Programmation 2010 - 2011 du TnBA

Gironde
Imprimer Envoyer

Programmation-2010-2011-TNBALa programmation 2010 / 2011 du TnBA c'est non seulement 38 spectacles à l’affiche d’une saison internationale mais encore 8 créations en France présentées dans le cadre de novart bordeaux. Philippe Torreton et Dominique Pinon en levé de rideau. Enfin, autour des spectacles pour

... prolonger et enrichir la relation entre les spectateurs avec le TnBA et les artistes accueillis, tout au long de la saison, des rencontres, des débats, des lectures sont organisées…

Programmation 2010 - 2011 à télécharger :   TnBA Brochure Saison 2010-2011

« Fréquence continue »… la programmation 2010-2011 du TnBA (Théâtre national Bordeaux Aquitaine), conçue par l’équipe dirigeante (Dominique Pitoiset -directeur-, Nadia Derrar et Patrick Pernin), annonce une offre non-stop et spectaculaire de 38 spectacles, 170 représentations pour 70 000 fauteuils proposés… une offre élargie (54 000 places vendues l'an dernier) en raison des spectacles spécialement inclus dans le festival novart-bordeaux et des spectacles proposés en partenariat avec l'Opéra National de Bordeaux, le TNT, le Théâtre des Quatre Saisons, le Cuvier d’Artigues.

Programmation-2010-2011-TNBAnovart bordeaux 2010 sera marqué par la création et les premières en France de compagnies étrangères. Au programme, des spectacles du Russe Andreï Mogoutchi, du Canadien Benoît Lachambre, du Hongrois Kornél Mundruczo, de l'Allemand Sebastian Nübling, du Belge Thomas Hauert… mais aussi du Bordelais Michel Schweizer qui présentera «Fauves» sa nouvelle comédie musicale, et « esse que quelqu’un sait où on peut baiser ce soir ? j’ai répondu au bois » de Éric da Silva (Melkior Théâtre). Ces deux derniers spectacles sont coproduits par le TnBA et l’OARA.

Un pied dans le crime… un Labiche peu monté et mis en scène par Jean-Louis Benoit (avec Philippe Torreton, Dominique Pinon) ouvrira la saison du TnBA mais également celle du Théâtre de la Criée de Marseille, décentralisé pour l’occasion car contraint de jouer hors les murs pour cause de travaux. Parmi les coproductions annoncées par le TnBA « Les Fidèles », d’Anna Nozière qui, pour sa première mise en scène, monte son propre texte… « Penthésilée » interprété par les élèves de la première promotion de l'ESTBA et déjà partiellement présenté l’an dernier à l’issue d'un atelier conduit par Johannes Von Matuschka. Cette production participe à l’accompagnement et à l'insertion professionnelle de ces jeunes artistes, tout comme « L’Assommoir » de Zola, production à l’affiche de laquelle 6 élèves de cette même promotion figurent.

Egalement parmi les créateurs accueillis cette saison : Sylvain Creuzevault (« Notre terreur » en janvier), Bérangère Jannelle (« Vivre dans le feu » en avril, avec Dominique Blanc), Jean-Pierre Vincent (« Les acteurs de bonne foi » en Février), Luc Bondy (en Mars avec un Ionesco « Les chaises »), Jean-François Sivadier (« Noli me tangere » en Mars) et Daniel Benoin avec une création en prise avec l’actualité économique « Le roman d'un trader » interprétée notamment par Bernard-Pierre Donnadieu et Lorànt Deutsch (Mars).

De fortes propositions élargissent la programmation vers la danse avec huit pièces, parmi lesquelles L'Homme à tête de Choux de Jean-Claude Gallotta d'après Gainsbourg, Gardenia par Alain Platel et Frank Van Laecke, magicien d’opéra, de théâtre et de music-hall, sur une idée de Vanessa Van Durme, magnifique artiste de cabaret et comédienne transexuelle. The Alwin Nikolais centennial show, présenté à l’occasion du centenaire de la naissance du chorégraphe Américain, regroupera ses plus belles pièces (en Mai).

Enfin, si Dominique Pitoiset ne propose pas de création cette saison, il n’en sera pas moins présent sur les scènes de France, metteur en scène et acteur de « Qui a peur de Virginia Woolf » spectacle donné à Bordeaux pour trois dates en novembre, avant d’entamer une tournée française de cinquante représentations.

