Le Musée des Beaux-Arts de Libourne

  • Catégorie : Histoire - Traditions

Musée des Beaux-Arts de LibourneLe Musée des Beaux-Arts de Libourne est né de la volonté du duc Elie Decazes (1780-1860). Labellisé "Musée de France" par le Ministère de la Culture et de la Communication, le musée des beaux-arts de Libourne présente aux visiteurs un panorama d'oeuvres des écoles européennes du XIVe au XXe siècle. 

A partir de 1818, alors qu’il venait d’être nommé Ministre de l’Intérieur par Louis XVIII, il fit envoyer à Libourne des oeuvres majeures qui seront les premiers dépôts de l’Etat et le fonds constitutif du musée. Tout au long du XIXe et du XXe siècle, profitant de donations, de legs, d’achats et de dépôts, le musée s’est considérablement enrichi.

Accueillies jusqu’en 1836 au Couvent des Ursulines, site de l’actuelle médiathèque, les collections furent transférées par la suite dans les locaux de l’Hôtel de Ville datant du XVe s. et reconstruit au début du XXe siècle en style néo-médiéval. Le musée dispose de la chapelle du Carmel, seul vestige d’un couvent construit au début du XIIe siècle.

Cette annexe sert de cadre à une active politique d’expositions temporaires, essentiellement consacrées à l’art contemporain, faisant alterner rétrospectives monographiques (Pierre de Berroeta, Laurent le Deunff, André Raffray, etc.) et présentations thématiques (L'art abstrait en Gironde 1940-1970, Choses incorporelles, Entre ciel et terre en parallèle à la présence du Centre Pompidou mobile, Prix Marcel Duchamp, etc.).

Dans la collection de peinture ancienne, généreusement pourvue grâce aux libéralités du duc Decazes, se retrouvent des oeuvres de peintres tels que Matteo di Giovanni, Sofonisba Anguissola, Jacopo Bassano (Retour du fils prodigue), Jan van der Straet, Cornelis van Poelenburgh, le caravagesque Bartolomeo Manfredi (Jésus chassant les Marchands du Temple), Antonio Amorosi, Jan Mytens, Jean Jouvenet, Jean-Baptiste Santerre, Charles François Lacroix de Marseille, Anton Raphaël Mengs.

Musée des Beaux-Arts de Libourne

C’est également à cette époque que fut attribué à Libourne le groupe de La France éplorée devant le buste de Louis XV (modèle original de Falconet présenté au Salon de 1747 et réalisé en marbre dix-sept ans plus tard par Pajou et Dumont). Par la suite, la collection ne cessa de s’enrichir par dépôts successifs de l’État en 1837 (C. Molenaert), 1872 (J. Jordaens, Trois têtes de vieillards), 1877, 1880 (Éd.-L. Dupain : Les Girondins Pétion et Buzot le soir du 30 Prairial), 1956 (J.L. Brown), 1965 (Foujita, L’Amitié) …

De son côté, la ville procéda à des achats et bénéficia de dons et de legs qui sont à l’origine des fonds représentatifs des artistes libournais, en particulier le romantique Théophile Lacaze (1799-1846, don de la famille d’Alibert) et surtout Princeteau (legs H. Brulle, 1937).

Le Musée de Libourne conserve l’ensemble le plus représentatif d’oeuvres de René Princeteau : 26 toiles, plus de 200 dessins et quelques sculptures. Issu d’une riche famille libournaise l’artiste dut son succès à un exceptionnel talent pour peindre les chevaux de courses. Cette passion le lia avec Henri de Toulouse- Lautrec dont il fut l’ami et le premier maître, toujours très admiré de son génial élève. Mais la collection de Libourne montre que Princeteau ne fut pas seulement un éblouissant chroniqueur des élégances hippiques. La guerre de 1870 lui inspira des toiles tragiques (Patrouille de uhlans surprise par des franc-tireurs) et, lorsqu’après 1883, il revint s’installer sur son domaine du château Pontus, à Fronsac, il sut traduire la vie rustique d’une façon à la fois poétique et vigoureuse (L’Arrivée au pressoir, acquisition de 1992, avec la participation du FRAM).

La collection montre que Princeteau fut également un bon portraitiste et un paysagiste sensible. Pour la peinture des XIXe et XXe siècles on peut voir, entre autres, des oeuvres de Jean-Pierre Granger, Pierre-Nolasque Bergeret, John-Lewis Brown, Jean-Gabriel Domergue, René Princeteau, Henry Moret, Raoul Dufy (Nu couché, Hommage à Derain et Le Haras du Pin), Moïse Kisling, Léonard Foujita.

Le musée possède encore des verreries du libournais Giboin et l’intéressant ensemble ethnologique Pérès, acheté en 1889. Parmi les autres fonds d'oeuvres d'art, on remarque des sculptures d'Auguste Rodin (Aesculapius, bronze) et Jean-Louis Jaley (Buste du duc Elie Decazes) ainsi qu'un ensemble de dessins comprenant des feuilles de René Princeteau, d'Henri de Toulouse-Lautrec (Au Cabaret, aquarelle), Nicolas de Staël, Kees van Dongen (A l’Opéra, aquarelle) ainsi que des gravures de Dürer ou Martin Schongauer.


Une vidéo du directeur du Musée des Beaux-Arts présentant en 2012 une œuvre acquise grâce au Fonds Régional d'Acquisition des Musées (FRAM)

Exposition à voir au Musée des Beaux Arts

Musée des Beaux-Arts de Libourne
42, place Abel Surchamp / 33500 Libourne
T / 05 57 55 33 44. F / 05 57 55 33 76 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Horaires : le mardi après-midi de 14h à 18h et du mercredi au samedi de 9h30 à 13h et de 14h à 18h.
Fermé le dimanche, le lundi, le mardi matin et les jours fériés.
Entrée gratuite. Visite commentée sur demande.
Service éducatif - Tous les jours, sauf le week-end, aux heures d'ouverture du musée : visites guidées, ateliers de création

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