Festival de Biarritz Amérique Latine

  • Catégorie : Pays Basque - Pyrénées
Biarritz Amérique Latine est un festival sans équivalent en France. Il est une référence pour le cinéma latinoaméricain, un passage prisé par les grands réalisateurs.
Biarritz Amérique Latine est un festival sans équivalent en France. Il est une référence pour le cinéma latinoaméricain, un passage prisé par les grands réalisateurs.

Le Festival Biarritz Amérique Latine est un festival de référence pour le cinéma latino-américain. Véritable plateforme des cultures latino, il est le rendez-vous des passionnés du Cinéma et de la musique de ce continent. Pendant une semaine, Biarritz s'en fait le témoin des évolutions artistiques.

Trois compétitions de films (fiction, documentaire, courtmétrage) mettent en lumière le meilleur de la création cinématographique contemporaine, et sont accompagnées d’hommages, de rétrospectives et d’avant-premières. Littérature, musique, expositions et débats sont aussi à l’honneur, ainsi que gastronomie et artisanat au "Village" du festival.

Festival de Biarritz Amérique Latine 2021Le festival présente chaque année des focus autour de différentes thématiques. À l’occasion du bicentenaire de l’indépendance du Pérou, qui clôture le cycle de commémoration des indépendances en Amérique latine, le Festival Biarritz Amérique Latine a choisi de consacrer son focus 2021 à la riche culture de ce pays..

En matière de cinéma, colonne vertébrale du Festival, on y découvre non seulement des créations inédites de longs métrages, courts métrages ou documentaires, mais encore on y revoit certains films cultes de ces cinématographies, au travers des hommages ou rétrospectives proposés. Avec trois compétitions de films, fiction long-métrage, court-métrage et documentaire, le meilleur de la production cinématographique de l’Amérique Latine sera présenté à Biarritz.

Le festival de Biarritz est aussi un miroir de la diversité culturelle, au travers de nouvelles expositions (peintures, photographies), de concerts gratuits de musique latino-américaine et également de rencontres-débats autour de la littérature ou de questions d'actualité.aldo garay 03nicolas mollo 1600x1119

Echanges, partages, découvertes, talents et convivialité sont les maîtres mots du festival de Biarritz qui accueillera cette année encore des milliers de visiteurs, fin septembre au pays basque.

Le Festival Biarritz Amérique Latine c’est le choix pertinent d’une programmation riche en longs-métrages, courts-métrages et documentaires en compétition autour d’un jury passionné et exigent pour le plus grand plaisir des spectateurs chaque année plus nombreux.

Créé en 1991, le festival est donc un important point de rencontre et d’échanges entre l’Europe et l’Amérique latine dont le Pays Basque est un symbole.

Cette année la 30e édition se tiendra du 27 septembre au 03 octobre 2021.

Thème du Focus 2021 : LE PEROU
Présentation de Nicolas Azalbert, responsable de la programmation cinéma

Lima n'est pas le Pérou. Si cette assertion semble aller de soi pour les touristes du monde entier, il n'en allait pas de même, jusqu'à peu, pour les cinéastes péruviens. Les compagnies de production et les lieux de postproduction, les équipements de tournage et la majorité des salles de cinéma ont longtemps été concentrés au seul sein de la capitale. Phénomène récent (depuis le milieu des années 90), le e cinéma régional » est venu changer la donne, trouvant, en partie grâce à la démocratisation du numérique, de nouveaux foyers de productions, notamment à Trujillo, Cusco et Arequipa.

Ce qui a eu pour effet l'apparition d'une nouvelle représentation cinématographique du pays. On déambulera donc dans Trujillo (version arty dans Entre estos Aboies que he inventado, version guerre des gangs dans Casos complejos, version rurale dans Chicama) mais aussi dans l'envers du décor de la ville touristique de Puno dans Manco Càpac ou encore dans les régions andines de Huancavelica et de Junin dans El Viaje macho.

À l'appropriation de ces nouveaux espaces géographiques est venue s'ajouter l'appropriation d'un présPnt que l'époque tragique du Sentier Lumineux a longtemps éclipsé. Il ne s'agit pas pour cette génération, qu'elle vienne des régions ou de la capitale, d'oublier le passé mais d'en filmer les répercussions actuelles (Paraiso, NN), de le mettre en perspective plutôt que de le ressasser (Hugo Blanco, rio profundo), seuls moyens pour que l'histoire ne fasse pas du surplace et que la mémoire aille de pair avec la rémission. Rémission des souffrances mais aussi rémission des péchés, tant le besoin de rédemption semble grand.

Que ce besoin de rédemption s'adresse au ciel (Rosa Chumbe) ou même au-delà (La Chucha perdida de los incas), il est lié à l'obsession de la figure paternelle dont l'absence, décelable dans chacun des films programmés, pose forcément question.

FBAL 2021 : la compétition documentaire
Présentation de Olivier Compagnon, Fabrice Marquat, Nadia Solano / Comité de sélection

L’expérience cinématographique proposée par les dix films qui composent la sélection de cette année constitue un voyage dans le temps et l’Histoire où l’intime et l’universel se côtoient et questionnent notre rapport au monde. La reconstruction fait partie d’une quête pour tisser le fil de l’histoire, qu’elle soit individuelle, familiale, nationale ou universelle (Adiós a la memoria, Esquirlas), où le présent s’imbibe des images d’archives pour interroger les multiples réalités offertes.

