Envies d'été avec le FESTIN #86

Envies d'été avec le FESTIN #8630 ans du Frac, 25 ans d’Arte Flamenco, 10 ans de Vesunna… Le n°86 du Festin est celui de tous les anniversaires ! Plusieurs structures ou manifestations culturelles de la région soufflent en effet quelques bougies hautement symboliques, témoignant de l’enracinement en Aquitaine d’actions et de productions ....

.... qualitativement exigeantes qui ont su capter l’attention et souvent la ferveur des publics. C’est tout particulièrement le cas d’Arte Flamenco, festival consacré à une pratique artistique dont les origines remontent au xviiie siècle en Andalousie, qui est devenu un fait culturel internationalement reconnu et authentiquement landais. Le musée Vesunna de Périgueux est l’exemple éclatant d’une démarche réussie en matière de redistribution des connaissances auprès du plus grand nombre.

À l’autre bout de l’échelle chronologique, les Fonds régionaux d’art contemporain s’inscrivent dans le paysage culturel national comme des institutions, mais aussi comme des corps souples et mouvants mis à la disposition du public, telle la Collection Aquitaine qui ne cesse de se fragmenter, de s’exporter, pour mieux se reconstituer selon des assemblages savants ou ludiques, qui font toujours sens.

Le Festin présente et décrypte ces événements, de même qu’il ouvre ses pages à une exposition exceptionnelle que le musée des beaux-arts de Libourne consacre au prestigieux prix Marcel Duchamp, qui, depuis une quinzaine d’années, célèbre et encourage le talent de jeunes artistes plasticiens.

Les grands sujets du festin #86
Avec deux couvertures pour un même numéro ! Mais un contenu toujours unique…

Génération Frac
La création des Fonds régionaux d’art contemporain, en 1982, témoigne de la volonté de démocratiser l’art d’aujourd’hui et de le rendre accessible dans chaque région. À l’occasion de l’exposition anniversaire « Coulisses », présentée jusqu’au 31 août à Bordeaux, retour sur la collection et les missions du Frac Aquitaine.

Prix Marcel Duchamp - Des artistes sur la rampe de lancement
En exclusivité nationale, le musée des beaux-arts de Libourne présente les quatre artistes en lice pour le prix Marcel Duchamp, qui sera décerné cet automne à la FIAC. Cette avant-première replace la bastide girondine sous les feux des projecteurs après une brillante année 2012 (Pompidou Mobile).

Les quatre saisons de Casa Sylva
Commanditée par le quatrième duc Decazes, la Casa Sylva fut conçue par Charles Siclis dans les années 1920, non pas comme une villa de villégiature, mais comme une maison de famille. Son architecture et son décor témoignent encore des fastes de la vie mondaine de l’entre-deux-guerres sur le Bassin d’Arcachon.Envies d'été avec le FESTIN #86

Notre-Dame des Flots, l’autre phare du Cap-Ferret
L’église Notre-Dame des Flots est érigée en 1966 à Lège-Cap-Ferret pour accueillir l’afflux des estivants. Navire de béton blanc, avec son clocher effilé comme un phare qui confirme sa symbolique marine, elle impose sa modernité avec une audacieuse élégance. Lignes pures, surfaces planes, vitraux miroitants composent un hymne serein et puissant, auquel le sculpteur Hugues Maurin ajoute sa douce et truculente partition.

Vesunna - une décennie gallo-romaine
Le musée Vesunna permet à la ville de Périgueux de mettre somptueusement en valeur ses origines gallo‑romaines. Unique par son architecture directement implantée sur le site urbain de la domus de Vésone, le bâtiment dessiné par Jean Nouvel fête ses dix ans d’ouverture au public, témoignant de la richesse des découvertes archéologiques durant la dernière décennie.

La longue route du Flamenco
Le festival de flamenco de Mont-de-Marsan fête son 25e anniversaire. Depuis un quart de siècle, tous les plus grands artistes de la galaxie flamenca sont passés dans les Landes, faisant de cette manifestation organisée la plus importante du genre hors des frontières espagnoles.

Les harmonies secrètes de Hendaye-Plage
C’est en tirant parti des qualités exceptionnelles du site que le tandem Martinet-Durandeau a présidé, au début du siècle dernier, à l’invention d’Hendaye-Plage, avec l’ambition d’en faire « une ville nouvelle ne ressemblant à aucune autre ». De la maison rouge aux villas néo-basque ou art-déco, architectures et décorations se dévoilent lors d’un parcours secret et inattendu.

