Nous étions tous des enfants
Histoire - Traditions
21 Octobre 2009
Janine Gatheron, photographe bordelaise, investit l’espace du Centre
Jean Moulin, en présentant, du 21 octobre 2009 au 31 janvier 2010,
l’exposition "Nous étions tous des enfants", regards croisés d’une
génération d’enfants allemands et français marqués par la guerre.
En amont de cette exposition il y a les souvenirs de Janine Gatheron, petite fille qui avait 4 ans au début de la Seconde Guerre mondiale. Des années plus tard, ses souvenirs resurgissent du fond de sa mémoire, et un impérieux besoin de remonter le temps s’impose à elle : retrouver les “autres”… Elle allait rechercher ceux et celles dont l’enfance ou la petite enfance avaient été, comme la sienne, bercée par la guerre. Au total, 19 Français et 29 Allemands ont répondu à sa demande.
Un principe a guidé les différentes étapes de son travail de recherche : le respect absolu des documents prêtés.
Tout au long de l’exposition, les mots et les images se partagent l’espace, plongeant le visiteur dans ce passé douloureux.Un principe a guidé les différentes étapes de son travail de recherche : le respect absolu des documents prêtés.
- photos reproduites telles qu’elles lui ont été confiées : ni recadrages, ni corrections
- retranscription des récits de souvenirs personnels dans leur intégralité
- textes originaux et traductions en français et en allemand
Guerre et enfance
« On peut se demander à juste titre si cette exposition sur une guerre qui s’est terminée il y a maintenant 64 ans n’arrive pas beaucoup trop tard. Cette guerre a été documentée dans son évolution depuis longtemps. Des bibliothèques sont pleines d’ouvrages de recherches historiques, de rapports de batailles en mer, dans l’air et sur terre. Il y a d’innombrables analyses de stratégies et de tactiques et il existe des publications illustrées de toutes sortes présentant des villes en ruines, des corps déchiquetés, des réfugiés désespérés.
(…)
Quels sont donc les aspects particuliers qu’une exposition telle que nous la voyons ici peut ajouter à une meilleure compréhension de cette Seconde Guerre mondiale qui remonte à déjà plus d’un demi siècle.
C’est en plaçant au centre les expériences que les enfants ont faites pendant la guerre et l’après - guerre qu’elle peut attirer notre attention sur ce que la génération de nos pères n’a pas réussi à créer et réaliser une sorte de solidarité entre les enfants de nos peuples qui, par malheur, croyaient autrefois devoir se considérer comme ennemis héréditaires. Elle peut contribuer à l’oeuvre globale de réconciliation initiée jadis par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer.
Elle le fait de façon particulière en rapprochant des témoignages personnels de familles allemandes et françaises. Elle ne fait pas usage du reportage photographique professionnel, son authenticité repose plutôt dans le caractère individuel des rapports des témoins de l’époque, qui racontent le vécu et qui permettent un regard dans leurs albums de photos privées. C’est justement cette façon binationale de voir les choses avec les yeux des enfants qui fait le mérite de cette exposition.
(…)
Toutes les personnes qui s’expriment dans cette exposition eurent la chance d’échapper à la machine infernale. Ils vivaient loin des champs de batailles ou bien ils avaient des proches, souvent des mères, qui étaient en état de les protéger. A d’autres la mort a fermé la bouche pour toujours. Mais ceux qui ont survécu ont été marqués par la guerre et par l’occupation. Les traumatismes qui en résultaient ne se laissent pas documenter par la photo, au moins pas d’une façon aussi impressionnante que les villes détruites par les bombardements.
Les enfants survivants avaient la chance de mener finalement une existence normale malgré les lésions subies. Ils ont eu cette chance, même dans le cas où , à la suite de recherches sur leur père disparu, ils ont découvert qu’ils étaient les enfants d’un criminel de guerre. Et pour un jeune Français il ne devait probablement pas être plus facile de se voir confronté à un père qui avait été au service du régime de Vichy.
