Angoulême : Festival de la Bande Dessinnée

  • Catégorie : Sud-Ouest - Nouvelle-Aquitaine

INDEX DE L'ARTICLE

Angoulême : le 46ème Festival de la Bande Dessinée aura lieu du 24 au 27 janvier 2019 avec Batman et le Manga à l'honneur
Angoulême : le 46ème Festival de la Bande Dessinée aura lieu du 24 au 27 janvier 2019 avec Batman et le Manga à l'honneur

Le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême est le rendez-vous international du 9e Art depuis 1974. Des poids lourds au talent confirmé et d'autres pas toujours très connus parmi lesquels, peut-être, le génie de demain, la ville entière se met à l’heure de la BD et ....

..... des Comix où visiteurs, artistes et éditeurs s’y rencontrent autour des bulles.

Si nombre d'entre vous se déplacent sans doute pour récolter des dédicaces d'auteurs, Angoulême propose la programmation d'un festival à part entière, avec son lot d'événements exceptionnels et de spectacles vivants. Rendez-vous annuel de toute une profession, bien au-delà des seules frontières françaises, le Festival international de la bande dessinée est aussi l’occasion de mettre en place à Angoulême, quatre jours durant, ce qui constitue vraisemblablement la plus grande librairie de bande dessinée du monde.

Sans le FIBD d’Angoulême, la bande dessinée n’aurait sûrement pas en France et dans le monde eu la même histoire.

Festival Bande Dessinée Angoulême
Festival Bande Dessinée Angoulême

"UN CHANGEMENT DE PARADIGME"
L'ÉDITO DE STÉPHANE BEAUJEAN DIRECTEUR ARTISTIQUE DU FESTIVAL

Un changement de paradigme, voilà ni plus ni moins la situation que traverse le monde de la bande dessinée depuis une quinzaine d’années : adaptations cinématographiques en série, explosion de foyers émergeants dans des pays auparavant dépourvus de culture du médium, multiplication des genres, des styles, des publics, des croisements culturels et des métissages formels… Dans ce paysage changeant, la France occupe une place unique. 

L’espace francophone est en effet le seul des trois grands foyers historiques à s’être très tôt intéressé aux créations étrangères, à les importer et à les traduire. Dans le même temps, et à de rares exceptions, les éditeurs américains et japonais s’intéressaient exclusivement à leur création locale. C’est ainsi, le temps aidant, que la France est parvenue à cristalliser la plus riche des propositions de lecture, et que son marché est devenu l’un des laboratoires formels les plus exaltants.

FIBD 2019aAssurément, le temps de la légitimation est dépassé. Après avoir, des années durant, milité pour faire entrer le 9e art dans le giron des formes d’expressions respectées et respectables, le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, l’événement de référence en France, doit assumer son rôle : il est devenu le seul endroit au monde où l’ensemble de la production internationale, passée, présente et dans une certaine mesure également à venir, se croise. C’est pour cette raison qu’il peut prétendre au titre de plus important hub international de ce médium et qu’il doit continuer de capitaliser sur des acquis historiques afin de s’ériger, chaque année, comme la vitrine de la création contemporaine la plus complète possible.

L’événement, cette année encore, s’inscrit dans cette perspective en agrandissant l’espace accordé à la création japonaise, la plus prolixe de la planète. Une démarche qui entre en synergie avec l’actualité des relations franco-japonaises, alors que le Japon lance l’an prochain un programme, Japonismes 2018, destiné à célébrer 160 ans de relations diplomatiques entre nos deux pays. Une récente étude de l'institut GfK* invite par ailleurs à penser que les amateurs de mangas sont ceux sur lesquels l'édition francophone doit porter en priorité ses efforts pour recruter son lectorat de demain.

C’est dans ce contexte, que pour la première fois en Europe, trois grandes expositions sont consacrées à des créateurs japonais de premier plan : Osamu Tezuka, le Hergé japonais, Naoki Urasawa, le chantre du récit de genre moderne, et Hiro Mashima, l’une des grandes stars de la bande dessinée pour la jeunesse. Plusieurs centaines de planches originales, toute la beauté et la diversité plastique de la création japonaise, traverseront ainsi les océans pour venir s’exposer à Angoulême.

