L’avis de Hubert de Boüard sur le Millésime 2013

Le millésime 2013 selon Hubert de BoüardLe vigneron qui parle prend toujours des précautions avant d’affirmer de façon péremptoire la qualité d’un millésime. C’est parce qu’on est justement vigneron que l’on sait que bien souvent, le vin se révèle jour après jour, et que les efforts, le temps passé, dans les vignes et dans les chais permettent de révéler le meilleur de ce que la nature nous donne.

Le printemps, difficile, pluvieux, a contrarié la floraison provoquant millerandage et coulure. Le début de l’été a été pluvieux lui aussi, et le mildiou et l’oïdium ont été contenus par des vignerons combatifs et acharnés qui n’ont rien cédé. Juillet et août, mois particulièrement ensoleillés et secs, ont permis la constitution des fondamentaux du raisin : l’architecture des polyphénols de la pellicule et la maturité des pépins, ont pu se développer dans de bonnes Septembre et octobre pluvieux, ont été des mois d’inquiétude pour les vignerons qui malgré tout, ont ramassé des raisins de belle qualité, particulièrement ceux qui avaient mis en place, en amont les moyens nécessaires.

Bien qu’hétérogène, ce millésime 2013 présente des réussites étonnantes. Bien des dégustateurs seront surpris par ses vins élégants, équilibrés, avec beaucoup de fraîcheur, des tanins appétants, un niveau d’alcool modéré. Ce sont des structures en douceur pour ceux qui n’ont pas exagéré l‘extraction, développant des notes de fruits noirs, des structures de tanins rafraîchissants et veloutés, une finale appétante, tendue. Si ce n’est pas un millésime exceptionnel, il y aura cependant des vins de grande qualité, pour les consommateurs qui aiment les vins de Bordeaux construits sur le classicisme, la fraîcheur et l ‘équilibre.

Hubert de Boüard...
... un homme, une équipe, une passion

Le début d’une histoire

En 2001, la visite du nouveau propriétaire de Clos des Jacobins à Saint-Emilion décide de l’avenir d’Hubert de Boüard, en tant que consultant. Ce jour là, Gérald Frydman lui demande de venir s’occuper du Clos des Jacobins qu’il vient d’acquérir. Il accepte et c’est le début de l’aventure. Petit à petit, les demandes d’autres propriétés arrivent, château Haut Corbin, devenu Grand Corbin depuis, les châteaux Chantegrive, Fieuzal, Clos la Madeleine, puis La Pointe à Pomerol, Laroze à Saint-Emilion, et enfin parmi les derniers arrivés, les châteaux de Ferrand, de Pressac, et Trianon à Saint-Emilion, Cambon la Pelouse, Lamothe Bergeron, Haut Médoc, puis récemment le château Siran à Margaux, et les vignobles de CA Grands Crus, les châteaux Meyney, à Saint-Estèphe et Grand Puy Ducasse à Pauillac, pour ne citer qu’eux. !

Itinéraire d’un enfant du vignoble

Vigneron dans l’âme, ayant grandi au milieu des vignes familiales du château Angélus, qui était à l‘époque un grand cru classé de Saint-Emilion, Hubert de Boüard, est avant tout un homme nourri de son enfance passée au milieu des vignes, et pour qui le travail se résume en quelques mots : équilibre et respect des hommes et de l’environnement. A l’âge de 7 ans son père lui offre son premier sécateur pour aller tailler les ceps. Ses vacances se passent à travailler dans les vignobles et dans les chais de la région, quand d’autres fréquentent les cercles bordelais ou parisiens. OEnologue diplômé de la Faculté de Bordeaux, ses professeurs s’appellent Emile Peynaud, Jean et Pascal Ribereau Gayon.

logo-Hubert-de-Boüard-consultingSes week-end se passent à travailler dans les vignobles de château Thieuley à la Sauve ou sur l’île de Patiras en face de Pauillac. Il effectue ses premiers stages au château Figeac avec Thierry Manoncourt, à saint-Emilion, en Beaujolais et en Bourgogne. Début des années 80 : grâce à Michel Bettane, il découvre la Bourgogne, rencontre Henri Jayer, Denis Mortet, Dominique Lafon… il comprend alors que la viticulture s’inscrit dans le respect de l’environnement et des pratiques oenologiques liées au bon sens (travail du sol, élevage sur lie, …) et au raisonnement scientifique.

