Exposition de pièces d'exception au Musée Basque de Bayonne

  • Catégorie : Euskal Herria - Pays Basque - Pyrénées Atlantiques

INDEX DE L'ARTICLE

Douze pièces d’exception à découvrir

L’association des Entreprises du Patrimoine Vivant du Pays Basque et du Béarn a été créée en mai 2017. Elle a pour objectif la valorisation des savoir-faire des entreprises adhérentes ainsi que la mise en avant du label EPV. Elle compte aujourd’hui une vingtaine d’adhérents sur les vingt-deux entreprises labellisées sur le territoire basque et béarnais. L’association est accompagnée dans ses démarches par la CCI (Bayonne Pays Basque et Pau Béarn) et la Chambre de Métiers des Pyrénées Atlantiques. Les objectifs de l’association sont les suivants : - développer la notoriété du label EPV et des entreprises labellisées du Pays Basque et du Béarn ; - Faciliter les rencontres, les échanges d’information entre les entreprises ; - Promouvoir l’excellence et la qualité des produits et savoir-faire basques et béarnais.

Trois paires d’espadrilles Don Quichosse co-signées avec des artistes basques

Espartakuz est un projet né en 2017, l’idée étant de promouvoir des artistes du Pays Basque en utilisant l’espadrille comme support. « Espartakuz » signifie « espadrille» et « fait main » en langue basque.

C’est l’artisan sandalier Timothée Cangrand de chez Don Quichosse qui est à l’origine de ce projet. Timothée est installé à Mauléon, en Soule. Cette année, 3 nouveaux artistes du Pays Basque ont eu carte blanche pour créer chacun un modèle d’espadrille. Andoni Maillard, installé à Bayonne, travaille l’image comme représentation du monde dans lequel nous vivons en se jouant des codes esthétiques. Gonzalo Etxebarria est un artiste-peintre installé en Soule, où il explore et partage les différents horizons de la création. Camille Delprat est graphiste freelance et designer textile. Elle est basée à Bayonne depuis janvier 2010. Ces trois espadrilles en cuir ont été sérigraphiées à la main par Nicolas Armendaritz, de l’atelier Pott Serigrafia de Bayonne. « La peinture est juste déposée sur le cuir, puis elle est cuite pour une meilleure adhésion. C’est délicat parce qu’avec ces modèles collectors on n’a pas vraiment le droit à l’erreur » explique t-il.

makila Edition limitee OA

Deux makhilas « édition limitée » d’Ainciart Bergara

L’atelier Ainciart Bergara présente deux éditions limitées. La première est un makhila en vermeil : plaqué or sur argent. Il explore les contrastes mats et brillants du métal. La décoration du métal est composée de motifs modernes et de symboles ancestraux. Cette création est le fruit d’une collaboration intergénérationnelle entre Liza et sa mère Nicole.

Contrairement aux makhilas traditionnels, ce makhila sort de sa condition première de compagnon de marche pour assumer pleinement sa facette d’« oeuvre d’art ». Une création artistique que l’entreprise n’avait jusque là pas explorée. Une des contraintes techniques fut de créer des motifs réalisables à l’atelier sur la base de la technique du poinçonnage. Le placage, réalisé par une entreprise partenaire implantée à Bayonne, est une étape complexe, qui requiert de travailler à la loupe afin de recouvrir toutes les parties en argent de vernis, avant de plonger les viroles métalliques dans un bain d’or. Le montage, du fait du placage en or, délicat et fragile, demande également une minutie et une attention plus grande.

La seconde pièce exposée est le fruit d’une collaboration avec des joaillier de Biarritz. Sur ce makhila d’honneur, s’entrecroisent des fils d’or, rappelant les lacets des costumes traditionnels basques. En clin d’oeil à un autre symbole du Pays Basque, les joailliers d’Origine Ateliers ajoutent des pierres semi-précieuses vertes et rouges, qui rappellent les couleurs de l’Ikurriña (le drapeau basque).

De nombreux essais sont nécessaires à la finalisation du modèle. Les torsades de fils d’or sont soudées au laser, grâce à une technique innovante et rare, maîtrisée par les joailliers biarrots, technique sans laquelle ce design n’aurait pas pu voir le jour. Cette étape nécessite à elle seule une quinzaine d’heures de travail.