FIBD 2019dAutour de ce socle, seront mis à l’honneur Cosey, Grand prix 2017 et précurseur d’une forme littéraire de récit ; Marion Montaigne, qui désacralise l’explication scienti que par un trait volontairement spontané ; Emmanuel Guibert, lauréat du Prix René Goscinny 2017, virtuose du dessin et conteur humble de la vie humaine ; Jacques Martin, créateur d’Alix, grande icône classique qui a fait les beaux jours du journal Tintin ; Zep, créateur de Titeuf, héros pour la jeunesse le plus transgressif de ces 25 dernières années ; Gilles Rochier et ses portraits incarnés de la banlieue d'hier et d'aujourd'hui ; Oriane Lassus, lauréate du concours Révélation blog en 2011; ou encore l'exposition Venise sur les pas de Casanova,où le célèbre personnage fera dialoguer, autour de la Cité des Doges, la peinture du XVIIIe siècle avec des auteurs de bande dessinée contemporains ; enfin, le Festival présentera une exposition dédiée à l'auteur singapourien Sonny Liew.

Faire se côtoyer différents styles, genres, pays, auteurs, lecteurs, et accueillir la bande dessinée de demain, tel est le projet du Festival pour les années à venir. Un projet qui s’inscrit dans la durée mais repose finalement sur un concept assez simple : la diversité est essentielle à l’humanité, donc à l’Art lui même. Et réciproquement. Alors, apprenons ensemble à étendre nos horizons de lecture.

Le 46e Festival : le premier pas de l'éco-transformation

En partenariat avec RAJA, le Festival s’engage dans un projet majeur : faire évoluer l’événement vers une dimension éco-responsable.

Le développement durable et ses enjeux vont s’inscrire de plus en plus profondément dans l’avenir de tous les événements, avec les dimensions sociales, économiques et écologiques qui lui sont liées. Les domaines de l’art et de la culture n’y feront pas exception. C’est à partir de ce constat que RAJA et le Festival d’Angoulême ont décidé de se rapprocher, dans un cadre pluriannuel, afin de mettre en place une démarche dont le but est d’intégrer le carton dans la réalisation du Festival.

FIBD 2019bCe matériau, qui est au cœur de l’activité de RAJA depuis son origine – et aujourd’hui plus que jamais en tant que leader de l’emballage en Europe –, offre des propriétés et des usages multiples encore sous exploités, y compris dans le champ artistique.

Ainsi, dès l’édition 2019 de la manifestation, des scénographies d’exposition, des stands du Festival, des aménagements et décorations d’espaces de différentes natures, des meubles et des objets, tous réalisés à base de carton, feront leur apparition. Tous ces éléments seront soit conservés soit recyclés.

Dans le champ artistique, à l’initiative de RAJA et du Festival, différentes créations sur carton, réalisées par des auteurs de bande dessinée, seront présentées tout au long de l’événement. Au-delà de leurs qualités respectives, les œuvres réalisées offriront la force du symbole pour démontrer que ce matériau, jusque-là trop souvent considéré comme « pauvre », mérite de bénéficier d’un nouveau regard. Et ce, dans des temps où la question écologique vient se placer au centre des préoccupations sociétales.

On sait que le carton a fait son entrée dans l’art contemporain avec nombre de ses courants majeurs (mouvement dada, surréalisme, art brut, cubisme, minimalisme…). RAJA a, de longue date, constitué une collection à partir d’œuvres d’artistes qui ont travaillé le carton à des titres divers. C’est donc dans une forme de continuité que l’action conjointe du Festival et de RAJA favorisera cette pratique dans l’univers du 9e art – et ce en relation avec les acteurs de la filière bande dessinée (éditeurs, libraires, galeristes...) avec lesquels RAJA est en relation quotidienne dans le cadre de leurs activités communes.

Progressivement, le visage du Festival sera ainsi amené à se transformer, en lien avec la propre contribution des festivaliers et de tous les acteurs de l’événement.

