Vallée du Dropt patrimoine des Itinérances médiévales

Patrimoine et tourisme en vallée du DroptLa vallée du Dropt a conservé de l’époque médiévale un patrimoine architectural remarquable par sa qualité et sa diversité. Itinérance médiévale en vallée du Dropt invite le public suivre la vallée du Dropt pour y découvrir le Moyen Âge en Grandeur Nature sur l’une ou l’autre des neuf étapes du festival, à l’occasion de … 

... spectacles, jeux, ateliers et banquets. Prenant sa source dans le Sud du Périgord, le Dropt se jette dans la Garonne après avoir arrosé le Nord de la Guyenne et l'Est de l'Entre-deux-Mers. Le long de cette verte vallée, étapes gourmandes et paysages harmonieux s'offrent volontiers au visiteur. Au Moyen Âge, cependant, le Dropt formait une frontière naturelle et surtout politique qui séparaient des contrées que Français et Anglois se disputèrent durant trois siècles à grands coups d'épées, de trébuchets ou bombardelles...

De cette période particulièrement agitée, nous avons hérité de témoignages architecturaux et urbanistiques qui constituent un patrimoine remarquable : villages médiévaux, églises, abbayes et chapelles, châteaux et forteresses, moulins, ponts... Ainsi que de nombreuses bastides des XIIIe et XIVe siècles, véritables “villes neuves du Moyen Âge” — la vallée en compte une vingtaine, dont certaines figurent parmi les plus belles du Sud-Ouest de la France. Dans son périmètre, l’Association Mixte Vallée du Dropt, Vallée des Bastides, pour répondre à un concept de “tourisme de vallée” coordonne les actions destinées à valoriser cet héritage, à mettre “le Moyen Âge en mouvement” ou à inciter le visiteur à “partir en itinérance”, contribuant ainsi à générer des retombées économiques et à faire de ce territoire, à terme, la “Vallée du Moyen Âge”.

Vallée du Dropt - Vallée des Bastides

Itinérance patrimoniale en vallée du Dropt

DURAS, Lot-et-Garonne
.... Le château de Duras

C’est en 1137, à l’initiative du vicomte de Bézaumes, que le château de Duras voit le jour. En 1308, le pape Clément V visite son neveu (et homonyme) Bertand de Got et l’autorise à transformer son castelnaud en forteresse. 

Durant la guerre de Cent Ans, le pays de Duras et l’édifice subissent moult sièges et saccages. Le seigneur “traître” Gaillard V, qui a quitté précipitamment son domaine après la bataille dite de Castillon du 17 juillet 1453, revient de son exil anglais en 1480 et fait restaurer les bâtiments.

Vers 1740, Jean-Baptiste de Durfort met la touche finale à de grands travaux d’embellissement. Mais, un jour de 1793, le peuple duraquois en colère s'en prend à ce qui était devenu une belle "demeure de plaisance" ; les tours sont partiellement détruites et les blocs de pierre ainsi récupérés seront utilisés à la construction d’écluses sur le Dropt !

Cadouins

EYMET, Dordogne
.... Eymet, une bastide française

Installée sur les rives du Dropt, la bastide d’Eymet marque l’entrée Sud du Périgord. Le patrimoine médiéval de la cité est riche, et bien conservé : maisons sur arcades et “couverts” de la place centrale, façades à pans de bois, donjon et murailles du château, pont…

De toutes les bastides que compte le bassin du Dropt, Eymet est la seule à avoir été bâtie au bord même de la rivière. Elle fut fondée le 28 juin 1270 par Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse et frère du Roi Louis IX. Détruits en 1830, ses remparts furent construits après la création de la cité, vers 1320, alors que sa forteresse existait déjà — Eymet est l'une des très rares bastides à posséder un château fort.

L’histoire de la cité a été fortement influencée par les rivalités franco-anglaises et les exactions des seigneurs voisins, tous acquis à la cause de l’occupant pendant la guerre de Cent Ans. On retiendra de cette période agitée la bataille du 1er septembre 1377, qui se déroula sous les murs de la ville et se solda par l’une des rares victoires des troupes royales françaises sur le parti anglo-gascon...

ISSIGEAC, Dordogne
..... Issigeac, village médiéval

Église classée, maisons de pierre et à pans de bois construites depuis le XIIe et jusqu’au XVe siècle... Dédale des rues et des ruelles, jolies placettes, imposant palais des évêques de Sarlat fait de terre cuite et de pierre, et dont la belle salle voûtée abrite des expositions…

Fondée au VIe siècle à l’abri d’une abbaye, ayant adopté un drôle de plan circulaire tout à fait remarquable vu du ciel, la cité d’Issigeac est un lieu de charme : les amateurs de "vieilles pierres" y flâneront avec plaisir, en goûtant les jeux d’ombres et de lumières que l’on découvre au hasard des petites rues, tortueuses à souhait . Un vrai bonheur !

