plus de 20 ans d'expérience dont 6 passés à l'UCLA en Californie à participer aux premières transplantations rénales mondiales. Plus de 80 publications scientifiques indexées portent sa signature.
Ce jour-là, il est à Bordeaux pour le 21e Symposium Européen de Chirurgie Robotique (ERUS), le plus grand congrès mondial d'urologie robotique, qui réunit plus de 1 000 experts internationaux. L'occasion est trop belle : plutôt qu'une présentation théorique, il va faire une démonstration en direct, devant la salle entière… Une idée complètement folle !
132 millisecondes entre Bordeaux et Pékin
Voici le chiffre qui résume tout : 132 millisecondes. C'est le temps que met le signal pour parcourir les 8 264 km entre Bordeaux et Pékin, et commander les bras du robot chirurgical sur place. Soit 0,132 seconde : imperceptible à l'œil humain et suffisant pour maintenir une précision chirurgicale totale.
Le robot utilisé, l'Edge Robotics System, reproduit en temps réel chaque geste du Dr Breda. Pendant l'opération, ses mouvements pilotent les bras mécaniques qui séparent délicatement la tumeur du tissu rénal sain. L'enjeu est double : retirer le cancer, mais préserver suffisamment de rein pour éviter au patient une dépendance à la dialyse ou une transplantation.
Une équipe médicale locale reste présente à Pékin tout au long de l'intervention, prête à prendre le relais en cas de défaillance de la connexion.
Une première mondiale construite sur des mois de préparation
En février 2024, quelques mois plus tôt, Breda avait déjà réalisé une néphrectomie par téléchirurgie sur un animal, depuis Orlando (Floride) vers un hôpital à Shanghai, à 12 800 km de distance. Un essai décisif pour maîtriser les subtilités de la latence et valider les systèmes robotiques.
Mais le jour de l’opération, le 11 septembre, deux frontières ont été franchies : une première sur un être humain, et une première entre deux continents distincts (Europe et Asie). Jamais une néphrectomie partielle transcontinentale n'avait été réalisée auparavant.
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Ce qui est historique |
Détail |
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Type d'opération |
Néphrectomie partielle (ablation partielle du rein) |
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Distance |
8 264 km |
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Latence |
132 ms, imperceptible humainement |
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Continents traversés |
Europe → Asie (première mondiale) |
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Technologie |
Edge Robotics System |
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Résultat patient |
Sortie en 24 à 72h, récupération sans complications |
L’issue de l’opération a été un succès
L'opération est un succès. La tumeur est retirée, le rein est préservé. Le patient de 37 ans quitte l'hôpital dès le lendemain de l'intervention (certaines sources évoquent 3 jours). Une semaine plus tard, il est de retour chez lui, sans aucune complication.
Pendant ce temps, dans la salle de conférence de Bordeaux, plus de 1 000 chirurgiens et experts ont suivi chaque geste en direct sur les écrans. Ils ont vu les bras du robot bouger à Pékin, entendu Breda commenter ses décisions en temps réel, et observé la latence de 132 ms transformer une connexion internet en bistouri intercontinental. La scène devait être absolument incroyable à voir.
La médecine mondiale sur le point de changer
Grâce à cette opéation, la téléchirurgie transcontinentale n'est plus une hypothèse de recherche. C'est une réalité validée en conditions réelles, sur un patient humain, avec un succès clinique complet. Les implications sont massives :
- Un patient dans un pays à faible accès aux soins spécialisés peut être opéré par l'un des meilleurs chirurgiens mondiaux sans quitter son pays.
- Les déserts médicaux, qu'ils soient géographiques ou économiques, deviennent contournables.
- La distance cesse d'être un critère dans l'accès à l'expertise chirurgicale.
Alors évidemment, il reste des obstacles : infrastructure réseau, coût des robots, cadre réglementaire international, formation des équipes locales. Mais le 11 septembre 2024, Alberto Breda a prouvé que tout ça est techniquement faisable depuis un fauteuil, dans une salle de conférence, à 8 000 km du bloc opératoire…
La médecine vient de changer d'échelle. La prochaine question n'est plus « est-ce possible ? » mais « dans combien de pays, et dans combien de temps ? »
Sources
- Ouest-France
- Fundació Puigvert
- ERUS 2024 (Association Européenne d'Urologie)
- Image : © peoplecreations



