Exposition Eloge de Bordeaux
Gironde
02 Décembre 2009
L’exposition Eloge de Bordeaux, Trésors d’une collection de Victor Louis à Jean Dupas, est présentée du 3 décembre au 14 mars 2010 à la Galerie des beaux-arts de Bordeaux. La collection rassemble des vues de la ville et du port de Bordeaux, mais aussi de ses alentours.
L’exposition présente plus de cent cinquante tableaux, dessins, gravures et documents précieux des XVIIIe,
XIXe et XXe siècles réunis par Daniel Thierry. Cette collection unique dans son genre, par son ampleur, sa
diversité et sa qualité, a été constituée avec passion, goût et discernement.
Daniel Thierry est collectionneur et mécène. Son épouse, Sophie Schyler-Schröder, issue d’une illustre famille
de négociants d’origine hanséatique installée à Bordeaux au début du XVIIIe siècle, a contribué à affirmer son
goût pour Bordeaux et les embellissements de la ville au cours de son histoire.
Son inclination initiale le pousse à réunir en priorité des oeuvres du XVIIIe et XIXe siècle, mais son intérêt s’est
largement ouvert au XXe siècle.
Cette collection offre un remarquable panorama des ressources de la vie
artistique locale depuis l’époque de Gabriel et Joseph Vernet, jusqu’à celle de Georges de Sonneville, Albert
Marquet, André Lhote et Jean Dupas.
La collection rassemble des vues de la ville et du port de Bordeaux, mais aussi de ses alentours : Lormont,
Floirac ou, un peu plus loin, Libourne et le bassin d’Arcachon. Daniel Thierry a aussi regroupé un certain
nombre d’oeuvres d’artistes bordelais de naissance ou d’adoption ne représentant pas forcément la ville mais
témoignant de l’activité artistique bordelaise.
L’exposition qui proposera une grande variété de supports
(tableaux, dessins, gravures et livres) permettra de confronter les points de vue de ces artistes durant près
de trois siècles. L’exposition ainsi que son catalogue suivront un parcours croisant approches thématique et
chronologique.
Il ne s’agit pas d’un bilan sur la vie artistique bordelaise au cours des trois derniers siècles mais bien d’un
échantillon vaste et varié, subordonné aux goûts d’un collectionneur particulier.
Le parcours est divisé en cinq principaux thèmes, eux-mêmes parfois subdivisés.
Le début de l’exposition
retrace l’histoire de Bordeaux et de son urbanisme à l’aide des gravures. Cela permet de présenter un
échantillon de la très vaste collection de gravures de Daniel Thierry avec certaines pièces bien connues
mais qui, par leur beauté, méritent toujours d’être exposées, telle la paire des Vues de la ville et du port
de Bordeaux de Joseph Vernet. On trouve également des gravures plus rares, voire étrangères, comme la
Warhaffte contrafchtung der Statt Bourdeaux datant de 1578.
Sont ensuite présentés un ensemble d’oeuvres sur la ville antique, médiévale et moderne qui témoignent de
l’évolution de l’urbanisme au cours des siècles passés. Ces représentations, datant pour la majeure partie du
XIXe siècle, permettent de comprendre l’engouement qui se développa à cette époque pour la sauvegarde
des patrimoines régionaux en France. Léo Drouyn, grâce à ses dessins et ses gravures quasi-archéologiques
ainsi que sa participation à l’ouvrage de La Guienne historique et monumentale d’Alexandre Ducourneau
(1845), en est l’un des principaux instigateurs.
L’exposition présente également quatre projets préparatoires inédits pour le monument aux Girondins,
conçu par le sculpteur Dumilâtre et l’architecte Victor Rich, et érigé entre 1894 et 1902. Ces projets de très
grandes dimensions, montrent une vue de face , une vue postérieure, un plan et une coupe transversale du
monument.
Le deuxième regroupement d’oeuvres est consacré aux vues du port de Bordeaux, à ses bateaux à voile et
à vapeur cohabitant encore jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, mais aussi à l’évolution de ses berges. On
y voit des représentations des cales en pente douce avec d’étroites passerelles permettant d’accéder aux
bateaux amarrés afin de charger et de décharger la marchandise. On trouve ensuite des vues postérieures
à la construction des quais verticaux, où les grues remplacent peu à peu le chargement à dos d’homme.
Certains documents témoignent d’évènements historiques spécifiques. Les sous-marins allemands sabotés
dans le port en 1945 furent dessinés au crayon et à l’encre par Charles Phillipe . On trouve aussi le projet
pour l’action de la Compagnie bordelaise de navigation à vapeur en 1880. Première compagnie reliant
Bordeaux à New York, elle fit rapidement faillite à cause d’un rendement insuffisant.
Plusieurs artistes renommés sont présents dans la collection. Daniel Thierry possède, par exemple, un tableau d’André Lhote représentant les Bassins à flots daté 1912 .
