Les enfants terribles Grand-Théâtre de Bordeaux
L’Opéra National de Bordeaux présente une nouvelle production de l’opéra de chambre de Philip Glass d’après le roman de Jean Cocteau « LES ENFANTS TERRIBLES » Du vendredi 18 au jeudi 24 novembre 2011 au Grand-Théâtre de Bordeaux Stéphane Vérité met en scène et en images ce huis clos passionnel qui va tourner au drame.
Le musicien et compositeur américain Philip Glass, incontournable du mouvement minimaliste et répétitif, s’empare de l’oeuvre du poète et crée une nouvelle forme : un opéra de chambre pour trois pianos titré Children of the Game. La musique tout à la fois légère et précieuse est interprétée par une soprano (Chloé Briot // Elisabeth), un baryton basse (Guillaume Andrieu // Paul), un ténor (Olivier Dumait // Gérard) et une mezzo-soprano (Amaya Domínguez // Dargelos – Agathe).
En coproduction avec le Teatro Arriaga de Bilbao, l'Opéra National de Bordeaux fait confiance à de jeunes artistes qui tous ont l’âge de leur rôle. Cette production placée sous la direction musicale d’Emmanuel Olivier est mise en scène et scénographiée par Stéphane Vérité qui signe également les lumières. Les costumes sont créés par Hervé Poeydomenge, et Romain Sosso réalise les images numériques.
Les enfants terribles seront portés à l’écran par Jean-Pierre Melville en 1950 et en 1996, le musicien et compositeur américain Philip Glass, incontournable du mouvement minimaliste et répétitif, s’empare de l’oeuvre du poète et crée une nouvelle forme : un opéra de chambre pour trois pianos titré Children of the Game. La musique tout à la fois légère et précieuse est interprétée par une soprano (Chloé Briot // Elisabeth), un baryton basse (Guillaume Andrieu // Paul), un ténor (Olivier Dumait // Gérard) et une mezzo-soprano (Amaya Domínguez // Dargelos – Agathe).
L’oeuvre simple, limpide, respecte la chronologie des événements du roman. L’écriture de Philip Glass - une musique avec des structures répétitives - trouve son équilibre entre des choix mélodiques élégants et une scansion sérielle du temps qui dramatise l’action par l’étirement des thèmes. Les trois pianos (qui seront joués par Emmanuel Olivier, Jean-Marc Fontana, Françoise Larrat) donnent, par leurs combinaisons harmoniques, une grande intimité aux têtes à têtes frère-soeur, tout en préservant la forte puissance du drame.
Philip Glass : découvert au festival d'Avignon en 1976 avec Einstein on the beach mis en scène par Bob Wilson, Philip Glass (74 ans) fait une partie de ses classes en France auprès de Nadia Boulanger. Très influencé par le théâtre de Jean-Louis Barrault et par la littérature française, il a mis en musique plusieurs oeuvres de Cocteau dont Orphée et La Belle et la bête. Il recrée dans sa partition épurée des Enfants terribles, écrite en 1996, une poésie qui colle à merveille avec la langue du poète. Le plus célèbre compositeur américain de musique classique, vivant, a également collaboré avec des pop stars telles que David Bowie and Linda Ronstadt.
Stéphane Vérité : En 1992, il rencontre Carlotta Ikeda, chorégraphe, grande figure du Butho et collabore depuis au travail de sa compagnie avec cinq productions dont la mise en scène du spectacle Togué - compagnie Ariadone, groupe rock Spina - en 2004. En 2007, il signe la scénographie et les images numériques avec Romain Sosso, de la création Zatoïchi, chorégraphie de Carlotta Ikeda, musique originale de Christian Laubat interprétée par l’Orchestre National de Bordeaux, pour le Ballet de l’Opéra National de Bordeaux.
Les Echos de la presse
Le Monde / 26 septembre 2004 / Marie-Aude Roux
PHILIP GLASS, compositeur sans cesse recomposé
« Voilà quarante ans que Phil Glass noircit des kilomètres de partitions (des partitions au kilomètre, disent certains !). « Je travaille sans discontinuer, joue et rejoue mes oeuvres au point d'oublier parfois que c'est moi qui les ai composées »…
Classica / 19 octobre 2009 / Franck Mallet
Philip Glass : La voix de l’Amérique
Père fondateur du minimalisme, Philip Glass suscite la controverse : aimé des uns, haï des autres qui raillent la "facilité" de sa musique. Il symbolise bien, en tout cas, la fièvre culturelle de l’Amérique des années 60, partie sans complexe vers de nouveaux horizons.
Vous connaissez forcément la musique de Philip Glass. Elle n’est pas réservée à un cénacle, ni à ceux qui l’ont découverte au cours des années soixante-dix.
Aujourd’hui, on la retrouve au détour d’un reportage, d’un générique ou d’un spot télévisé. Son succès place Glass parmi les rares artistes ayant acquis une légitimité de leur vivant. Cela le rend d’autant plus fascinant (...)
PHILIP GLASS EXTRAIT DU LIVRET DE L’EDITION MUSICAL
Les Enfants Terribles, roman de Jean Cocteau inspire le troisième volet de la trilogie entamée avec Orphée et La Belle et La Bête. Mais si l’on considère qu’Orphée est le conte et La Belle et La Bête le roman, alors Les Enfants Terribles est la tragédie. Ces trois oeuvres font référence à la croyance de Cocteau dans la capacité de transcender le monde ordinaire par l'imagination. Mais si dans les deux premières cette transformation mène à l'amour et à la perfection, Les Enfants Terribles nous emmène dans le monde de Narcisse et, finalement, dans celui de la Mort.
