Exposition Anna Quinquaud au Musée Despiau-Wlérick

Exposition Anna Quinquaud au Musée Despiau-WlérickExposition "Anna Quinquaud, itinéraires africains dans les années ­30"­ au Musée Despiau-Wlérick de Mont-de-Marsan. Comme d'autres sculpteurs figuratifs de l'entre-deux-guerres, Anna Quinquaud finit sa vie oubliée. Sa riche production est aujourd'hui redécouverte à travers la présentation de ...

... 60 oeuvres, pour la plupart inédites, véritable hymnes à la beauté de l'Afrique et de ses traditions ancestrales.­­ Pour comprendre la force de caractère d'Anna Quinquaud, il faut s'imaginer l'extraordinaire que représente une jeune femme seule sur les pistes du continent africain dans les années 30...

­­L'exposition s'attache particulièrement à mettre en avant son regard sur la femme africaine. La maternité, la beauté, la place de l'homme, le travail, la quête incessante de l'eau, permettent de montrer le rôle essentiel de la femme dans la société africaine. Cette exposition "Anna Quinquaud, itinéraires africains dans les années ­30"­ est à voir jusqu'au 16 juin­ 2013.Exposition Anna Quinquaud au Musée Despiau-Wlérick

Pourquoi cette exposition ?

Aujourd’hui enfin, Anna Quinquaud n’est plus une inconnue. Et il est juste que 35 ans après sa dernière exposition, son oeuvre soit honorée d’une série d’expositions itinérantes qui vont lui rendre hommage. En pionnier du renouveau de la sculpture figurative de l’entre-deux-guerres, le musée Despiau-Wlérick se devait de présenter cet ensemble unique.

Depuis la fin des années 70, les choses ont bien changé. Il fallait être courageux à l’époque pour exposer une artiste figurative, une “classique” qui de plus avait eu le tort de partir chercher son inspiration dans les colonies françaises d’Afrique. Les années ont passé, les mentalités ont évolué, les blessures se sont cicatrisées, et l’on peut sereinement apprécier l’oeuvre d’une femme aujourd’hui unanimement reconnue. Il s’agit de présenter soixante oeuvres, sculptures et dessins, pour la plupart inédites, et significatives du talent de l’artiste.

Car il faut ici se remettre dans le contexte des années vingt et s’imaginer l’extraordinaire que représente une jeune femme seule sur les pistes du continent africain. Quelle force de caractère fallait-il avoir ! Anna Quinquaud en ce sens n’est pas l’héritière de Karen Blixen, Isabelle Eberhardt ou Ella Maillart, elle est leur soeur de coeur. Elle fait montre de la même foi, du même amour désintéressé pour les populations rencontrées, et plus important encore du même respect. Son oeuvre est un hymne à la beauté de l’Afrique et de ses traditions ancestrales. L’exposition s’attache particulièrement à mettre en avant son regard sur la femme africaine. Elle est le fil conducteur du parcours.

La maternité, la beauté, la place des hommes, le travail et particulièrement la quête incessante de l’eau seront tour à tour évoqués, pour montrer le rôle essentiel de la femme dans la société africaine, et qu’Anna Quinquaud a constamment cherché à la magnifier. Aucune trace d’anecdote dans son travail, mais bien une recherche de dignité de ces civilisations lointaines côtoyées et patiemment observées. Une exposition rétrospective ambitieuse se devait d’être organisée. Son travail est aujourd’hui remis en pleine lumière. Elle le mérite !

Anna Quinquaud, parcours d’une artiste libre

Jamais avant Anna Quinquaud, aucune artiste n’avait fait preuve d’autant de liberté, et à ce titre, son parcours africain est exemplaire. Il faut en effet imaginer l’extraordinaire que représente en 1925, une jeune femme seule sur les pistes du continent africain. Quelle audace ! Et quelle modestie aussi quand au retour du premier de ses voyages à une journaliste qui l’interroge sur le son intrépidité, elle répond : “Figurez-vous que je découvre tous les dangers que j’ai courus en Afrique depuis que mes amis me les énumèrent. C’est effrayant l’Afrique … vue de Paris. Exposition Anna Quinquaud au Musée Despiau-WlérickLà-bas, c’est beau simplement”. Cette femme, c’est Anna Quinquaud (1890 – 1984), sculpteur, Prix de Rome, qui à cette récompense prestigieuse préfère l’incertitude de l’aventure lointaine. Et pourtant elle a bataillé pour l’obtenir ce prix !

Ce qui prouve son obstination, son indépendance d’esprit et son refus des conventions. D’ailleurs Anna est double. Bien sûr elle appartient au système officiel qui lui offre bourses de voyage, commandes publiques et reconnaissance de la nation, mais jamais en Afrique elle ne fera montre de colonialisme, bien au contraire. Son oeuvre est un témoignage et un hommage aux populations rencontrées, d’une retenue extrême, entre sérénité et mélancolie. La beauté digne, éternelle. Que ce soit dans les montagnes reculées du Fouta Djallon, dans les déserts arides d’Ethiopie ou dans les plateaux majestueux de Madagascar, le message sera toujours le même.

Au retour, les expositions organisées dans de grandes galeries parisiennes (Charpentier, Bernheim-Jeune) apportent sur le sol parisien les preuves de son respect pour sa terre d’adoption. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, le succès est au rendez-vous, avec sa participation à toutes les grandes expositions des années trente, les commandes de bas-reliefs pour de nombreux monuments, la collaboration avec les manufactures de Sèvres et de Quimper, et l’adhésion au renouveau de l’art sacré. Ensuite les temps seront plus sombres. L’heure est à l’abstraction et à la décolonisation.

L’art d’Anna Quinquaud est démodé, jugé. Un long purgatoire dont elle sort depuis dix ans avec le succès de ses oeuvres auprès des collectionneurs et l’intérêt accru des musées, sensibles comme tout un chacun à la qualité de son travail et à la justesse de son regard.

Exposition Anna Quinquaud au Musée Despiau-Wlérick

Fortune critique (extraits)

“Au premier rang des ces françaises du nouveau siècle, étonnantes voyageuses de l’idéal – au prix de quelles réalités endurées ! – Melle Anna Quinquaud, sculpteur et peintre, s’est fait depuis quelques années une place originale”. (Henri Béranger, L’art d’Anna Quinquaud, in L’Illustration, 25 juillet 1931).

“Nous avons déjà dit l’esprit aventureux de cette jeune artiste qui n’a pas craint de s’avancer au coeur de l’Afrique pour étudier, comprendre, dégager le caractère, la noblesse, la beauté de races mal connues de nous. Son art n’a cessé de grandir s’élevant jusqu’aux synthèses”. (Jacques Baschet, in L’Illustration, 1er août 1936)

“Anna Quinquaud appartient à cette pléiade de femmes artistes que leurs dons exceptionnels permettent de placer parmi les maîtres de la peinture et de la sculpture des quarante dernières années (…). La sincérité de son langage, ennemi de toute violence, confère une séduction particulière à ses bustes, à ses figures drapées ou nues”. (Charles Kunstler, président de la Presse Artistique Française)

“Qu’il s’agisse d’un buste ou de la frise d’un monument, d’un caractère humain déterminé ou du déroulement d’une scène, ce n’est pas seulement le sourire, la résignation ou l’effort qui sont traduits, mais la philosophie d’une race qui est exprimée”. (Simone du Vigneau, préface de catalogue de l’exposition du musée de Guéret de 1977)

Musée DESPIAU-WLÉRICK Mont-de-Marsan

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