L'évènement 2019 : Richard Corben donner corps à l’imaginaire

Comme chaque année, le Grand Prix du Festival se voit consacrer une exposition. À cette occasion, de nombreux collectionneurs se sont mobilisés en vue de constituer la rétrospective la plus complète possible sur Richard Corben, auteur considéré par la profession comme l’un des dessinateurs les plus fascinants de sa génération. Un artiste que Moebius lui-même appelait « Richard “Mozart” Corben» pour souligner son génie sans égal.

exposition Richard CorbenNé en 1940 dans le Missouri, Richard Corben se forme au dessin au kansas City Art Institute et publie dès 1968 de courtes histoires de SF et d’horreur. À partir de 1970, il autopublie son fanzine Fantagor, collabore aux journaux mythiques de l’éditeur warren, Creepy, Eerie et Vampirella, et se lance rapidement dans de grandes épopées publiées sous la forme de romans graphiques. Auteur de 5 000 planches de bande dessinée et de centaines d’illustrations, conjuguant les formats de publication et les expériences formelles, Corben développe une imagerie totalement personnelle, influencée par les récits de genre horrifiques et grotesques dont il se réapproprie les codes. Ses mondes, souvent inquiétants, parfois décalés et outranciers mais toujours sonorisés par des onomatopées emphatiques soulignant le bruit et la fureur, sont traversés par une galerie de monstres comiques et de mutants effrayants, de jeunes femmes aux courbes démesurées et d’hommes à la musculature hypertrophiée. Corben revendique une attirance de longue date pour la peur, mais son regard sur les mondes désenchantés qu’il dessine suggère aussi de la distance et de l’amusement, loin de l’exaltation d’une violence gratuite ou aveugle…

Vénéré par les plus grands dessinateurs, Corben est reconnu comme un technicien hors norme, qui sculpte dans ses pages le volume, l’ombre et la lumière, par l’utilisation perpétuellement renouvelée et mixte de techniques allant de la trame mécanique à l’aérographe, de l’huile au crayon gras, de l’aquarelle au photomontage, sans oublier la 3D et les outils numériques. Repéré en France dès le début des années 1970, Corben paraît dans Actuel et aux Humanoïdes Associés – il est l’un des premiers auteurs publiés de la maison, avec notamment Rolf ou encore Den. Plus récemment, Corben a participé à la série Hellboy de Mike Mignola (Delcourt) et a adapté plusieurs nouvelles d’Edgar Allan Poe, l’un de ses maîtres en littérature, réunies dans Esprits des morts (Delirium). Il a en outre publié Ragemoor, écrit par son ami scénariste Jan Strnad (Delirium), ainsi que Rat God (Delirium). C’est l’imagination sans limite et le style graphique unique de ce maître incontournable du fantastique que cette exposition mettra en avant. Pour la première fois au monde, plus de 250 planches originales retraçant toute sa carrière et provenant de collections privées ont été rassemblées.

MUSÉE D’ANGOULÊME Du 24 janvier au 10 mars 2019
Commissaires : Frédéric Manzano et Stéphane Beaujean - Production : 9eArt+ / FIBD

Les Expositions

Batman 80 Ans : un genre américain démasqué

Plongez dans l’univers du protecteur de Gotham City ! Urban Comics, DC, Warner Bros. et le Festival mettront à l’honneur Batman, qui fêtera ses 80 ans en 2019. Façonnée par de multiples talents, de Bob Kane à Frank Miller, cette icône a marqué l’essor des comics. Cette exposition immersive et ludique vous propose de traverser tous les lieux cultes du plus célèbre des super-héros américains.FIBD 2019c

Manara itinéraire d’un maestro de Pratt à caravage

Pour la première fois, Milo Manara se voit consacrer une rétrospective exceptionnelle au Festival d’Angoulême. De l’ébullition italienne des années 1970 à la rencontre avec Federico Fellini, des collaborations avec Hugo Pratt à son goût de la sensualité, cette exposition célèbre cinquante ans de carrière de ce maître de la bande dessinée.

Taiyo Matsumoto dessiner l’enfance

Auteur de mangas depuis trente ans, Taiyo¯ Matsumoto se voit consacrer pour la première fois en France une rétrospective exceptionnelle, avec près de 200 œuvres originales présentées à Angoulême.

tom-tom et nana présentent : tout Bernadette Després

Le Festival d’Angoulême proposera une exposition consacrée à l’œuvre de Bernadette Després, la dessinatrice – entre autres – des célèbres Tom-Tom et Nana…

Tsutomu Nihei : l’arpenteur des futurs

Une exposition exceptionnelle reviendra sur l’œuvre de l’un des plus grands tenants du manga de science-fiction, créateur des séries BLAME!, Knights of Sidonia et Aposimz.