La bonne fortune des églises du Béarn
De somptueux décors muraux pour de petites églises paroissiales béarnaises. C’est la mission que s’était donné, vers la fin du xixe siècle, Léonard Fortuné. Ce peintre-décorateur, d’une exceptionnelle vitalité, était cependant resté jusqu’à présent totalement méconnu. Il sort de la confidentialité, en révélant un des aspects les plus hauts en couleur de l’art sacré béarnais. Inédit !

Nérac, capitale du pays d’Albret
Fief des seigneurs d’Albret, Nérac peut s’enorgueillir d’un passé prestigieux qui lui a laissé un patrimoine remarquable. Cet itinéraire dans la ville retrace le destin de lieux emblématiques, de la maison des conférences au moulin de Barbaste, alors que le musée-château bénéficie d’une toute nouvelle muséographie.

Ré la blanche
Surnommée « Ré la blanche » en raison de la blancheur de ses maisons traditionnelles, l’île de Ré est réputée pour ses plages de sable fin, ses venelles fleuries de roses trémières et ses pistes cyclables. Mais au-delà de ces images estivales de cartes postales, l’île-cité s’est construite à partir d’histoires singulières et délicieusement suggestives.

Éditorial # 86 - L’art et les manières à Bertrand Goffaux

30 ans du Frac, 25 ans d’Arte Flamenco, 10 ans de Vesunna… Ce numéro du festin est celui de tous les anniversaires ! Plusieurs structures ou manifestations culturelles soufflent en effet quelques bougies hautement symboliques, témoignant de l’enracinement en Aquitaine d’actions et de productions qualitativement exigeantes qui ont su capter l’attention et souvent la faveur des publics.
Envies d'été avec le FESTIN #86C’est tout particulièrement le cas d’Arte Flamenco, festival consacré à une pratique artistique dont les origines remontent au xviiie siècle en Andalousie, qui est devenu, par sa longévité et la haute tenue de ses programmations, un fait culturel internationalement reconnu et authentiquement landais. L’intelligence des concepteurs du musée Vesunna de Périgueux, dont l’architecture est signée Jean Nouvel, a fait de cet établissement consacré aux trésors de la cité gallo-romaine un carrefour de l’histoire et de la modernité, propre à séduire les néophytes et à confirmer l’intérêt des amateurs.
À l’autre bout de l’échelle chronologique, les Fonds régionaux d’art contemporain s’inscrivent dans le paysage culturel national comme des institutions, mais aussi comme des corps souples et mouvants, telle la Collection Aquitaine qui ne cesse de s’exporter pour mieux se reconstituer selon des assemblages savants ou ludiques, qui font toujours sens. le festin présente et décrypte ces événements, de même qu’il ouvre ses pages à une manifestation exceptionnelle que le musée des beaux-arts de Libourne consacre au prestigieux prix Marcel Duchamp, qui, depuis une quinzaine d’années, encourage le talent de jeunes plasticiens. La belle saison est également l’occasion de transformer les pages de la revue en autant d’invitations à la découverte.
En Pays basque, Edmond Durandeau fut l’architecte de la plupart des villas qui donnèrent son visage, tantôt néo-basque, tantôt hispano-mauresque, à la station nouvelle d’Hendaye-Plage. La Maison Rouge, qu’il édifia pour sa famille, est un petit chef-d’oeuvre de l’architecture de villégiature en Aquitaine. C’est l’Art déco grand genre qui prédomine à Casa Sylva, exceptionnelle villa construite au Moulleau par Charles Siclis pour le duc Decazes ; elle a su conserver intact son parfum enchanteur. Étonnamment, l’architecture moderniste de l’église Notre-Dame des Flots, au Cap-Ferret, sait entretenir le dialogue.
Lignes pures, surfaces planes, vitraux miroitants composent un hymne serein et puissant, auquel le sculpteur Hugues Maurin ajoute sa douce et puissante partition. L’histoire nous procure également une porte d’entrée envoûtante. Des ruines, des traces, des fragments d’architecture, mais aussi des sentiers, des marais salants ensoleillés révèlent une île de Ré au passé composite, accidenté, propre à susciter la rêverie autant que la contemplation.
De même, Nérac, le fief des seigneurs d’Albret, continue de bruire des pas et des voix d’Henri IV, de Catherine de Médicis et de la reine Margot, qui s’y réunirent pour consolider une paix bien précaire. Enfin, hors des sentiers battus du Béarn, la ferveur d’un peintre ornemaniste, Léonard Fortuné, arraché de l’oubli dans lequel la postérité l’avait cantonné, nous permet de pousser la porte de modestes églises pour y découvrir de somptueux décors. Parfois, souvent, la plus belle aventure de l’esprit est au bout du chemin.

Xavier Rosan

Le Festin, revue et éditions d'art en Aquitaine