Le temps est résolument malléable et la matière filmique lui confère un terrain de jeu immersif (Concierto para la batalla de El Tala), tant au niveau sonore que visuel. Passé et présent se fondent dans un dialogue aux multiples paysages (Cartas de una fanática de Whistler a un fanático de Conrad), une aventure où les protagonistes sont pluriels, où ils se regardent comme dans un miroir à révéler (Qué será del verano). Le passé ressurgit, confronte l’être humain à ses démons : comment vivre avec les traces vives d’actes atroces (Cantos de represión) ? Comment recoller les fragments du passé, les traces indélébiles du temps qui marquent l’intime et le collectif (Objetos rebeldes) ?

Ce passage d’un temps à l’autre se construit dans un parcours sinueux, sensible, suspendu, où les traces de la résistance s’affirment avec courage (Edna). L’être humain résiste mais détruit aussi, impose sa vision du monde, qu’elle soit digne ou abjecte. La nature observe, la caméra aussi (Nidal). L’homme semble ne plus être maître de son destin, contrôlé par le désir des dieux et de la nuit (Vaychiletik).

FBAL 2021: la compétition fiction 
Présentation de Nicolas Azalbert, responsable de la programmation cinéma

Si le cinéma a toujours eu pour tâche ontologique d’enregistrer le réel, il se heurte aujourd’hui à une difficulté supplémentaire. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont fini par réussir leur mission à elles : séparer l’homme du réel. L’un des nouveaux buts du cinéma est donc de prendre en compte cette séparation, la montrer et proposer de la résoudre. Aussi ne sera-t-on pas étonné de constater que tous les films de cette année, que ce soit sur un mode fantastique ou plus réaliste, traitent de mondes parallèles et qu’ils cherchent à trouver la porte d’accès qui permettra de passer de l’un à l’autre, de reconnecter l’homme avec le réel.

Un monde parallèle, ce peut être le passé mapuche de la nation chilienne qu’il faut déterrer (Date una vuelta en el aire). Ce peut être le milieu transgenre qu’il faut intégrer à la société brésilienne (Madalena). Ce peut être la part d’enfance qu’il faut pouvoir conserver en soi (Piedra Noche) ou la part de magie que le cinéma doit pouvoir conserver en lui (Fanny camina). Ce peut être la beauté et la poésie qu’il fautréincorporer dans un monde corrompu (Candela) ou l’euphorie qu’il faudrait cesser d’aller chercher ailleurs pour la trouver en soi (Mostro). Ce peut être la vie privée qu’il faut ramener sur le devant de la scène professionnelle (Una película sobre parejas) ou encore l’inconscient qui préside à l’élaboration d’un film et qu’il faut ramener sur le devant de l’écran (Capitu e o Capítulo). Il n’y a pas jusqu’à l’individu lui-même qui ne soit devenu un monde parallèle ; un individu séparé de lui-même (El Otro Tom) ou dédoublé (Jesús López) et qu’il faut pouvoir ramener à son moi originel.

Tous ces mondes parallèles, dont nous sommes chaque jour un peu plus séparés, le cinéma nous les restitue, à condition bien sûr, qu’on ne fasse pas de séparation entre la vie et le cinéma

ambiance gare midi - Photo Nicolas Mollo
photo groupe 01nicolas mollo 1600x1109

FBAL 2021: la compétition court métrage
Présentation de Nicolas Azalbert, responsable de la programmation cinéma

Le regard que nous portons sur les films actuels est forcément influencé, orienté par la pandémie mondiale (indépendamment du fait qu’ils aient été tournés avant ou après le début de la pandémie, qu’ils évoquent délibérément ou non la situation). Cette lecture ne fausse pas le sens des films, elle vient plutôt leur octroyer une richesse supplémentaire. Ainsi Entre ellas, en se déroulant dans le huis-clos d’une laverie, permet de repenser le confinement, non plus comme un isolement forcé mais un refuge à la violence extérieure.

Changer le regard sur le monde actuel, c’est aussi ce à quoi s’efforcent certains films qui témoignent directement de l’expérience douloureuse qu’a été le confinement (Jardín de piedra, Igual/Diferente/Ambas/Nenhuma), et qui espèrent de la sorte en tirer les leçons, et parvenir à changer le monde (pourquoi le cinéma ne pourrait-il pas lui aussi contaminer l’homme et la réalité ?). Cela ne pourra s’opérer qu’à travers un nouveau rapport à la nature, qu’il soit inventé (Poilean) ou retrouvé (Herbarium).

La rupture entre l’homme et son environnement se retrouve aussi dans une séparation qui scinde en deux l’évolution même de l’espèce, entre ce qu’il est maintenant convenu d’appeler le « monde d’avant » et le « monde d’après ». La tentation du grand nettoyage se fait sentir chez ceux qui voudraient en terminer avec l’Histoire (El Oso antártico) tandis que d’autres y voient heureusement la possibilité d’une seconde chance (Sin asunto). Mais la disparition de l’image (La Luz de Masao Nakagawa) et celle du son (La Radio) laissent présager le pire quant à l’avenir du cinéma, condamné à errer parmi les fantômes qui viennent à sa rencontre (Son of Sodom), à moins qu’il n’accepte de se faire l’avocat du diable (comme le danseur de La Sombra refugiada qui se déguise en diable pour mieux lui échapper), au risque de perdre sa raison d’être.

 

En savoir plus https://www.festivaldebiarritz.com 

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