Les péchés des pères pèsent parfois sur les générations suivantes. Les témoignages des personnes âgées à présent de soixante à quatre-vingt ans donnent une idée de ces choses que la stratégie militaire de nos jours accepte et nomme en langage cynique « dégâts collatéraux ». (…)
Rappelons-nous que l’exposition porte sur des événements qui remontent presque à l’espace d’une vie humaine. Le visiteur devrait se rendre compte que pendant toute cette longue période il n’ y avait plus de guerre en Europe Centrale et que nos peuples ont pu jouir, pendant ce temps, d’une paix durable. »
(…)
Quels sont donc les aspects particuliers qu’une exposition telle que nous la voyons ici peut ajouter à une meilleure compréhension de cette Seconde Guerre mondiale qui remonte à déjà plus d’un demi siècle.

C’est en plaçant au centre les expériences que les enfants ont faites pendant la guerre et l’après - guerre qu’elle peut attirer notre attention sur ce que la génération de nos pères n’a pas réussi à créer et réaliser une sorte de solidarité entre les enfants de nos peuples qui, par malheur, croyaient autrefois devoir se considérer comme ennemis héréditaires. Elle peut contribuer à l’oeuvre globale de réconciliation initiée jadis par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer.
Elle le fait de façon particulière en rapprochant des témoignages personnels de familles allemandes et françaises. Elle ne fait pas usage du reportage photographique professionnel, son authenticité repose plutôt dans le caractère individuel des rapports des témoins de l’époque, qui racontent le vécu et qui permettent un regard dans leurs albums de photos privées. C’est justement cette façon binationale de voir les choses avec les yeux des enfants qui fait le mérite de cette exposition.
(…)
Toutes les personnes qui s’expriment dans cette exposition eurent la chance d’échapper à la machine infernale. Ils vivaient loin des champs de batailles ou bien ils avaient des proches, souvent des mères, qui étaient en état de les protéger. A d’autres la mort a fermé la bouche pour toujours. Mais ceux qui ont survécu ont été marqués par la guerre et par l’occupation. Les traumatismes qui en résultaient ne se laissent pas documenter par la photo, au moins pas d’une façon aussi impressionnante que les villes détruites par les bombardements.
Les enfants survivants avaient la chance de mener finalement une existence normale malgré les lésions subies. Ils ont eu cette chance, même dans le cas où , à la suite de recherches sur leur père disparu, ils ont découvert qu’ils étaient les enfants d’un criminel de guerre. Et pour un jeune Français il ne devait probablement pas être plus facile de se voir confronté à un père qui avait été au service du régime de Vichy.
Les péchés des pères pèsent parfois sur les générations suivantes. Les témoignages des personnes âgées à présent de soixante à quatre-vingt ans donnent une idée de ces choses que la stratégie militaire de nos jours accepte et nomme en langage cynique « dégâts collatéraux ». (…)
Rappelons-nous que l’exposition porte sur des événements qui remontent presque à l’espace d’une vie humaine. Le visiteur devrait se rendre compte que pendant toute cette longue période il n’ y avait plus de guerre en Europe Centrale et que nos peuples ont pu jouir, pendant ce temps, d’une paix durable. »
Forêt de souvenirs
Allemands et Français ont écrit, à la demande de Janine Gatheron, leurs souvenirs de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit de souvenirs d’enfance, de leurs traces chez l’adulte qui se souvient près de 65 ans plus tard. Chacun écrit à sa façon, marqué par son vécu. Aux visiteurs de choisir, d’établir son itinéraire dans cette forêt de souvenirs.
Miroirs
Se frayant un passage dans cette forêt de souvenirs, le visiteur rencontre un mur de miroirs brisés. Brisés comme la mémoire d’où surgissent, par bribes, des flashes d’images. Brisés comme les conditions de vie d’alors : maisons bombardées, démolies, villes en ruines.
