La rue gourmande de Bordeaux - La TUPINA Bordeaux

INDEX DE L'ARTICLE

La TUPINA Bordeaux 

…A l’origine de la Rue gourmande était La Tupina une success story basée sur quelques mètres carrés de simplicité et l’opiniâtreté d’un autodidacte…

En Mai 1968, contre 700 francs, Jean-Pierre Xiradakis achète un petit local, 6 rue Porte de la Monnaie. Juste une salle, une cheminé… et l’argent prêté par sa fiancée qui « sacrifiait » pour lui son trimestre de bourse d’étudiante ! Son père, aide-comptable, rêvait quant à lui de voir son fils s’établir quincailler.

Le CAP loupé, il fallait bien que le « petit » fasse sa vie, et Jean-Pierre, secondé par son frère, ouvre cette nouvelle adresse dans un quartier qu’à cette époque personne ne fréquentait ! Le chaudron à soupe qui tient lieu d’enseigne (Tupiña en espagnol) donne son nom au restaurant. Aujourd’hui encore il garde une place de choix sur le logo du restaurant et dans la cheminée où les volailles rôtissent lentement à la broche.

Le frigo et la gazinière achetés d’occas’, les prospectus ronéotypés distribués dans les boîtes aux lettres des quartiers chics, La Tupina connaîtra quelques années de galère avant que, progressivement ne s’impose cette cuisine, basée sur les produits du Sud Ouest. Cuisinés simplement par Jean-Pierre Xiradakis, ils deviennent « plats du dimanche » inscrits à la carte de la Tupina… et la bourgeoisie bordelaise se risque vers ce quartier qu’elle croyait être un coupe-gorge !

Ni la mode des tailles mannequin nourries au radis sans beurre ni sel, ni déferlante de la nouvelle cuisine, ni plus tard celle de la moléculaire ne dévieront La Tupina de sa route gourmande : ici on cuisine à la graisse d’oie, on aime les haricots mijotés au lard, on ajoute des copeaux de foie gras dans les macaronis (pour signer une « macaronade » célèbre dans le monde entier).

A la table de La Tupina tout parle de tricandilles persillées, de pièces de boeuf grillées, de coeurs de canards et de volailles embrochées… la morue à l’ancienne est servie juste écaillée sur une « vraie » purée, les pibales et l’alose sont dégustées en primeur…

Le pari d’une cuisine simple

Faire le pari de donner à cette cuisine simple, une nouvelle aura régionale, puis une reconnaissance nationale exportable, était une vraie gageure… c’est ce qui fait la singularité de La Tupina, cuisine paysanne devenue la marque d’une authenticité savoureuse et d’une jovialité bénéficiant d’un plébiscite international.

Cette reconnaissance s’est bâtie lentement, avec le bon sens paysan et la rondeur de Jean-Pierre Xiradakis, qui n’a jamais souhaité développer à l’excès le nombre de couverts de son adresse historique… le 8 de la même rue sera racheté, une terrasse va mettre quelques table dans la rue, mais l’âme du lieu reste la même, centrée autour de la cheminée.

N’étant pas cuisinier de formation, Jean-Pierre Xiradakis ne fait pas de show culinaire, mais il met en scène cette cuisine authentique et la replaçant dans son univers : petites cocottes de table, poêlon de terre… le produit est vedette, pas la décoration de l’assiette !

Si La Tupina n’a jamais investi un franc dans des campagnes publicitaires, la presse a cependant toujours été à ses côtés, portant un regard professionnel et amical sur « le petit poucet » bordelais dont la cuisine est citée en référence à New York et Hong Kong.

La presse internationale plébiscite l’adresse bordelaise devenue une référence mondiale de la cuisine authentique

  • En 1994, The International Herald Tribune le classe « Meilleur bistrot au monde »
  • The New York Times consacre une page entière à La Tupina et à son chef et lui offre sa Une.
  • En 1995, La Tupina est élue « restaurant of the year »par Times magazine (UK) pour son aura internationale et la séduction qu’ont exercée sur Jonathan Meades « la sanguette », « la garbure » et les frites cuites dans la graisse de canard.
  • En Décembre 2000 (et sur 14 pages !) la référence mondiale de la presse gastronomique, la revue américaine Saveur pointe parmi les véritables réussites de la cuisine française, la « croisade » de La Tupina pour la valorisation des produits du Sud Ouest…
  • Récemment, le magazine chinois Target signalait La Tupina comme étant « L’un des endroits les plus flatteurs pour les sens »…
    • … les accords mets et vins, la défense des bons Bordeaux étant l’un des crédos de La Tupina, la presse viticole internationale ne saurait dissocier la table bordelaise des grands crus et vins de pays qui font la richesse de sa carte : Robert Parker mentionne volontiers son bistrot favori à Bordeaux. The Wine Spectator aussi !
    • …une salve d’éloges relayée par les magazines japonais, australiens, allemands, italiens, espagnols, russes, grecs, mexicains, hollandais, tous séduits par ce « paradoxe gascon »

Surprenante, inclassable, La Tupina se retrouve également au coeur du « Dictionnaire amoureux de la France » de Denis Tillinac, figurant pour l’auteur l’allégorie parfaite de son auberge idéale. Sa France charnelle et symbolique visite des lieux de mémoire mais aussi les univers de D’Artagnan, Balzac, Arsène Lupin…La Tupina étant le seul restaurant au sommaire, et présenté avec des mots si savoureux que le lecteur pourrait déjà se croire à table !