En rentrant, en 1985 il prend la responsabilité du domaine familial d’Angélus et n’a de cesse de mettre en pratique, ses observations. Précurseur, novateur, il bouscule les certitudes d’alors, et remet en cause de nombreuses méthodes utilisées alors pour s’orienter vers plus de respect des écosystèmes, plus d’authenticité des vins produits. En tant que scientifique, il s’attache à la pureté, à l’éclat, en mettant ses connaissances d’oenologue au service de l’expression et de la diversité de la complexité des terroirs du bordelais. Il met en place des sélections massales, l’élevage sur lie, les augmentations de surface foliaire, les enherbements naturels, les réflexions sur la taille, sur la biodiversité des sols, la régulation de la charge du pied de vigne, les densités de plantation, le travail des sols, l’adaptation des porte greffes aux cépages et aux sols… et ce, plus de vingt ans avant que quelques-uns, constatant les résultats sur la qualité des vins et sur leur expression, suivent ses pas.

Remarqué très tôt par nombre de critiques et de professionnels, il sera Élu vigneron de l’année par Jacques Dupont et Pierre Crisol - Magazine Gault-Millau - à la fin des années 80, puis Homme de l’année de la Revue du Vin de France, en 1996 et en 2012. Proche de Michel Rolland, celui-ci l’accompagne dans ses réflexions et l’aide à mettre en place bon nombre d’expérimentations qui serviront à enrichir la viticulture et l’oenologie d’aujourd’hui.

Nous sommes en 2014, cette passion de vigneron est intacte et à travers le consulting, reste son activité principale. Il accompagne les propriétés qu’il conseille à la fois sur le vignoble et sur le plan agronomique : plantations, porte greffes, sélection massale, agriculture raisonnée et dirigée vers la préservation des écosystèmes. Il apporte ses conseils sur l’installation des chais de vinification et d’élevage et bien sûr, planifie les dates de vendanges, vinification, élevage, suivi analytique, et microbiologique …

Un savoir-faire et une expertise

Apporter le meilleur conseil, s’appuyer sur des analyses oenologiques approfondies pour accompagner les propriétés dans une production au plus juste de leur cru, telle est la vocation d’Hubert de Boüard Consulting depuis sa création. Cette année, à l’occasion du 30ème millésime d’Hubert de Boüard à Angélus, le Consulting présente une nouvelle identité valorisant la dimension de conseil incarnée par un homme de terrain. Les gouttes « tréma », propre à Hubert de Boüard, retranscrivent sa signature, la recherche d’équilibre, la mesure et la justesse du soin apportées à chaque propriété, à chaque vin. Des vins qui se situent dans le respect de leur terroir et de leur environnement, qui expriment la pureté, l’éclat, l’équilibre.

L’avis de Hubert de Boüard sur le Millésime 2013
L’équipe Hubert de Boüard Consulting, de gauche à droite : Marlène Quilveros, Philippe Nunes, Hubert de
Boüard, Delphine Diez et Matthieu de Boüard.

La vision d’Hubert de Boüard Consulting repose sur l’homme et l’équilibre de l’homme au milieu de la nature, pour créer des vins qui sont l’expression et le reflet de leur terroir. Philippe Nunes, oenologue, diplômé de la Faculté de Bordeaux, arrivé en 1998 comme directeur technique au château la Fleur de Boüard, à Lalande de Pomerol, rejoint le Consulting au milieu des années 2000. En 2008, afin de pouvoir aller plus loin et d’accompagner cette recherche de pureté et d’équilibre au niveau des sols, un laboratoire scientifique est créé. En 2012, Matthieu de Boüard, intègre la structure du Consulting après deux ans d’expérience professionnelle à l’étranger. Bien que présent au Liban, Afrique du sud, Thaïlande, Espagne, et Portugal, Hubert de Boüard s’est toujours concentré sur cette position bordelaise pensant que sa disponibilité auprès des propriétés qui lui font confiance, restait sa priorité.

Avec aujourd’hui plus de 50 vignobles conseillés à Bordeaux, 5 à l’étranger, et 1 dans le Var, Hubert de Boüard Consulting est aujourd’hui un des acteurs majeurs parmi les consultants de la région bordelaise.

 

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