 Exposition du 3 juillet au 21 septembre 2008, Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, confronte sur les deux cimaises de la Collégiale Notre Dame de Ribérac un ensemble de portraits photographiques dont le modèle adresse au spectateur un regard direct.
" Ce que nous voyons, ce qui nous regarde "
Aux portraits noir et blanc issus du fonds historique de la collection (Arbus, Callahan, Friedlander, Sander, Weston…) répondent des portraits en couleur d’artistes contemporains (Ruff, Clegg & Guttmann, Sherman…). La question du « regard » pourrait servir de ligne conductrice à l'exposition sans qu’elle ne soit proclamée comme telle mais reste implicite.
D’un point de vue historique, Ce que nous voyons, ce qui nous regarde s’offre aussi comme un cheminement à travers l’histoire Thomas Ruff, Porträt de la photographie : un panorama marqué par des courants, des (Markus Türk), 1990 convergences, des singularités qui s’échelonnent, depuis la photographie « documentaire » américaine du début du XXè siècle jusqu’aux images autobiographiques des années 1970, en passant par la photographie plasticienne.
Á la petitesse du portrait d’Eleanor, épouse et muse du photographe Harry Callahan, mêlant intimité et tendresse répond, à l’opposé, le portrait monumental et objectif de Thomas Ruff.
En face des photographies de Clegg & Guttmann dans lesquelles les commanditaires prennent la pose, correspond d’une part, la mise en scène soignée de la série des Gentlemen de la upper-class anglaise à l’attitude maniérée de Karen Knorr et, de l’autre, la figure hiératique du jeune soldat d’August Sander ainsi que la simplicité du portrait frontal du couple photographié par Edward Weston.
En face du triptyque d'Urs Lüthi dans lequel l’artiste est lui-même sujet et objet de son travail sont présentées deux images réalisées au sens propre par Made in Eric, et son Studio modulable, chambre noire équipée d’un appareil photographique anal jetable conçu par l’artiste lui-même.
La présence énigmatique, renforcée par des ombres inquiétantes de l’autoportrait en couleur de Cindy Sherman, contraste avec le portrait de cette même artiste, cette fois-ci réalisé par David Seidner, offrant un mélange de sophistication, d’élégance et de lumière.
En écho aux compositions de Paolo Gioli utilisant des procédés anciens de reproduction soulignés par des touches à la mine de plomb sont présentées les photographies légèrement suaves que Pierre et Gilles rehaussent de couleur.
Sur deux cimaises opposées, comme point d'orgue de l'exposition, sont présentées deux oeuvres de Christian Boltanski. L'artiste invite ici le spectateur à s'interroger sur la représentation et la résurrection de l'enfance à travers la photographie.
L’exposition pose ainsi la question du « regard » et, à travers un jeu de face à face, offre un parcours au spectateur en position d’assurer sa part de responsabilité « créative » dans le lien subjectif qui l’unit à l’oeuvre. Cette question du regard est essentielle : elle implique une attitude active et s’articule autour de ce va-et-vient entre l'oeuvre et le spectateur, entre
Ce que nous voyons, ce qui nous regarde comme l’énonce Georges Didi-Huberman, auteur d’un ouvrage éponyme d’où est issu le titre de l'exposition. À travers cette expérience de la confrontation et du regard, l’exposition tente ainsi de montrer en quoi l’art peut modifier notre point de vue sur le monde et sur nous-même. Regarder l’art, c’est se poser la question de ce que l’on regarde.
C’est aussi s’interroger sur les processus du regard. Comment regarder ?
Comment croire à ce que nous voyons ? En quoi notre regard peut-il être modifié par l’oeuvre ?
Exposition à la Collégiale Notre Dame de Ribérac conçue par le Frac Aquitaine en collaboration avec le Centre culturel de Ribérac.
Le Frac Aquitaine possède 522 oeuvres photographiques sur un fonds comptant plus de 950 oeuvres.
Informations pratiques
Collégiale de Ribérac
Ouvert tous les jours de 15h à 19h et de 11h à 13h les vendredi, samedi et dimanche.
Nocturne jusqu'à 23h les jeudis 17 juillet, 7 et 21 août.
Entrée libre.
Contact Centre culturel de Ribérac : 05 53 92 52 30
Source rédactionnelle et photos FRAC Aquitaine
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