Rutu modan un théâtre tragi-comique

Récompensée par deux fois au Festival, l’autrice israélienne Rutu Modan est cette année mise à l’honneur dans une exposition exceptionnelle. L’occasion de revenir sur une œuvre essentielle où s’entremêlent réalisme cru et humour acide, à l’aune d’une ligne claire réinventée dans sa forme et dans son dialogue avec le réel.

FIBD 2019e

Jean Harambat aller-retour

Lauréat du Prix René Goscinny en 2018, Jean Harambat est l’auteur d’une œuvre où se mêlent la littérature, l’intime et le goût de l’aventure.

La Saga de Jérémie Moreau

En janvier 2018, Jérémie Moreau s’est vu remettre le Fauve d’Or, son troisième prix officiel du Festival en moins de quinze ans. Depuis toujours, son parcours artistique et professionnel est intimement lié au Festival, qui lui rend hommage cette année à travers une grande exposition.

Pierre Feuille Ciseaux #6

L’association ChiFouMi, qui œuvre pour la reconnaissance de nouvelles formes de bande dessinée, organise depuis une dizaine d’années la manifestation Pierre Feuille Ciseaux. Cette résidence d’artistes fondée sur le collectif et l’expérimentation s’installe à Angoulême et proposera des rencontres et une grande exposition des travaux réalisés.

Angoulême rendez-vous incontournable des comix

Les grands atouts du Festival, en la matière, sont évidemment la diversité et la complémentarité. Nulle part ailleurs, sans doute, on ne trouve réunis sur un même site un tel éventail d’acteurs de l’édition de bande dessinée, des grands groupes européens qui constituent l’ossature du secteur jusqu’aux plus modestes des jeunes éditeurs. Grands ou petits, généralistes ou spécialisés, « mainstream » ou alternatifs, tous ces éditeurs ont en outre à coeur de mobiliser sur leurs stands une offre de lecture d’une richesse sans équivalent.Salon-BD-Angoulême

Nouveautés et parutions récentes y figurent en bonne place, évidemment, mais les classiques et les anciens titres du catalogue de chacun y sont également présents. À cette offre particulièrement étoffée d’ouvrages de librairie, il faut ajouter ce que proposent les autres professionnels de la filière bande dessinée systématiquement présents à Angoulême chaque année.

Le secteur para-BD, notamment, n’est pas en reste : figurines, affiches, objets en volumes, séries spéciales, « collectors », jeux, une multitude de produits dérivés des succès grands et petits de la bande dessinée trouvent tous les ans leur public sur les stands du Festival. L’expansion récente du manga, générateur lui aussi d’une impressionnante quantité de déclinaisons de toute nature, n’a fait que renforcer la bonne santé de ce secteur, et fidélisé autour du Festival les professionnels spécialistes de cette activité.

Mentionnons enfin, à l’appui de cette exceptionnelle diversité, le rôle non négligeable que jouent auprès du public deux autres catégories d’acteurs présents à Angoulême : le monde de la bande dessinée non professionnelle d’une part (ce que les Anglo-Saxons appellent la « small press ») et les bouquinistes d’autre part. L’accueil réservé à la bande dessinée non professionnelle est un classique du Festival. Celui-ci, depuis des années, tient tout particulièrement à valoriser comme elle le mérite cette communauté, qui constitue à l’évidence l’un des vecteurs de l’avenir du genre.Salon de la Bande Dessinée Angoulême

Quant aux bouquinistes, le Festival peut compter sur les meilleurs d’entre eux, venus de France, de Suisse et de Belgique. Ils élargissent encore un peu plus l’offre de librairie déployée à Angoulême, tout en contribuant par leur travail à préserver une partie importante de la mémoire de la bande dessinée.

Les talents de demain, à découvrir dès aujourd’hui

Parce qu’il permet de révéler au grand public comme au monde de l’édition des artistes prometteurs n’ayant encore jamais publié professionnellement, le Concours Jeunes Talents (et l’Exposition Jeunes Talents qui en découle) est devenu, en neuf années d’activité, l’un des rendez-vous les plus suivis du Festival international de la bande dessinée. Un rendez-vous de plus en plus relevé à chaque édition.

 pdfHistorique du Festival de la Bande Dessinée d'Angoulême

Reportage photographique Thierry Pavic

En savoir plus http://www.bdangouleme.com