Oeuvres singulières Galerie du musée des Beaux-Arts

Gironde
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Expo-Comme-JamaisComme jamais ! Œuvres singulières de la collection du Musée des Beaux Arts de Bordeaux à la Galerie du musée du 24 novembre 2011 au 27 février 2012 OEuvres récemment acquises, nouvellement restaurées, issues des réserves... Pendant la fermeture du musée des Beaux-Arts pour travaux, un choix d’oeuvres de la collection permanente est présenté, ...

... comme jamais, à la galerie des Beaux-Arts, lieu des expositions temporaires du musée.

Le projet

L’espace de la galerie des Beaux-Arts, conçu dans les années 30 et réadapté en 2001, permet par sa modernité même une mise en valeur autre des oeuvres. Plutôt que de chercher à recréer une ambiance muséale dont le point d’orgue est le « chef-d’oeuvre » entouré de peintures perçues comme secondaires, le parti de cet accrochage est de faire découvrir des oeuvres dégagées d’une accumulation qui souvent empêche de les apprécier. Des oeuvres d’artistes de grand renom, Véronèse, Frans Hals ou Odilon Redon côtoient, selon une égale visibilité, celles d’artistes moins célèbres, Giovanni Do, Benjamin West ou encore Claude Lagoutte. Epuré selon le principe du « less is more », cet accrochage est aussi l’occasion de dévoiler, dans les meilleures conditions, nos plus récentes acquisitions ainsi que les oeuvres nouvellement restaurées.Expo-Comme-Jamais-02

L’exposition ouvre sur une oeuvre emblématique du propos de l’exposition, Un maître et son élève de Giovanni Do (1604-1656), élève, à Naples, de l’Espagnol José de Ribera. Dans cette allégorie de l’instruction, le maître présente à son jeune disciple un miroir devant lequel il lui demande de méditer. Derrière le miroir, sort de l’ombre une pile de livres dont l’un est resté ouvert. L’image de cet enfant cherchant une réponse devant (ou derrière) le miroir nous est apparue proche de celle de l’homme devant une peinture, l’esprit en quête d’une harmonie tant intellectuelle qu’esthétique. C’est cet esprit en éveil que nous désirerions solliciter tout au long de ce parcours, par des propositions qui sont aussi pour nousmêmes des interrogations.

Mais, comme le tableau de Giovanni Do le laisse supposer, offrir la possibilité d’un rapport intime entre l’oeuvre et celui ou celle qui la regarde peut, paradoxalement, aboutir à l’effet inverse, désorienter faute d’un accompagnement, d’un récit sur l’histoire de l’oeuvre ou sur le propos des organisateurs. Les écueils d’un accrochage nouveau, qui se veut moderne, ont été suffisamment dénoncés par la critique pour que ces quelques lignes tentent d’éclairer ce nouveau parcours. […] « les peintures ont besoin de beaux espaces, d’un recul suffisant et de lumière » […] rappelle l’éditorialiste de la Revue de l’art.1 Pas de « pénombre dramatique » transformant les oeuvres en apparitions, seulement un large espace, un éclairage zénithal, quelques touches lumineuses mais étales sur l’oeuvre, sans effet sacralisant. Cette bonne visibilité ne veut pas dire que l’oeuvre s’explique elle-même à partir du moment où le spectateur se l’approprie.

Comment comprendre la spécificité du portrait anglais du XVIIIe siècle si l’on ignore l’intérêt des Anglais pour la nature et ce qu’elle représente symboliquement dans l’accompagnement social du personnage ? Comment comprendre Voyage en France, rouleau de 17 mètres de long peint par Claude Lagoutte (1935-1990) si l’on méconnaît ses longues marches solitaires qui font partie intégrante de son oeuvre ?