1 Duras -JCA
Château de Duras — J.C. Amelin

CADOUIN, Dordogne
..... L’abbaye de Cadouin

Cette abbaye cistercienne du XIIe s. (inscrite par l’UNESCO au Patrimoine Mondial de l’Humanité) témoigne de l’évolution spirituelle et architecturale au Moyen Âge. À l’austère église consacrée en 1154, on a en effet adjoint, à la fin du XVe, un cloître de style gothique flamboyant. L’église est coiffée d’une coupole surmontée d’un clocher couvert de bardeaux de châtaignier. La porte Saint-Louis est l’un des rares témoins de l’enceinte primitive de l’abbaye.

Les moines fondateurs avaient été séduits par l’isolement du site, en forêt de Bessède, loin du castrum de Belvès et de l’abbaye de Saint-Avit-Sénieur — elle aussi classée par l’UNESCO. 

Mais cet isolement ne durera guère puisqu’au XIIIe siècle, les moines "héritent" d’un linge ramené de Terre Sainte par des Croisés et présenté comme le “Saint-Suaire”. Cette "relique" fait alors l’objet d’un important pèlerinage qui enrichit l’abbaye, jusqu’à ce que, en 1934, la vérité éclate : ce linge était en fait dédié à Musta Ali, un calife égyptien de la fin du XIe siècle ! Le pèlerinage de Cadouin avait vécu...

ST-FÉLIX-DE-FONCAUDE, Gironde
..... Le Castrum de Pommiers

Courtines et portes fortifiées, chapelle, moulin, colombier... Tels sont les principaux éléments conservés de ce superbe ensemble médiéval installé sur un promontoire rocheux qui domine la Vignague, modeste affluent du Dropt. Si les origines du castrum de Pommiers remontent au XIe siècle, la construction de l’enceinte actuelle a été réalisée de la fin du XIIIe jusqu'au début du XIVe, après les destructions subies pendant la guerre de Gascogne, prélude à la Guerre de Cent Ans.

Cette grande enceinte protégeait un espace d’un hectare qui abritait le château de la famille de Pommiers et un village castral qui déclina peu à peu, jusqu’à la Révolution. Il fut vendu en 1805 par ses derniers seigneurs à de nouveaux propriétaires qui firent disparaître les dernières maisons villageoises et transformèrent Pommiers en un château… viticole.

Eymet  - Vallée du Dropt - Vallée des BastidesChâteau fort d’Eymet vu depuis le — P. Bacogne

ST-MACAIRE, Gironde
..... Saint-Macaire, jolie cité du Moyen Âge

Les imposants remparts, les portes fortes, les élégantes demeures de négociants en vin et leurs façades sur arcades qui bordent la place du Mercadiou, les maisons anciennes, les rues étroites et tortueuses, l’église Saint-Sauveur et ses superbes peintures murales, le prieuré...  De nombreux éléments de ce beau patrimoine moyenâgeux, bien préservés ou savamment restaurés, sont classés.

Par la qualité de son urbanisme et de ses architectures, Saint-Macaire offre un superbe décor au festival Itinérance médiévale et à cette occasion, on évoque ici chaque année le mariage de Madeleine de France, sœur cadette du roi Louis XI. Vers la fin de la guerre de Cent Ans, le sieur Gaston iv de Foix-Grailly apporte son aide au Roi de France lors de la campagne de reconquête de la Guyenne. En remerciement des services rendus, son fils Gaston, Prince de Vianne et Vicomte de Castelbon, obtient la main de Madeleine de France. Les épousailles des deux tourtereaux furent célébrées à Saint-Macaire en 1462.

Saint-Macaire - Vallée du Dropt - Vallée des Bastides
Détail de l’entrée de l’église Saint-Sauveur — G. Lallemant

Les chemins de Saint-Jacques

Des étoiles et des coquilles. Depuis le IXe siècle, des pèlerins se rassemblent au Puy-en-Velay, à Paris, Tours, Arles ou Vézelay en vue de traverser à pied la France et le Nord-Ouest de l’Espagne pour atteindre le tombeau de l’apôtre Jacques qui se trouve en Galice, à Compostelle, tout près de l’Atlantique et de la baie du Padròn, point extrême de l’Europe occidentale.

C’est en ce lieu qu’un sarcophage de marbre contenant les restes de l’apôtre avait été (“miraculeusement”) déposé. Quelques années auparavant, Jacques dit “le Majeur” avait accosté à ce même endroit, chargé en tant que prédicateur d’apporter la bonne parole en Galice et dans la péninsule ibérique. Ayant échoué dans sa mission, il revint à Jérusalem et y fut décapité en l’an 44, sur ordre du roi de Judée.