Il s’agit d’une variante du célèbre tableau conservé au musée des beaux-arts de Bordeaux. La toile, plus
petite que l’oeuvre de la collection publique, montre néanmoins exactement la même composition. Trois vues
du port de Bordeaux de Charles Lacoste seront également exposées .
L’animation des quais, peuplés de dockers, de marins et de filles de joie fut souvent décrite par les artistes
locaux, en particulier par Pierre-Louis Cazaubon et Georges de Sonneville. Ce dernier, figure indépendante
de la scène artistique bordelaise dans les années 10-20 est particulièrement bien représenté dans la
collection..
La vie quotidienne bordelaise, aussi bien celle des gens du peuple que celle de la gentry a été l’objet de
nombreuses oeuvres (gravures et dessins en particulier) depuis le début du XIXe siècle. La collection en
possède plusieurs exemples caractéristiques. On retrouvera donc les célèbres ouvrages de Gustave de Galard
mais aussi plusieurs gravures moins connues, un peu antérieures, représentant différents types bordelais
dessinés par Jacques Grasset de Saint-Sauveur.
Le quotidien de la société bordelaise avec les sorties au théâtre, les promenades dans le jardin public ou
les bals à l’Alhambra, est illustré surtout par les dessins humoristiques de Le Tanneur et de Georges de
Sonneville. La collection possède un plan inédit, daté de 1833 et rehaussé d’aquarelle, de la célèbre villa Bel-
Sito construite par Nathaniel Johnston puis passée dans les mains de la famille Guestier .
Daniel Thierry a aussi pu rassembler plusieurs gravures et oeuvres liées à certains des plus importants projets
architecturaux dans la ville. On y retrouve donc des dessins de Jacques Gabriel, dont l’un est préparatoire
à la fontaine de l’Hôtel des Fermes ainsi que plusieurs dessins et gravures de Victor Louis en rapport avec
le grand théâtre et la place de La bourse (ex place Louis XVI). Deux esquisses à l’huile de Roganeau,
préparatoires à deux des médaillons du plafond du Grand-Théâtre, restauré par ce dernier dans les années
1920, sont aussi exposées.
En complément des oeuvres liées à l’architecture de Bordeaux, la collection regroupe un ensemble d’oeuvres
touchant aux arts décoratifs et à la peinture bordelaise, sans qu’il s’agisse de vues de la ville. On y trouve
ainsi les dessins et tableaux des grands artistes bordelais du XVIIIe (Lacour, Taillasson , ou Bergeret), les
paysages de Rosa Bonheur ou Raymond Brascassat, des projets d’arts décoratifs (Caranza , Felon ou
Buthaud), des tableaux d’artistes bordelais orientalistes (Dauzats ou Marius de Buzon) ou encore plusieurs
exemple de l’école moderne bordelaise dont les artistes plus importants (Lhote, Dupas ou Delorme) sont
particulièrement bien représentés.
Une collection sur l’art bordelais ne pouvait échapper à la représentation des vignes et des
scènes liées au vin. Ainsi, on remarquera deux magnifiques vues des alentours de Libourne et
de ses vignes, l’une d’Alfred Mouillon, l’autre d’Antoine Héroult .
On trouvera également une représentation d’une vendangeuse du Médoc peinte par Edouard Lambert, artiste bordelais peu connu du XIXe siècle .
Daniel Thierry possède aussi une des variantes des Bons Mardis de Georges de Sonneville ainsi qu’un projet
préparatoire à l’affiche de Buthaud pour la Fête du Vin (variante du projet conservé au musée des Arts
décoratifs).
Enfin l’exposition présente plusieurs vues du bassin d’Arcachon d’Amédée Baudit, de Bopp du Pont ou de
Raoul Stock. Pour finir, on trouvera l’une des pièces majeures de l’exposition : une sublime vue du bassin
depuis la dune du Pyla peinte par Albert Marquet en 1935 .
Informations pratiques
Musée des beaux-arts - 20 cours d’Albret - 33000 Bordeaux - Tel. : 05 56 10 20 56
Galerie des beaux-arts - Place du colonel Raynal - 33000 Bordeaux - Tèl. : 05 56 96 51 60
Musée des beaux-arts - 20 cours d’Albret - 33000 Bordeaux - Tel. : 05 56 10 20 56
Galerie des beaux-arts - Place du colonel Raynal - 33000 Bordeaux - Tèl. : 05 56 96 51 60
- Horaires
Exposition ouverte tous les jours de 11h à 18h, sauf le mardi et les jours fériés.
- Accés
Accès par tramway ligne A ou B. Arrêt palais de justice ou Hôtel de ville.
- Stationnement
Parc auto Mériadeck ou Saint Christoly.
Souce : Musée des Beaux-Arts / Bordeaux
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