C’est ici que réside la dimension tragique et la puissance de cet opéra. Une boule de neige devient une boule de poison. Dargelos devient Agathe. Une "chambre" (normalement un endroit d'imagination et de créativité pour Cocteau) est transformée en un espace qui refuse jalousement de laisser son "Enfant" grandir. Un inoffensif "Jeu" se transforme en lutte féroce, qui se termine en bain de sang.
Le monde réel est représenté par la neige, qui tombe implacablement dans tout l'opéra et qui assiste silencieusement, en témoin, aux événements qui se déroulent. Ici, le temps s'arrête. Il y a seulement la musique, et le mouvement des enfants dans l'espace.
NOTE D’INTENTION POUR UNE MISE EN SCÈNE
Stéphane Vérité / Avril 2009
L’opéra "Les Enfants Terribles" est un conte fantastique, une histoire étrange où l’on joue l’amour contre la mort. Les enfants nous entraînent dans leur monde onirique, où s’inventent d’autres codes pour d’autres vies.
La simplicité de la partition, et des thèmes musicaux libère notre pensée et laisse le monde des enfants doucement nous envahir. L’interprétation chantée que nous proposons des Enfants Terribles se définit par la retenue : pas ou peu d’emphase dans le chant, un travail conduit par la respiration organique, et une approche simple et précise de la gestuelle scénique.
Autant le jeu des interprètes sera dans la retenue, autant la scénographie jouera avec le merveilleux et la grande illusion. La projection en trompe l’oeil donnera à voir des mondes réels en perpétuelle transformation, dessinant les fantasmagories du monde des Enfants…
Cette opposition complémentaire entre le jeu des interprètes, des chanteurs, et les métamorphoses de l’espace scénique, construit les principes de mise en scène. Comme pour le film La Belle et la Bête, réalisé par Jean Cocteau, le fantastique et l’étrange surgiront dans le traitement des espaces en opposition avec « la simplicité » du jeu des comédiens.

Les Enfants terribles
Philip Glass / Coproduction Teatro Arriaga de Bilbao et Opéra National de Bordeaux Nouvelle Production Création à Bordeaux Opéra d’après l’oeuvre de Jean Cocteau Adapté par Philip Glass et Susan Marshall
Créé à Zug (Suisse), au Théâtre Casino, le 18 mai 1996
Direction musicale, Emmanuel Olivier Mise en scène, scénographie, lumières, Stéphane Vérité Costumes, Hervé Poeydomenge Réalisation des images numériques, Romain Sosso, Elisabeth, Chloé Briot Dargelos, Agathe, Amaya Dominguez Gérard, Olivier Dumait Paul, Guillaume Andrieux Pianos, Emmanuel Olivier, Jean-Marc Fontana, Françoise Larrat
Argument : après la mort de leur mère, Élisabeth et Paul, frère et soeur orphelins livrés à eux-mêmes et liés par une affection exclusive, vivent ensemble dans leur grand appartement parisien.![]()
Ils se sont construit un univers chimérique régi par de sibyllins symboles. Leur chambre est un véritable sanctuaire où trône un « trésor » chargé d'une signification également connue d'eux seuls. Élisabeth rencontre Michaël et l'épouse, mais, le jour suivant, il meurt lors d'un accident sans que leur mariage ait été consommé.
Elle hérite de la fortune de Michaël, dont un vaste hôtel particulier où Paul vient la rejoindre avec leur fameux trésor. Gérard, un camarade de Paul et son amie Agathe, qui ressemble étrangement à Dargelos (un collégien que Paul idolâtre), viennent bientôt habiter avec eux. Mais lorsqu'Élisabeth comprend que l'amour naît entre son frère et Agathe, telle une divinité grecque, une sorte de Parque, elle tisse une toile machiavélique afin que son frère ne puisse lui échapper. Comme dans toutes les tragédies antiques, l'issue ne pourra être que fatale.
Fascinant par le désir morbide porté par la relation Paul/Elisabeth, cette histoire en apparence banale, cache une tragédie : la fin inévitable de l'adolescence, de ses mythes, de sa grâce, de ses illusions. Elizabeth et Paul meurent d'avoir transgressé cette loi en voulant éterniser un moment de passage. En effet, dès l'instant où la boule de neige de Dargelos atteint Paul en pleine poitrine, le temps s'arrête, «la chambre» commence à vivre. Elle devient leur île déserte, le petit bout de terre isolée du reste du monde où ils se construisent des cabanes avec leurs oreillers et mènent la nuit une existence de Robinson. Leurs corps grandissent, les jambes de Paul dépassent sous ses draps, ils jouent à avoir des désirs de grandes personnes ; mais en fait, rien ne bouge. S'ils déménagent, c'est pour reconstituer aussitôt la chambre. Derrière leurs disputes incessantes, leur agitation continuelle, il y a un désir morbide d'immobilité...
C'est Dargelos, le dieu caché de cette tragédie, qui en précipite le dénouement en envoyant à Paul une boule noire, empoisonnée, qui achève l'oeuvre de la première boule de neige. Elizabeth, prêtresse de la chambre n'est que l'instrument du destin. En se donnant la mort en même temps que son frère, elle fait entrer leur adolescence dans l'éternité.
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