OtxinC’est la première fois qu’un autre artisan, que ceux de l’atelier familial, travaille sur un makhila fabriqué à Larressore. Ce projet a été possible car fondé sur une pleine confiance dans le travail des joailliers d’Origine Ateliers, qui réalisent au quotidien des pièces uniques et sur mesure.

Otxin, collaboration entre un designer et la maison Laffargue

Ce porte-monnaie Otxin en forme de gourde de berger (zahato) a été dessiné par l’artiste Joan Tarragó. Il s’agit d’une collaboration exclusive des éditions du coté avec la maroquinerie Laffargue. Il est réalisé dans du cuir de vachette, gravé au laser, et édité à 30 exemplaires.

Otxin fait partie d’une série d’objets-sculptures conçus sur le thème du berger par l’artiste Joan Tarragó Pampalona sous la direction artistique d’Elodie Maentler et Marc-Alexandre Ducoté, des éditions du coté.

L’artiste a souhaité explorer la mythologie pastorale a travers la figure du Joaldun. Fasciné par les coutumes et rituels du monde entier, qu’il incorpore à son langage graphique au fil de ses rencontres et voyages. Gardant des attaches fortes au Pays Basque, il s’est inspiré pour ce projet du Carnaval de Lantz, en Navarre, au cours duquel le bandit Miel Otxin est capturé et brûlé. Ziripot, Zaldiko, Arotzak ou Txatxo, sont d’autres personnages importants de cette célébration.

Cette pièce est le fruit d’une belle coordination entre l’éditeur, les artisans et l’artiste. Les maroquiniers ont dû développer un emporte-pièce spécifique, la gravure laser a été effectuée par Jean-Philippe Arnedo, KMS Gravure à Louhossoa.

Amalurra de la poterie Goicoechea

Cette sphère a été réalisée à la technique du tournage à la corde. Les continents ont été façonnés à la main, puis superposés sur la sphère. De la première cuisson, résultera le biscuit, c’est-à-dire la matière brute, l’argile transformée en proche durant la cuisson. goico almalurraLes continents ont été émaillés avec un émail mat effet lichen, les océans ont été émaillés avec une combinaison de trois couleurs : vert émeraude, bleu et blanc pour révéler cette profondeur particulière. Une deuxième cuisson céramique a été nécessaire pour dévoiler le résultat final.

Façonner une sphère en terre cuite demande rigueur, délicatesse et maîtrise du geste. Les forme fermées nécessitent une attention particulière lors du façonnage. Les étapes du séchage et de la première cuisson définiront la robustesse de la pièce et rendront possible la suite des étapes, à savoir les cuissons céramiques.

Notre planète a toujours fasciné et continue de fasciner, tant par sa beauté que par sa complexité. Sa préservation est un sujet brûlant d’actualité. Inaki Goicoechea a toujours été attiré par les courbes, généreuses et bien équilibrées. Il était donc évident que notre Terre l’inspirerait et qu’il l’imaginerait à sa manière. Son expression n’est pas abstraite, son message se veut volontairement réel et concret.

Le tissage de la chaîne des Pyrénées par les Tissages Moutet

Blue Landscape est une oeuvre tissée en coton grâce à la technique jacquard. Le projet Blue Landscape est né de l’envie de partager l’émotion ressentie dans la contemplation de la chaine des Pyrénées. Après avoir dessiné Blue Landscape à partir de photographies des Pyrénées prises sur une année, Barbara Asei Dantoni imagine transformer ces dessins sur matière textile, c’est là que les Tissages Moutet entrent en scène.

Retranscrire les nuances et l’équilibre coloriel de l’oeuvre et l’adapter à la technique du tissage jacquard a été le principal défi. Le travail de préparation a été de longue haleine, avec de nombreux essais sur le métier à tisser pour trouver le bon entremêlement de fil de chaine et de trame et les bonnes associations de couleurs. La technique de la double trame à été développée pour atteindre le rendu souhaité. En trame, deux fils bleus se superposent et s’entrecroisent avec les fils blancs en chaine, créant des dégradés et un aspect flouté. Blue Landscape est une oeuvre tissée sur quatre panneaux dissociés, de formats différents. Le plus long est de 4,60 mètres. 5 mètres sont nécessaires à la scénographie de cette oeuvre.

