 Au coeur du Sud-Ouest et de la vallée de la Garonne, terres de "bien vivre", Buzet, charmant village sur la rive gauche de la riante Baïse, a donné son nom aux vignobles réparties sur les côteaux des vingt-sept communes de l'aire d'appellation.
Le terroir de Buzet est à mi-chemin entre Bordeaux et Toulouse, dans le département du Lot-et-Garonne. Il est bordé au nord par la Garonne et au sud par le massif forestier des Landes. L’orientati  on, sous le climat océanique chaud de cette partie du sud-ouest de la France, assure l’ensoleillement adéquat. L’encépagement a été adapté aux divers sols des domaines - Pour les vins rouges et rosés
Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Merlot, Cot ou Malbec. - Pour les vins blancs
Sauvignon, Sémillon et Muscadelle
Le nouveau Buzet est arrivé Les vins que nous buvions il y a dix ou quinze ans n’avaient strictement rien à voir avec ceux que nous aimons aujourd’hui. Naguère, ils titraient autour de 9°, aujourd’hui, ils pèsent entre 12 et 14 °. Le fruité n’est plus le même, l’acidité non plus. Bref, tout évolue. Sans cesse. Ces modifications du goût suivent toujours l’air du temps. Vouloir les ignorer, ce n’est pas, comme on pourrait le croire, respecter la tradition mais au contraire la faire disparaître. Pour qu’un vignoble « traditionnel » et un terroir qui ne l’est pas moins, puissent traverser le temps et les âges, ils doivent inévitablement suivre les évolutions et parfois les précéder tout en gardant leur typicité. C’est ce qu’ont voulu faire les vignerons de Buzet, sous la houlette de leur Directeur Général Pierre Philippe. Ce jeune manager exprime le renouveau de la Cave par une formule qui dit tout en quelques mots. « Regarder plus loin, anticiper, c’est le propre de ceux qui savent toujours allier respect de la tradition et ouverture d’esprit sur le futur. » C’est ainsi qu’en 2006, une série de mesures avaient déjà été prises pour créer des produits correspondant au mieux aux attentes et aux goûts des consommateurs. La Cave s’était alors dotée d’un chai expérimental constitué de mini cuves destinées à rechercher les pics aromatiques en fonction de la maturité des raisins. Un « Comité de Pilotage » avait également été mis en place. Composé de 18 dégustateurs formés à l’analyse sensorielle par un spécialiste de l’Institut National du Goût, il avait pour mission de déguster à l’aveugle tous les vins en cours d’élaboration. Poussant plus en avant cette nécessité de s’adapter à la demande, voire de la précéder, la Cave fit appel aux « tests consommateurs » pour l’analyse gustative des cuvées, mais aussi pour mieux connaître la manière dont étaient perçus les conditionnements.
Aujourd’hui, les vignerons gascons de la Baïse poursuivent leur processus de modernité par l’acquisition d’une nouvelle technologie qui va véritablement « révolutionner » leur processus de vinification : la macération pré-fermentaire à chaud. Ce barbarisme désigne en réalité un nouvel outil, destiné à l’œnologue moderne. Il fait appel à un principe relativement simple : chauffer la vendange pour extraire de la peau des raisins davantage d’arômes et d’anthocyanes. Cette montée en température « artificielle » peut se comparer à ce qui s’observe naturellement sous l’effet des rayons de soleil dans des terroirs plus « méridionaux ». L’opération consiste à « réchauffer » le raisin entier dans sa cuve. Cette méthode permet de favoriser l’extraction des composés contenus dans la pellicule. Bref, d’arracher au raisin toute son expression, sans en négliger aucune. Comme le dit Pierre Philippe : « Le raisin, par ce procédé, donne vraiment tout ce qu’il a ! » Cette opération de macération de la vendange se fait entre 63 et 75 C°. L’ensemble de la phase va avoir des répercussions sur les composés aromatiques et sucrants. À partir de 63 C° les précurseurs aromatiques sont préservés et extraits en quantités plus importantes. Autour de 75 C°, de nouveaux arômes apparaissent, type Thiol (cassis), difficilement décelables à basse température. Enfin, les parois de pellicules renferment des composés dits sucrants (les polysaccharides) difficilement extractibles à froid. Cette technique ne doit pas être confondue avec la thermovinification qui n’est pas suivie d’une macération. Ce pressurage direct de raisins préchauffés permet l’élaboration de vins très légers et très marqués par les arômes amyliques. Ainsi, sans la moindre tricherie chimique, par simple modification physique de vinification, les caractéristiques que les consommateurs apprécient chez les vins de Buzet seront potentialisées et optimisées pour donner des produits plus souples, plus riches en fruit, à boire aujourd’hui, mais possédant surtout en même temps un potentiel de garde supérieur aux vins de jadis. Parallèlement, l’identité des vins de Buzet est non seulement préservée, mais elle est surtout renforcée. Et comme la cave de Buzet est le deuxième lieu touristique du département, juste après Walibi, avec plus cent mille visiteurs par an, cette révolution dans la vinification s’accompagne d’une autre nouveauté : le circuit de visite de la cave. Grâce à une aimable balade, entre barriques et bouteilles, cuves et foudres, le visiteur peut désormais, en un même lieu, aller de la vigne au verre et tout comprendre de ce patient cheminement. Les vignerons de Buzet ont donc entrepris une formidable révolution dont les deux nouveautés présentées en ce 15 novembre ne sont qu’un premier pas. D’autres suivront pour que le grand vin des gascons de la Baïse garde son âme « cœur du Sud-ouest » et la porte haut et loin. Crédit Rédactionnel et Photographique Les Vignerons de Buzet
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