 Le parcours

L’exposition bordelaise, à l’intérieur d’une présentation chronologique discontinue, rapproche des groupes d’oeuvres par thèmes, Vierge à l’Enfant, portrait, paysage, nature morte, scène mythologique ou biblique…, respectant une répartition classique en histoire de l’art. La suprématie du thème religieux au XVIe siècle en Italie est illustrée par les noms d’artistes prestigieux, qui vont de Vasari à Véronèse et Cortone, du maniérisme michelangélesque aux colorations vénitiennes et à une théâtralité toute baroque. La nature morte et le paysage hollandais du XVIIe siècle tranchent par leur intention métaphysique et non plus religieuse, qu’illustrent Salomon Jacobsz van Ruysdael (vers 1600-1670) et Jan Davidsz de Heem (1606-1684). Plus loin, la peinture italienne du XVIIIe siècle, claire et lumineuse dans la suite de Tiepolo, est célébrée avec Eliezer et Rébecca de Giambattista Pittoni (1687-1767), ou Hercule aux pieds d’Omphale de Gaspare Diziani (1689-1717).Expo-Comme-Jamais-04PICASSO, Pablo Olga lisant 1920
Huile sur toile Affectation de la Direction des Musées de France, 1991
© Succession Picasso [année d’autorisation donnée par l’Administration Picasso]

La peinture anglaise du XVIIIe siècle est aussi présente par ce qui la caractérise, le portrait, celui de l’architecte Sir William Chambers, récemment identifié de la main de Joshua Reynolds (1723-1792) ou le puissant portrait en pied du marchand John Hunter par Thomas Lawrence (1769-1830). Chaque oeuvre, présentée sur un panneau qui lui est propre, n’en poursuit pas moins le dialogue avec les voisines de son groupe.

Les pointillés de la chronologie nous emmènent au coeur du romantisme avec Delacroix (1798-1863) et son Boissy d’Anglas à la Convention, récit historique hissé au rang d’épopée par le geste du président de l’Assemblée saluant la tête du valeureux député Féraud, lors de l’insurrection populaire contre la Convention le 1er prairial de l’an III. Dans la lignée de Théodore Géricault, le sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) peint une Etude de mains qu’il malaxe à l’huile comme il le fait avec la glaise pour sa Mater Dolorosa, dans le même style tourmenté.

Les parages de l’impressionnisme sont abordés avec la dernière acquisition du musée, Bordeaux. Le voilier blanc. Effet du soir, peint par Eugène Boudin (1824-1898), lors du second séjour de l’artiste dans la rade du port de la lune, en 1874. Un dépôt du Fond National d’Art Contemporain (FNAC) rappelle l’importance du groupe des peintres nabis avec l’Hommage à Vuillard de Willem van Hasselt (1882-1963), accompagné du portrait que Félix Vallotton (1865-1925) fait de sa femme en 1905. Sur les hauteurs de Cagnes est évoqué le dernier séjour du maître respecté des jeunes fauves et cubistes, Auguste Renoir (1841-1919), qui sut leur transmettre le sentiment amoureux qu’il avait de la peinture.

Le fauvisme est annoncé par deux de ses figures tutélaires grâce à une acquisition récente, le Portrait de Matisse de 1899, peint par son compagnon de route, Albert Marquet (1875-1947). Plus loin, le travail de restauration de l’atelier des musées nationaux est mis en lumière avec le retour du tableau d’André Masson (1896-1987), Sacrifice, oeuvre de technique mixte, mélange de peinture à l’huile, peinture à l’eau et sable.

Rencontres

"Une réflexion, ou ce qui nous est apparu comme une évidence comme le souligne Françoise Garcia en charge du commissariat scientifique de l'exposition, Expo-Comme-Jamais-03SEGOFIN, Victor Masque d’homme XXe Bronze à patine noire sur socle en granit Don d’Anna Quinquaud, 1975nous a conduits à oser quelques rapprochements transversaux. Ces rapprochements d’oeuvres ne sont pas le fruit de caprices ou d’une volonté exaspérée de modernité, ils sont établis sur la connaissance que nous avons des oeuvres, leur parenté formelle ou thématique ou encore sur le sens profond que nous comprenons d’elles. Accompagner les Vierges à l’Enfant de L’Ortolano (av. 1488-apr. 1526), Vasari (1511-1574) Véronèse (1538-1598), ou Cortone (1596-1669) de notre Picasso (1881-1973), Olga lisant, (1920), c’est faire apparaître le recueillement d’Olga comme celui d’une future mère, « ensimismada », c’est-à-dire recueillie en elle-même, comme la Mère à l’Enfant, faisant du creux de ses mains un nid2.

