Musique en Côte Basque Roberto Benzi avec l'ONBA

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Musique en Côte Basque Roberto Benzi avec l'ONBA
Roberto Benzi - Béatrice Uria-Monzon
Orchestre National Bordeaux Aquitaine

Roberto-BenziDu 3 et 10 Septembre 2010 dans le cadre de Musique en Côte Basque, Roberto Benzi dirige à nouveau pour deux concerts l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine qu’il a créé. Roberto Benzi revient sur cette année 2010 qui marque son retour en France dans un entretien avec Noëlle Arnault.

Roberto Benzi a fait preuve dès son jeune âge, de dons exceptionnels : il apprend le solfège dès 3 ans et travaille le piano à 4 ans. À 11 ans il débute comme chef d’orchestre en France et poursuit définitivement dans cette voie. Deux films musicaux en 1949 et 1950 alors qu’il n’a que 12 et 13 ans, ont beaucoup fait pour la célébrité de ce jeune prodige et susciteront un certain nombre de vocations musicales.

En plus de 50 ans de carrière, il a dirigé les plus grands orchestres du monde dont celui de Bordeaux de 1972 à 1987 (voir entretien avec Roberto Benzi en page 2 et biographies pages suivantes). Il retrouve cet orchestre pour présenter un programme de musique française (Ma Mère l'Oye et Shéhérazade de Maurice Ravel. - Prélude à l'après-midi d'un Faune et La Mer de Claude Debussy).

Vendredi 3 septembre - Eglise de Saint Jean de Luz - 21h

  • Concert de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine placé sous la direction de Roberto Benzi.

    • Soliste : Béatrice Uria Monzon, mezzo-soprano

Vendredi 10 Septembre - Jaï Alaï de Saint Jean de Luz - 21h

  • Concert exceptionnel de l'Orchestre National Bordeaux Aquitaine placé sous la direction du Maestro Roberto Benzi, et des Choeurs Orfeon Donostiarra de Saint Sébastien. Au programme :

    • la IXème Symphonie de Ludwig van Beethoven.

    • Solistes : Martine Olmeda, mezzo-soprano - Gilles Ragon, ténor - Mélody Louledjian, soprano - David Bizic, baryton-basse

Renseignements et location : www.musiquecotebasque.fr

ONBA-2010

ENTRETIEN AVEC ROBERTO BENZI
Propos recueillis par Noëlle Arnault / Août 2010

[2010 est l’année de mon retour en France… et la 9ème symphonie de Beethoven est l’oeuvre que nous avons donné avec l’Orchestre lors de notre première implantation au Palais des Sports de Bordeaux]

  • En janvier dernier vous avez dirigé l’Orchestre National de Lyon, en septembre vous serez à la tête de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine, alors que votre vie semblait être désormais davantage orientée vers la transmission et la pédagogie. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de diriger ces formations ?

    • Rarement le chef décide lui-même de ce genre de chose, surtout quand, comme moi, il n’est pas titulaire de son propre orchestre. C’est un peu le hasard des calendriers et, pour ce qui concerne Lyon- le grave problème de santé de Michel Plasson, initialement prévu, qui a permis cet engagement et m’a donné la possibilité de diriger pour la première fois l’Orchestre National de Lyon. Depuis la fin de mon contrat à Bordeaux en 1987, ma carrière s’est orientée à 95% vers l’étranger. Le hasard des calendriers évoqué me fera également diriger en fin d’année l’Orchestre philharmonique de Nice dans un programme de fin d’année conçu dans l’esprit du Philharmonique de Vienne. Avant cela, en novembre, je dirigerai l’Orchestre d’Auvergne. Cette année 2010 sera donc celle de mon retour en France.

  • Avez-vous toujours le même plaisir à diriger ?

    • Ma motivation est intacte. Et avec le recul, la maturité, je prends énormément de plaisir à diriger des oeuvres telles que la 9ème de Beethoven qui est un monument unique dans le répertoire symphonique. Disposant maintenant de plus de temps que jadis pour revoir les partitions et me remettre bien en tête leur interprétation, j’ai la possibilité d’aller plus au fond des problèmes. Etre toujours entre deux trains ou deux avions génère un stress qui rend parfois difficile l’assimilation de nouvelles oeuvres… et c’est un grand plaisir pour moi qui dirige désormais au rythme d’un concert mensuel, de pouvoir consacrer plus de temps à ces préparations.

  • La 9ème Symphonie de Beethoven que vous dirigerez le 10 septembre est à votre répertoire. Elle est également au répertoire de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Lorsque vous dirigiez cette formation, aviez-vous eu à la travailler ensemble ?

    • Tout à fait, et dans des circonstances que je me rappelle très bien : il s’agissait du premier concert donné lors de notre implantation au Palais des Sports de Bordeaux. Nous avions pour la circonstance donné une intégrale des 9 symphonies. Pour débuter nos concerts dans cet endroit très populaire vers lequel nous nous étions dirigés pour pouvoir donner davantage de concerts que les disponibilités du Grand-Théâtre ne nous le permettaient, j’avais voulu faire un choix de salle qui tende la main à un public moins habitué aux décorums impressionnants, et qui puisse –de manière décomplexée –venir au concert en jean. N’étant pas né à Bordeaux, je souffrais un peu du clivage qui y existait entre deux types de publics. Autant vous dire que le Palais des Sports de l’époque avait peu à voir avec ce qu’il est devenu, et les conditions, notamment acoustiques, étaient bien difficiles.

      C’était un peu une aventure de vouloir y donner des concerts, mais le public nous a suivi et pour cette intégrale, nous avons joué le premier concert devant une salle au tiers pleine, puis le remplissage a été de plus en plus élevé au cours des concerts suivants, allant jusqu’au guichet fermé et refus de public pour la 9ème. J’en ai gardé le souvenir émouvant de très jeunes spectateurs croisés dans la rue à l’issue du concert et qui chantaient en ritournelle l’Hymne à la joie.

  • Le concert du 3 Septembre est entièrement consacré à la musique française dont vous êtes un grand défenseur…

    • Cela me semble tout à fait normal en raison de mon éducation. Bien qu’étant de souche italienne, je suis né à Marseille et mon premier professeur de direction d’orchestre a été André Cluytens. Consacrer un programme à Ravel et à Debussy, c’est proposer au public des compositeurs uniques et d’une très grande richesse, c’est défendre des chefs d’oeuvres magnifiques. Quel plaisir de donner un concert dans le cadre de cette église de Saint-Jean-de-Luz que je connais bien et dont l’acoustique est fantastique… mais également de retrouver cet orchestre que j’ai créé, dirigé pendant 14 ans et dont certains musiciens que j’ai personnellement recrutés appartiennent toujours à cette formation.



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