Dominique Pitoiset nous présente la saison 2010-2011 du TNBA

"Une belle saison s’achève, une saison dont la réussite est chiffrable – en termes de fréquentation globale, de pourcentage d’occupation des salles, de nombre d’abonnements vendus, et qui sait ? peut-être même en nombre de lignes dans la presse ou en nombre de références dans les moteurs de recherche… J’en suis heureux. J’en suis reconnaissant à toute l’équipe du TnBA, dont tous les membres s’efforcent, jour après jour, de mériter cette confiance que vous nous témoignez. Et pourquoi le cacher – j’en suis fier.

Mais je suis loin de m’en satisfaire. Oui, certaines formes extérieures du succès se laissent ainsi mesurer – mais elles ne sont qu’extérieures. Il faut y insister. Elles ne sont que des signes de la bonne santé d’une maison. Et pas même des signes sûrs ou toujours nécessaires. Croit-on que Beckett ait rempli les théâtres du premier coup ? Ou pour prendre un exemple plus récent, comment oublier que Jean-Luc Lagarce, aujourd’hui promu au rang de classique contemporain, aura dû se battre toute sa vie pour exercer son art comme il l’entendait ? Beckett, Lagarce : comment quantifier de telles qualités, de telles singularités ? Appliquer à de tels créateurs des critères chiffrables ordinaires, ce serait passer à côté de l’essentiel : il faut aussi laisser du temps à l’art pour se développer, se renouveler, réinventer les voies de sa propre transmission vivante.

Programmation-2010-2011-TNBA-04Et ce temps-là – celui de la longue durée, où mûrissent les futurs répertoires, les textes, les sons, les oeuvres qui témoigneront un jour pour nous – ce temps n’est pas un « autre » temps sublime, supplémentaire ou caché, un mystérieux « temps des créateurs » distinct du temps quotidien où les théâtres accueillent leurs spectacteurs, les musées leurs visiteurs, les orchestres leurs mélomanes. C’est dans le même temps que les artistes qui parleront un jour de notre monde sont engagés, cherchent, travaillent. Et c’est aujourd’hui, dès maintenant, qu’il faut les soutenir. C’est donc un honneur à mes yeux que d’assumer la responsabilité artistique de l’édition 2010 du festival Novart, afin d’épauler des compagnies émergentes ; tout comme c’est une joie d’accueillir, dans notre école supérieure de théâtre, une deuxième promotion de futurs acteurs, afin d’engager avec eux un nouveau cycle triennal de formation.

Car c’est sans doute un vieux cliché, mais apparemment, il est nécessaire de le répéter encore et encore : l’avenir se prépare. C’est bien pourquoi un théâtre public digne de ce nom n’est pas une sorte d’usine à fabriquer ou à accueillir des spectacles répondant à « la demande des publics » (à supposer que cette demande soit parfaitement connue). Je crois pour ma part qu’en matière artistique, la « demande » ne se laisse penser qu’en termes de dialogue, de communauté. Et la communauté que l’art convoque – si floue, si fugitive et silencieuse qu’elle soit – est inséparable d’une expérience du temps dont ne suffit pas à rendre compte la seule économie, ce nouvel horizon prétendument indépassable.

A propos d’art, à propos de temps, parlons d’arbres. Connaissez- vous la forêt de Tronçais ? Cette futaie de chênes, l’une des plus grandes et des plus belles d’Europe, se trouve en Auvergne, dans le département de l’Allier. Son exploitation a été réglée en 1670 par Colbert, qui souhaitait garantir à la marine royale un approvisionnement en bois de qualité. Les jeunes rouvres y sont semés à l’ombre d’une hêtraie. Face à la concurrence des hêtres, dont la croissance est plus rapide, les chênes sont contraints de pousser plus droits pour parvenir jusqu’à la lumière, à la façon d’un plongeur en apnée qui remonte vers la surface. Et puis, au bout de quelques années, les forestiers coupent les hêtres et éclaircissent les chênes, ne laissant subsister que les plus beaux spécimens. Les sylviculteurs de la pinède landaise procèdent de même, par éclaircies successives : de 1200 plants semés à l’hectare, un petit quart à peine survivra au bout de quarante ans. Mais le rouvre pousse bien plus lentement que le pin maritime, ce qui fait de Tronçais, édifiée par des générations de forestiers, une véritable cathédrale. Car entre le semis du chêne et son abattage, il s’écoule en moyenne 250 ans. Les forestiers ont donné un nom à ce cycle d’un quart de millénaire qui rythme la vie de leur domaine : ils l’appellent une révolution.

