Exposition Camille Henrot

Gironde
Imprimer Envoyer
 L'art de Camille Henrot est délibérément multiple dans ses choix, ses supports et ses techniques. L’exposition présentée au musée des Beaux-arts de Bordeaux est une étape supplémentaire dans les recherches entreprises par cette jeune "ouvrière des images".
 
Camille Henrot expose au Musée des Beaux-arts de Bordeaux (Salle des essais, Entrée gratuite) du 15 février au 11 mai 2008 : LE NOUVEAU MONDE II, Une exploration de l'appartement de  Yona Friedman.

Le travail de Camille Henrot interroge la création et a pour champs d'action les arts qui, tel le cinéma, la musique ou l'architecture, existent à la fois comme industrie et artisanat. Camille Henrot explore dans ces domaines les possibilités de glissement et de fertilisation réciproques. Elle pratique un recyclage des produits culturels par addition, soustraction ou division afin d'en faire ressortir le caractère essentiel (King Kong Addition présenté au Palais de Tokyo, Karaoké Chorale lors de la nuit blanche 2007, ou The Minimum of Life au CIC Genève). Le travail de Camille Henrot agit ainsi comme un révélateur des œuvres qu'il investit.

Ce "Nouveau Monde" auquel fait référence le titre de l'exposition est celui que constitue pour l'artiste l'appartement de Yona Friedman. Yona Friedman, artiste, architecte visionnaire, urbaniste s’atèle à construire des “Utopies réalisables”. L'exposition met en scène le fruit d'une exploration de l'artiste dans l'appartement de Yona Friedman en proposant une déconstruction de cet espace et une réflexion sur les temporalités qui s'y trouvent rassemblées.
 
art_camillehenrot03.jpg


L'appartement de Yona Friedman est perçu comme un espace abstrait et symbolique dans lequel les lois de la pesanteur et de la perspective ne semblent plus s'appliquer. De ce fait, le travail se déploie comme une archéologie de la représentation à la recherche de la possible survivance d'une esthétique et d'une pensée primitive dans le monde d'aujourd'hui. L'appartement de Yona est une utopie réalisée, anticipant un futur qui n'implique pas la destruction du passé mais vient se superposer à lui. Ce principe de superposition est celui proposé par le livre, qui témoigne des échanges sur ce projet entre Yona Friedman et Camille Henrot, rassemblant photographies et fax échangés.

Au sol, sont installées des photos et sérigraphies assemblées en "modules" dont les épaisseurs varient. Ni aplat ni sculpture, ces éléments établissent ensemble une géographie d'un genre nouveau, qui ne serait pas un schéma totalisant mais un agencement de vues subjectives et parcellaires de ce nouveau territoire qu'est, pour l'artiste, l'appartement de Yona Friedman. Les photographies aux cadrages très serrées et hasardeux coexistent avec des sérigraphies géométriques. Elles ouvrent sur la possibilité d'une esthetique non globalisante faite d'éléments hétérogènes à l'image de ce " Tout -Monde " decrit par  Edouart Glissant.
Point central de ce dispositif, un tapis bicolore permet au visiteur d' arpenter du regard l'ensemble de l'exposition. En disposant des silhouettes des grands batiments architecturaux emblématiques de la modernité (Villa Savoye, Empire State Building, tours Petronas, Grande Arche de La Défense, etc.) comme de motifs ethniques, cet objet pose aussi la question de l'ambivalente proximité de l' esthetique moderne et contemporaine  avec celle que l'on dit " primitive".  La fétichisation de l'architecture  nous  renvoie ici à l 'abandon du nomadisme,  mode de vie dont le tapis est le symbole.
Appuyées sur le mur des échelles rayées aux barreaux irréguliers évoquent la possibilité d' accéder à un ailleurs. Rappelant l'architecture spatiale, cette solution concrète proposée par Yona Friedman pour l'agrandissement des villes, elles évoquent encore la maison cosmique des indiens Opis décrite par Aby Warbourg.

Dans la salle des essais, le "Film Spatial" propose, quant à lui, une visite subjective de l'appartement à travers un point de vue flottant, qui pourrait bien être celui du chien, Baltkis, personnage clé de l'univers de Yona Friedman. Au fond de la salle des assiettes peintes dont certaines ont été fracturées  évoquent le temps à travers un mouvement circulaire.
Ainsi s’organise le découpage de la réalité du monde en cadrages chaotiques et formes primitives géométriques.

L’exposition “Le nouveau monde” est un projet co-produit par les Collections de Saint-Cyprien, le musée des Beaux-Arts de Bordeaux et la galerie kamel mennour (Paris). L’exposition a été présentée dans une première version à Saint-Cyprien, puis à Bordeaux dans une version remaniée. La scénographie a été conçue par Alexis Bertrand.

 Légende illustration : Camille Henrot, vue de l’appartement de Yona, photographie, 2007, TDR
 
Informations pratiques


Musée des beaux-arts : 20 cours d’Albret - 33000 BORDEAUX
Tél. : 05 56 10 20 56 -  Fax : 05 56 10 25 13
musbxa@mairie-bordeaux.fr - ww.bordeaux.fr
 
L’exposition est ouverte tous les jours de 11 heures à 18 heures, sauf le mardi et les jours fériés.

Accès par la ligne A ou B du tramway, arrêt Palais de Justice ou Hôtel de ville.
Stationnement : Parc autos Mériadeck ou Saint-Christoly.

Crédit Rédactionnel Emma-Charlotte Gobry-Laurencin - Photographique Musée des Beaux-arts de Bordeaux 



Page FacebookPage TwitterMail_AOLNos flux RSS

Les Bordeaux

Les Bordeaux Diffusée à 120000 exemplaires dans 1000 points distincts de Gironde, consultez ici la version interactive du dernier millésime 2012-2013 de notre brochure des vignobles du Bordelais
Girondins_2.jpg
oenotourisme
oenotourisme-hotel