Vallée du Dropt - Vallée des BastidesC’est au milieu du IXe siècle qu’un ermite aurait retrouvé le sarcophage, (“mystérieusement”) guidé par une étoile immobile et bien plus brillante que les autres. Aussitôt, la “nouvelle” se répandit dans le monde chrétien d’Occident. On construisit un sanctuaire, une ville et... on traça des chemins pour y parvenir. Le pèlerinage de Santiago de Compostela était né. Il se développe à partir du XIe siècle, grâce notamment aux moines de Cluny qui jalonnent ces voies d’accès d’un réseau dense de prieurés, hôpitaux, abbayes, monastères et refuges. On trouvera là une des origines d’un magnifique patrimoine roman dont nous sommes aujourd’hui les dépositaires. Voilà pourquoi le Conseil de l’Europe a désigné les chemins de Saint-Jacquesde-Compostelle comme Premier Itinéraire Culturel Européen en 1987, tandis que les quatre voies traversant la France à partir de Paris/Tours, Vézelay, le Puy et Arles étaient inscrites au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, le 2 décembre 1998.

Le pélerinage connaîtra son apogée au XVème siècle : 500.000 personnes empruntent alors chaque année les “chemins des étoiles” vers Compostelle. Ces femmes et ces hommes, les jacquots, jacquets ou coquillards, sont animés par un fort sentiment spirituel ou une recherche d’expérience intérieure, à moins que cela soit, simplement, par un défi physique... Pour tout équipement, ils emportent une longue “pèlerine” à capuchon, un chapeau à large bord, un bourdon (le bâton de marche, qui sert aussi à se défendre contre les brigands), une gourde, une besace et, en guise d’insigne, une coquille ramassée dans la baie du Padròn.

Viendra ensuite un lent déclin, à partir de la Renaissance, qui conduira à l’abandon complet du pèlerinage au XIX e siècle — mais celui-ci renaîtra de ses cendres au cours de la seconde moitié du XX e , avant de connaître, aujourd’hui, un beau succès. Ainsi, on notera que le chemin du Puy est, de loin, le plus fréquenté avec quelques 40.000 pèlerins qui empruntent, chaque année, tout ou partie des 1.400 km du parcours ! Un tel engouement renvoie peut-être au fait que le premier pèlerin retenu par l’histoire fut Godescale, évêque du Puy, qui parvint à Compostelle en 951... Le chemin de Vézelay, lui, n’attire bon an mal an “que” 10.000 marcheurs.

D’une Itinérance à l’autre : un fil rouge pour la vallée du Dropt Déclarée “jacquaire” , l’année 2010 sera marquée, à l’échelle européenne, par de nombreuses manifestations.

Il se trouve en effet que la vallée du Dropt conserve sur son sol et ses vieux murs moult traces laissées par le passage, au fil des siècles, de milliers de pèlerins. Et toutes les communes (ou presque) inscrites à l’édition 2010 de l’Itinérance médiévale en vallée du Dropt sont concernées par les chemins de Compostelle...

D’une itinérance à l’autre... l’Itinérance jacquaire

On a “redécouvert” il y a peu l’existence d’un chemin secondaire, une “variante” qui, de Rocamadour à La Réole, assurait une liaison transversale entre deux des quatre voies principales menant vers l’Espagne : celle du Puy-en-Velay (la Via Podiensis) et celle de Vézelay, la Via Lemovicensis ou “voie limousine”. Cadouin (site classé UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques), Issigeac, Eymet et Duras se trouvent sur ce tracé. Quant aux cités de Saint-Macaire, Saint- Ferme et Sauveterre-de-Guyenne, elles sont directement intéressées par la grande voie de Vézelay.

Patrimoine en vallée du Dropt


Le dropt rivière de Guyenne - http://www.valleedudropt.com

Articles similaires

Bordeaux : Rencontres du Cinéma Latino-Américain Les Rencontres du Cinéma Latino-américain ont vu le jour dans la capitale girondine en 1983 avec comme objectif de diffuser des films de qualité mais qui sont peu ou pas présents sur les écrans f...
Inventaire du Patrimoine bâti dans le Bazadais Le Parc naturel régional et ses 51 communes abritent une richesse et une diversité patrimoniales peu connues. Considérant le patrimoine de son territoire comme un élément essentiel de son identité et ...
Gourette : l’expérience Pyrénéenne au coeur de la vallée d'O... En 1903, pour la 1ère fois dans les Pyrénées, Henri Sallenave introduit le ski à Gourette, une activité qui va bouleverser l'économie de la montagne. Au fil du temps, le domaine s'est développé et s’e...
Sud-Gironde : visiter la Cathédrale de Bazas La Cathédrale Saint Jean Baptiste est une cathédrale catholique romaine française, édifiée dans la ville de Bazas. Un détour s’impose en Sud Gironde. Cette cathédrale fait partie du patrimoine mondial...
Pic du Midi le grand ski pyrénéen La situation en avant scène devant la chaîne des Pyrénées et l’altitude à 2 877 m font du Pic du Midi un extraordinaire belvédère touristique. En hiver le sommet du Pic du Midi et le domaine hors-pist...