Allemands et Français ont écrit, à la demande de Janine Gatheron, leurs souvenirs de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit de souvenirs d’enfance, de leurs traces chez l’adulte qui se souvient près de 65 ans plus tard. Chacun écrit à sa façon, marqué par son vécu. Aux visiteurs de choisir, d’établir son itinéraire dans cette forêt de souvenirs.
Miroirs
Se frayant un passage dans cette forêt de souvenirs, le visiteur rencontre un mur de miroirs brisés. Brisés comme la mémoire d’où surgissent, par bribes, des flashes d’images. Brisés comme les conditions de vie d’alors : maisons bombardées, démolies, villes en ruines.
Noms de villes
C’est à Jean-André Pommiès, historien, qu’a été demandé une liste de 20 villes (10 allemandes – 10 françaises), dont le nom est tragiquement lié à la Seconde Guerre mondiale, et évoque les bombardements, incendies, destructions totales, massacres, victimes civiles...
Un seul mot
Chaque témoin fut invité à repenser aux années de guerre et à donner le premier mot qui lui venait à l’esprit. Un grand tableau noir rappelant l’école d’antan recueille ces témoignages souvent émouvants, parfois surprenants.
Photos de familles
Les 147 photos qui composent cette collection inédite ont été fidèlement reproduites, sans recadrages, ni corrections. Il était essentiel de respecter ces clichés anciens, objets précieux, car «rescapés» des évacuations, des maisons bombardées, ou des déménagements.
Qu’elles soient prises en France ou en Allemagne, les photographies d’enfants toutes prises entre 1939 et 1945 se ressemblent. Regroupées sur des panneaux, elles sont accompagnées d’un titre évocateur de la peinture classique.
Les 147 photos qui composent cette collection inédite ont été fidèlement reproduites, sans recadrages, ni corrections. Il était essentiel de respecter ces clichés anciens, objets précieux, car «rescapés» des évacuations, des maisons bombardées, ou des déménagements.
Qu’elles soient prises en France ou en Allemagne, les photographies d’enfants toutes prises entre 1939 et 1945 se ressemblent. Regroupées sur des panneaux, elles sont accompagnées d’un titre évocateur de la peinture classique.
Pour nos soldats
Tandis que les petites Allemandes tricotaient pour aider les soldats du front de l’est, les petites Françaises et les petits Français tricotaient aussi de leur côté pour les soldats prisonniers en Allemagne. Ces tricots d’aujourd’hui ont été réalisés par ceux qui le firent jadis.
Tandis que les petites Allemandes tricotaient pour aider les soldats du front de l’est, les petites Françaises et les petits Français tricotaient aussi de leur côté pour les soldats prisonniers en Allemagne. Ces tricots d’aujourd’hui ont été réalisés par ceux qui le firent jadis.
Projections
L’exposition est complétée par la projection d’images provenant des diverses archives familiales. L’album de famille de E. comme enfants raconte l’histoire de E. et de sa famille au cours des années de guerre, histoire qui dépendra de l’interprétation de chacun. Chronique familiale est l’histoire d’un petit Allemand né en Bavière en 1940 et de sa famille.
L’exposition est complétée par la projection d’images provenant des diverses archives familiales. L’album de famille de E. comme enfants raconte l’histoire de E. et de sa famille au cours des années de guerre, histoire qui dépendra de l’interprétation de chacun. Chronique familiale est l’histoire d’un petit Allemand né en Bavière en 1940 et de sa famille.
- 11-03-10 | 18h30 | Talence Les Jeudis de l’URMLA
- 11-03-10 | 20h00 | Bordeaux Concert symphonique de l'ONBA
- 12-03-10 | 10h00 | GRADIGNAN SALON du CHOCOLAT 2010 - Gradignan
- 12-03-10 | 20h45 | Arcachon 3 chorégraphies Nacho Duato à Arcachon
- 13-03-10 | 16h00 | Talence Rencontre avec EmiAl Conteur en Aquitaine