Programmation-2010-2011-TNBAQuel rapport avec le théâtre ? Voyez Oncle Vania. Astrov, médecin mélancolique, y parle des arbres qu’il plante non pour lui-même, mais pour ses arrière-petits-neveux – songeant aux fruits qu’il ne connaîtra pas pour ceux qu’il ne verra pas naître, et qui d’ailleurs ne naîtront peut-être pas. Quels chiffres, quelle économie pourraient rendre compte d’un tel projet ?... Les artistes, eux aussi, travaillent souvent dans un tel temps suspendu, destinant leur oeuvre à l’horizon inassignable d’un public encore inconnu. Court terme, long terme, une telle distinction devient dès lors inopérante. L’échelle de notre action, qui se mesure peut-être en instants, peut aussi bien excéder la durée d’une vie humaine. Colbert lui-même, le visionnaire, le gestionnaire, pouvait-il prévoir qu’un siècle à peine après ses décrets, la forêt de Tronçais serait décimée par l’ouverture à proximité de forges alimentées par les arbres qu’il avait rêvés ? Et par-delà les ravages de la première révolution industrielle, pouvait-il espérer que quelques rouvres devraient à leur noblesse et à leur beauté d’échapper à la hache ? Les forestiers, qui ont décidément beaucoup à nous apprendre, ont baptisé les plus imposants de leurs compagnons séculaires. L’un des plus anciens a aujourd’hui près de quatre cent cinquante ans ; il germait donc au temps où Ronsard composait son Ode contre les bûcherons de la forêt de Gastine (« Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force / Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ? »). Ce témoin des efforts successifs des hommes, les forestiers l’ont nommé la Sentinelle.

La sentinelle… L’étymologie nous apprend qu’elle est d’abord l’être chargé de « sentir », au sens italien du terme : d’entendre, d’écouter, de percevoir. La sentinelle, aux aguets, a pour mission de saisir tout signe de ce qui se prépare. Elle est donc l’être dont le sentiment doit tenir lieu de pressentiment – l’être pour qui le présent se teinte déjà des ombres portées de l’avenir. On trouvera peut-être curieux qu’un vieux chêne soit désigné comme sentinelle. En apparence, quoi de plus insensible ? Et pourtant, nous le sentons bien, ce nom est juste – et pas seulement parce que le colosse, du haut de sa stature, est le premier à vibrer au vent qui se lève. Une sentinelle n’a pas toujours à être consciente : c’est sa vie même qui est tension et attention continuelles, sa simple existence qui dit quelque chose de l’état du monde. Je lisais récemment un beau texte de Christian Bobin qui m’a remis en mémoire ce qu’il appelle « le chant des oiseaux sauveteurs » : les mineurs, autrefois, ne descendaient jamais dans la mine sans emporter avec eux un canari. Son chant était leur sauvegarde. S’il ne se faisait plus entendre, il fallait évacuer : l’oiseau mort au fond de la cage était signe que l’atmosphère de la galerie était chargée de grisou.

« Le chêne et le canari » – ce pourrait être le titre d’une fable qui reste à écrire. L’un et l’autre, à leur rythme, à leur insu, veillent sur nous. Malgré ce que voudraient suggérer les mots aujourd’hui à la mode, en matière d’art vivant, il n’y a pas d’intermittence, mais une fréquence continue. Quand l’arbre est coupé, quand l’oiseau est mort, il est déjà bien tard. Il serait donc souhaitable que le pouvoir politique prenne pleinement conscience de ce qu’implique la continuité de l’action publique en matière d’art. Saison après saison, nous nous efforçons de manifester là-dessus notre conviction : le théâtre paraît fugace, flotter au gré de l’air du temps, mais il n’est rien sans tradition, sans liens tressés entre saisons, sans passage des témoins d’une génération à l’autre, et à ce titre, son fil, pour être ténu, ne souffre pas d’être rompu – pas plus que celui de l’Histoire. Bergson a écrit quelque part que la vie est passage – quand ce passage est interrompu, tout est perdu, tout est à recommencer. Et s’il est vrai qu’ « il faut attendre que le sucre fonde » (Bergson, toujours), à plus forte raison faut-il attendre que l’arbre pousse, que l’art mûrisse – et continuer à creuser, en espérant que le chant ne s’interrompe pas. "

Programmation-2010-2011-TNBA


Page FacebookPage TwitterMail_AOLNos flux RSS

Les Bordeaux

Les Bordeaux Diffusée à 120000 exemplaires dans 1000 points distincts de Gironde, consultez ici la version interactive du dernier millésime 2012-2013 de notre brochure des vignobles du Bordelais
arcachon-jetee-thiers.jpg
oenotourisme
oenotourisme-hotel