Moutet Blue landscape

Deux pièces en cuir du 18e siècle et un ballon remis à des chefs d’Etat

Deux pièces de garniture de bureau, un sous-main et un classeur, ont été réalisés à partir d’un cuir ancien de reliures de livre du 18ème siècle, l’ensemble a été doré à l’or 24 carats. La complexité de ces pièces réside dans la matière première : il faut pouvoir prélever le cuir sans le détériorer, le rafraichir et le gainer après en avoir éliminé les excédents de carton restés collés. Pour justifier de l’année du cuir, sur le sous-main, on retrouve le dos du livre et les premières pages de l’ouvrage où la date est inscrite.

Le ballon a été réalisé en bois puis gainé de cuir. Deux demi-sphères ont été tournées à Came, puis évidées, pour y recevoir un gainage en alcantara. L’extérieur a été gainé de cuir de chèvre, colorisé de manière à correspondre aux couleurs officielles du fabricant de ballons de Basket Moltène. La complexité dans cet article est le tournage, et l’assemblage des 12 pièces de cuirs qui devraient être collées sur le 2 demi-sphères. Ce ballon écrin a été réalisé en 50 exemplaires, pour être envoyés, munis à l’intérieur d’une médaille en laiton servant d’invitation des 50 chefs d’état, dont l’équipe nationale participait au championnat du monde de Basket en 2010 en Turquie.

garniture de bureau en cuir ancien gainerie dart

Une aile de boeing Stearman

Le stearman est un avion militaire d’entrainement destiné à l’US Army et US navy qui fit son premier vol en 1934. Ce biplan biplace en tandem est de construction mixte : un fuselage fait de tubes d’acier soudés et généralement entoilés, des ailes en bois entoilées, un train d’atterrissage fixe à toute épreuve avec amortisseurs hydrauliques. Avion école par excellence, il a servi à former des milliers de jeunes cadets aux rudiments du pilotage et de la voltige. A la fin de la guerre, ce « primary trainer » fut utilisé dans des aéroclubs pour la formation des jeunes pilotes civils.

Cette aile appartient à une version US navy de 1942. Remotorisé en 1971 avec un PW de 450cv, il a participé à de nombreux « stearman Aerobatic contest » et a remporté le premier prix en 1980. Il est resté ensuite de longues années sous hangar sans voler avant d’être importé en Europe. Son propriétaire actuel a débuté en 2018 sa total restauration aux standards de l’US Navy. Sa rénovation va durer 3 ans et faire appel à de nombreux savoirfaire dans des domaines très différents : menuiserie, entoilage, électricité avionique et en mécanique pour réparer également le moteur.


 

Articles similaires

Rallye des Cimes 2019 du Pays Basque Le rallye des cimes doit son existence à Sauveur Bouchet, qui, en 1951, au volant de sa Willys, organise la première épreuve du rallye des cimes. Epreuve reine du championnat du monde des rallyes tous...
Le Musée de la Chalosse à Montfort-en-Chalosse A quelques minutes de Dax, entre la forêt de pins et les Pyrénées, la Chalosse, avec son paysage fertile et vallonné, offre un autre visage des Landes. Au domaine de Carcher, tout évoque la Chalosse a...
Saint-Jean-de-Luz : Festival Ravel sur la Côte Basque Festival Ravel : une aventure, un hommage à la mesure du compositeur français le plus joué dans le monde. Depuis 2017, Musique en Côte Basque et l’Académie Ravel unissent leurs forces complémentaires ...
Bayonne : Fêtes et Férias 2019 en rouge et blanc Bayonne ne serait pas Bayonne sans ses célèbres fêtes. Courses de vaches, pelote basque, concerts, musique et danses traditionnelles, feux d’artifice, gastronomie et culture basque, défilés de chars, ...
BASQUE[S] 32 regards sur le Pays Basque La Société des Amis du Musée Basque vient de publier un livre de référence, Basque[s], aux éditions Cairn (Pau) dans lequel 32 auteurs observent les évolutions du Pays Basque sur les 30 dernières anné...