Olivier de Coux exposition sculptures Atelier Dartois

Gironde
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Olivier de Coux exposition sculptures à l’Atelier DartoisL’Atelier Dartois reçoit pour la première fois les oeuvres d’Olivier de Coux, artiste sculpteur. Il travaille le métal pour créer des sculptures à la plasticité forte et aux surfaces riches et complexes. Ses travaux relèvent de la sculpture geometrique, logique et concrète. L’exposition de l'artiste sculpteur ...

... Olivier DE COUX : "A est à B ce que C est à D" se tiend jusqu'au samedi 19 mars 2011 à lAtelier Dartois qui est ouvert du mercredi au samedi de 14h30 à 19h30.

Louis Doucet, philosophie, critique d’art et collectionneur d’art contemporain nous présente cette exposition

"Même dans ses œuvres de dimensions modestes, Olivier de Coux atteint à une dimension architecturale qui renvoie aux grandes constructions médiévales bien plus qu’à l’acier des édifices postmodernes. Pourtant, l’angle droit, les sections carrées et le trait inflexiblement rectiligne ont bien peu à voir, en première lecture, avec l’arc roman ou avec l’ogive gothique. Cependant, à bien vouloir prendre le temps de l’observation et de la réflexion, il y est question, dans un cas comme dans l’autre, de contraintes, de saturation et de dissolution.

Contraintes

Olivier de Coux exposition sculptures Atelier DartoisN’est-ce pas l’expression du travail de base de l’architecte que de construire un espace, de le développer et de le structurer en donnant l’illusion de s’affranchir des contraintes des lois de la physique ? […] Le bâtisseur de cathédrale, tout comme celui de la modeste chapelle romane, intègre les dures lois de la pesanteur mais il sait les transcender et en faire un moyen pour mettre en avant l’élancement, le vide, l’absence… On en vient à oublier les contraintes de la gravité. Ses contraintes, il ne les dicte pas – elles lui sont imposées par la physique –, mais il les défie et réussit à les faire oublier, à s’en faire un allié, au point de faire croire, parfois, au miracle. […] De Coux subit et intègre, lui aussi, les lois de la gravitation, mais il les trouve insuffisantes pour l’aiguillonner. Il s’en impose donc d’autres pour nourrir et stimuler sa créativité : sections carrées uniques, angles droits, rapports prédéterminés des longueurs des segments, inscription dans un espace virtuel prédéfini, giration… […]

Saturation

Sa démarche vise à investir un espace prédéfini et à le saturer, jusqu’à ce que plus rien ne soit possible sans violer les règles pré-imposées ni sortir des plans virtuels qui en constituent les limites intangibles. On est proche ici, dans une transcription dans l’espace, de la technique du all-over des peintres qui éliminent la question des limites du champ – ici de l’espace – en investissant la totalité de l’espace pictural pour le faire se prolonger au-delà de ses bords. Cette satura- tion laisse cependant une ample place aux vides. Elle donne au spectateur le loisir de prendre conscience des espaces interstitiels, de s’en imprégner et d’en prendre possession par l’esprit. […] Chez les bâtisseurs de cathédrales ou de sanctuaires plus modestes, la saturation de l’espace ne laissait de la place qu’à la présence divine, incitant l’esprit à l’élévation, à dépasser les limites physiques de la nef, du transept et du chœur. […] La saturation dont il est question, ici, est tout d’abord celle de la logique mathématique, à savoir le caractère d’un système axiomatique auquel on ne peut adjoindre un nouvel axiome indépendant des autres sans provoquer la contradiction dans la théorie. Remplaçant le terme axiome par celui de contrainte ou de règle et nous avons une définition assez exacte de la démarche d’Olivier de Coux. Chacune des ses œuvres pousse à l’extrême les contraintes qu’il s’est imposées, jusqu’à buter sur leur limite, point déterminant alors la complétude de la composition.[...]

Dissolution

[…]Sans tomber dans l’excès de Benjamin qui ne voyait la fin de la critique esthétique que dans la dissolution de l’œuvre, la volonté de fusion de l’œuvre dans son environnement est centrale dans la démarche d’Olivier de Coux. Ce n’est pas que sa sculpture se veuille utilitaire, décorative ou fonctionnelle. Elle ne satisfait à aucune de ces caractéristiques. La volonté de dissolution de la forme ne répond à aucun besoin contingent. Elle est gratuite, mais indispensable, inscrivant la création artistique dans un être qui récuse l’existant, s’oppose à lui, en une approche ontologique que ni Husserl ni Heidegger ne renieraient… Mais ceci est une autre histoire… "

Atelier DARTOIS, 23 rue Tourat, 33000 Bordeaux - http://www.atelier-dartois.com
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