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| Gypaète : jugement d’un cinéaste |
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| 13-03-2008 | |
Un cinéaste amateur a été condamné par un tribunal de
Haute-Garonne pour perturbation intentionnelle d’espèce protégée en
filmant la nidification du seul couple de gypaètes barbus présent dans
les Pyrénées Atlantiques. Satisfaction des associations de protection
En avril 2007, en filmant la nidification du seul couple de gypaètes barbus présent dans le département des Pyrénées Atlantiques, il avait gravement porté atteinte à deux tentatives de reproduction coordonnées par plus d’une cinquantaine d’organismes institutionnels et associatifs. Les associations de protection de la nature, qui s’étaient portées civiles, sont satisfaites de cette décision de justice.
Le 6 mars 2008, le tribunal de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) a condamné un cinéaste amateur à une amende maximum de 750€ pour dérangement intentionnel d’espèce ainsi que 350€ pour circulation non autorisée sur une piste réglementée. Sur le plan des sanctions civiles, il devra verser 6 200€ de dommages et intérêts aux associations Nature Comminges, Nature Midi-Pyrénées et à la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux). Ces sommes serviront à des actions de préservation et de sensibilisation en faveur de l'espèce. La perturbation intentionnelle d’une espèce protégée (au titre de l'arrêté interministériel du 12 décembre 2005 portant interdiction de la perturbation intentionnelle du gypaète barbu) avait été constatée en avril 2007 par le Service départemental de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) dans un procès-verbal.
Le 9 avril 2007, le cinéaste amateur s’était approché du nid du seul couple de gypaètes barbus présent en Haute-Garonne afin de le filmer en pleine nidification. Sa présence avait contraint les rapaces à fuir et à laisser leur oeuf en cours de couvaison, sans protection et exposé au froid à 1 700 mètres d’altitude, pendant plus d’une heure. L’oeuf avait tout de même éclos au bout de quelques jours mais le poussin n’avait pas survécu. Ce dérangement avait également eu pour conséquence l’abandon du site de nidification occupé depuis 1997 et protégé par convention. Cette réaction est typique de ce grand rapace très sensible aux perturbations. Cette année, le couple s’est déplacé sur un site défavorable à la reproduction et les probabilités de voir un jeune prendre son envol en Haute-Garonne sont donc très réduites. Tous les efforts de conservation doivent être recommencés, avec toutes les difficultés inhérentes.
Depuis 1997, plus d’une cinquantaine d’organismes institutionnels et associatifs participent à la sauvegarde de cette espèce dans les Pyrénées, dans le cadre d’un plan national de restauration initié par l’Etat et coordonné par la LPO. Ce rapace, protégée au niveau international et en France par la loi du 10 juillet 1976 et par l’arrêté du 17 avril 1981, est le plus menacé d’Europe, avec moins de 150 couples nicheurs, dont la majorité vivent dans les Pyrénées (28 couples sur le versant nord). Il ne s’agit donc pas d’un simple « dérangement » sans conséquence d’un oiseau pendant une heure. Par son geste irresponsable, ce cinéaste a porté gravement atteinte à deux tentatives de reproduction et compromis plusieurs années de travail de nombreux organismes de protection de la nature, unis pour garantir la survie du gypaète dans les Pyrénées. Les associations naturalistes, qui ont toujours prôné une pratique de la photographie et du film animalier respectueux des oiseaux, sont donc satisfaites de cette décision de justice.
Dans les Pyrénées, plus d’une cinquantaine d’organismes participent à la sauvegarde du gypaète barbu dans le cadre d’un plan de restauration ministériel, coordonné par la LPO, : le Parc national des Pyrénées, des associations naturalistes, l’Office national des forêts (ONF), l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), les fédérations de chasse de la Haute-Garonne, de l’Ariège et des Pyrénées-Orientales…Ce plan est financé par les conseils généraux et régionaux du Massif Pyrénéen, l’Etat et l’Europe.
Dans le cadre de ce plan et pour favoriser la réinstallation de l’espèce en Haute-Garonne, un site de nourrissage a été mis en place en 1995. Ce nécrophage a, en effet, un très faible taux de reproduction : un seul jeune par couple parvient jusqu’à l’envol, tous les trois ans en moyenne. Quant aux chances de survie des jeunes, elles sont maigres : un sur trois seulement atteint l’âge adulte. D’années en années, la partie occidentale des Pyrénées accueille de moins en moins de gypaètes, les couples ayant de plus en plus de mal à trouver un lieu à l’abri des dérangements. En 2007, le premier succès reproductif du couple installé sur le site depuis deux ans, était donc attendu avec beaucoup d’espoir.
Crédit Rédactionnel LPO - Crédit Photo Yann Toutain
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Un cinéaste amateur a été condamné par un tribunal de
Haute-Garonne pour perturbation intentionnelle d’espèce protégée en
filmant la nidification du seul couple de gypaètes barbus présent dans
les Pyrénées Atlantiques. Satisfaction des associations de protection