Ce rapprochement permet aussi d’évoquer le thème de la Vierge à l’Enfant tenant un livre, en particulier chez Raphaël, et d’indiquer l’un de ces mouvements d’oscillation de l’histoire de l’art où l’on voit certains artistes citer dans leur oeuvre des références comme une source d’accomplissement de leur projet.

Présenter non loin de la nature morte de 1636 de Jan Davidsz de Heem (1606-1684) la Nature morte à la bougie de Roland Oudot (1897-1981), n’est-ce pas créer un lien de compréhension entre des oeuvres qui sont toutes deux des vanitas, à travers les symboles qu’elles rassemblent sur la fragilité de la vie, sa brièveté et notre propre consomption. Faire apparaître la Danse de noces de Jan Brueghel de Velours (1568-1625) aux côtés de Composition 52 de Roger Bissière (1886-1964) offre la possibilité d’un regard croisé qui peut s’appuyer sur la vision d’une oeuvre pour la compréhension d’une autre, permettre de lire la Danse de noces comme une abstraction rythmée de taches colorées et d’imaginer derrière les abstractions colorées de Bissière une « Danse de noces » parfaitement dans le tempo.

D’autres rencontres font émerger des compréhensions nouvelles, des sensations proches devant des manières de peindre différentes, des styles collant à des périodes définies mais que l’on voit ressurgir dans des périodes ultérieures, permettant de tenter des analogies historiques. A quels événements se rapportent le Boissy d’Anglas de Delacroix et Sacrifice (1960) d’André Masson ?"

1 – Voir Editorial « Les “collections permanentes” de la Pinacothèque de Paris », in Revue de l’art, Paris, 2e trimestre 2011.
2 – Le fils de Picasso et Olga, Paulo, naît le 4 février 1921.

Evénementiels Comme jamais !

Un parcours comme jamais !
Mercedi 7 décembre - 18 heures

Françoise Garcia, commissaire de l’exposition vous invite à un parcours s’appuyant sur les associations d’oeuvres qui jalonnent
l’exposition. Picasso-Véronèse, Brueghel-Bissière, Delacroix-Masson…
Galerie des Beaux-Arts - Tarif : 3 €

Une visite comme jamais !
Samedis 7 et 21 janvier - 14 h 30

Isabelle Beccia, historienne de l’art, vous entraine à la découverte de l’exposition accompagnée de l’accordéoniste Edwin Bugger.
Elle parle, face aux oeuvres, de la composition, de la touche, du rythme, il met en notes le temps, les formes et couleurs.
Galerie des Beaux-Arts -Tarif : 3 €

Une conférence comme jamais !
Mercredi 8 et 15 février - 18 h

  • Une conférence sonore et visuelle. Un regard sensible, imagé et musical, sur les oeuvres et l’exposition.
    • Violoniste, Paul Roux.
    • Galerie des Beaux-Arts - Tarif : 3 €
  • Visites commentées
    • Les mercredis et samedis à 16 heures : 3

INFORMATION S PRATI QUES
Galerie des Beaux-Arts - Place du Colonel Raynal - 33 000 Bordeaux
Tél. : 33 (0)5 56 96 51 60 - Fax : 33 (0)5 56 10 25 13 - musbxa@mairie-bordeaux.fr
Ouverture
La galerie est ouverte tous les jours de 11 h à 18 h - sauf les mardis et jours fériés.
Accés
Tramway : ligne A ou B, arrêt Palais de Justice ou Hôtel de Ville
Stationnement
Parcs autos Mériadeck ou Saint-Christoly.  Le musée des Beaux-Arts est fermé, en raison de travaux de réaménagement, jusqu’au printemps 2012.

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Les Bordeaux Diffusée à 120000 exemplaires dans 1000 points distincts de Gironde, consultez ici la version interactive du dernier millésime 2012-2013 de notre brochure des vignobles du Bordelais
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