Bordeaux : lancement d’un appel à projet résilience alimentaire

  • Catégorie : Bordeaux Métropole
La Ville de Bordeaux lance un appel  à projet à destination  des acteurs de la résilience alimentaire
La Ville de Bordeaux lance un appel à projet à destination des acteurs de la résilience alimentaire

La Ville de Bordeaux lance un appel à projet pour soutenir les acteurs de la résilience alimentaire installés sur son territoire. Cet appel à projet vise à accompagner des acteurs engagés, œuvrer pour permettre à tous les Bordelais d’accéder à une alimentation locale et de qualité.

Cette démarche vise à encourager une agriculture et un système alimentaire beaucoup moins dépendants des énergies fossiles, en relocalisant la production agricole, en encourageant les circuits courts et en développant les productions agricoles diversifiées (petites fermes familiales) de la ceinture maraichère et des territoires environnants. L’équipe municipale souhaite accélérer la mise en réseau de tous les acteurs afin de pouvoir enclencher de nouveaux projets et coopérations à l’échelle locale et lancer une dynamique sur l’ensemble des quartiers de la ville. Pour la première fois, la Ville de Bordeaux a créé au sein de son conseil municipal une délégation « résilience alimentaire » portée par Eve Demange.

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Qu’est-ce que la résilience alimentaire ?

La résilience, c’est pouvoir absorber un choc, s’en remettre. La résilience alimentaire vise à anticiper les changements à venir pour être en capacité de se nourrir dans les prochaines décennies, malgré les perturbations annoncées (tempêtes, sècheresses, pandémies, crises). L’évolution rapide du contexte climatique et écologique nécessite une action politique à la hauteur des enjeux.

Une prise de conscience forte des habitants durant la crise Covid

Cette volonté vient rencontrer celle des Bordelaises et Bordelais dont la crise sanitaire a modifié les habitudes alimentaires. En Nouvelle Aquitaine, le nombre de consommateurs de produits bio a progressé de 12% en 2020. Motivation principale : préservation de la santé (58%) et de l’environnement (51%). Nous cuisinons davantage, achetons plus de produits frais, de saison, consommons plus local et évitons le gaspillage alimentaire (Source : Agence bio). Cette tendance concerne toutes les classes sociales malgré le principal frein qui reste le prix. Cette volonté de mieux manger se heurte néanmoins à la fracture sociale. 29% des Français ont des difficultés financières pour consommer des fruits et légumes frais tous les jours (+2points par rapport à 2018), et 23% pour se procurer une alimentation saine leur permettant de faire 3 repas par jour.

Reconnecter les Bordelais à nos producteurs locaux en circuits courts

La volonté à Bordeaux ? Créer une communauté intergénérationnelle rassemblée autour des maraichères et maraichers, le plaisir de manger local et l’engagement communautaire, pour une ville résiliente, soudée, bien nourrie et en bonne santé.

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Lancement d’un appel à projet résilience alimentaire

La Ville de Bordeaux lance un appel à projet pour soutenir les acteurs de la résilience alimentaire installés sur son territoire. Cet appel à projet vise à accompagner des acteurs engagés, œuvrer pour permettre à tous les Bordelais d’accéder à une alimentation locale et de qualité. La Ville de Bordeaux sera particulièrement sensible aux projets axés sur les populations fragilisées par la crise sanitaire.

Les 4 grands axes du projet de Bordeaux Grandeur Nature- résilience alimentaire « Bordeaux » se structurent sur les grandes étapes du cycle de la résilience alimentaire, de la production à la gestion des déchets en passant par les circuits de distribution / transformation et les différents modes de consommation. http://bordeaux.fr/p146543

Les projets déposés devront donc s’inscrire dans les champs suivants :

  • Production agricole, agriculture urbaine, jardinage collectif ;
  • Circuits courts (distribution, transformation, conserverie) ;
  • Alimentation saine pour toutes et pour tous ;
  • Compostage, lutte contre le gaspillage et valorisation des déchets alimentaires.

Il pourra s’agir par exemple - liste non exhaustive :

  • De projets en lien avec le développement de l’autoproduction alimentaire ;
  • De projets de jardins productifs, pédagogiques, partagés, familiaux… ;
  • De projets de cuisine, de conserverie, de transformation d’aliments pour inciter à consommer / transformer les produits de saison ;
  • De projets d’accès à une nourriture saine et de qualité pour des publics en difficultés ;
  • D’initiatives d’éducation au goût et à une alimentation plus saine et plus diversifiée, sous la forme d’activités pédagogiques ou de jeux visant au changement des comportements ; • D’actions visant à informer sur les enjeux et les bienfaits d’une alimentation plus
  • « climato-compatible », permettant de réduire son empreinte carbone ;
  • D’outils pédagogiques favorisant la prise de conscience des enjeux du gaspillage alimentaire et le développement de comportements vertueux ;
  • D’actions de communication, de sensibilisation et d’appropriation des multiples enjeux environnementaux liés à l’alimentation ;
  • De manifestations favorisant la connaissance du patrimoine alimentaire local, des circuits courts et de proximité et d’initiatives visant au rapprochement de l’offre et de la demande dans le domaine de l’alimentation.
  • Etc.

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“Permettre à tous les Bordelais d’accéder à une alimentation locale et de qualité”

Interview Eve Demange, conseillère municipale déléguée en charge de la résilience alimentaire

La résilience alimentaire est une nouvelle délégation à Bordeaux, quelles sont vos premières actions depuis votre arrivée ?

Letrombinoscope des élus de la mandature 2020 2026 portraits fond blanc début de ce mandat a été bien occupé par l’installation de cette nouvelle délégation à Bordeaux avec l’état des lieux et la rencontre avec tous les acteurs de terrain, l’élaboration d’une feuille de route, la désignation d’une équipe en charge de porter ce projet au sein de la mairie, la présentation des enjeux et du projet au sein de la mairie.

Un premier budget de 100 000€ a été dégagé pour permettre de lancer les actions sur l’année 2021. Il va servir à deux choses :

- 50 000€ à soutenir les associations qui œuvrent dans le champ de la résilience alimentaire

- 50 000€ à réaliser un diagnostic et étoffer nos compétences en interne sur ce sujet novateur de la résilience alimentaire pour nous accompagner dans la réalisation des actions prévues dans la feuille de route.

Comment est-ce que cela se matérialise concrètement ?

Nous avons inventorié toutes les associations et les structures qui s’investissent déjà à Bordeaux dans le champ de la résilience alimentaire. Nous avons démarré des marches exploratoires pour aller à la rencontre de ces acteurs. Bacalan par exemple, fait partie des quartiers les plus dynamiques et les plus en avance sur ce sujet avec un maillage dense de lieux fertiles et une circulation des informations très rapide entre ces espaces ressources. Nous continuons avec La Bastide, puis Nansouty, Caudéran et ainsi de suite jusqu’aux grandes vacances. L’objectif est aussi de préparer les conseils alimentaires de quartier qui démarrerons après les grandes vacances dans tous les quartiers de Bordeaux avec les habitants.

Nous avons lancé un Appel à Manifestation d’intérêt pour installer un producteur maraicher en bio sur l’ancienne pépinière de la ville de Bordeaux située sur la commune du Haillan. Nous faisons visiter le lieu actuellement et rencontrons les porteurs de projets. C’est l’occasion de connaître les problématiques de nos agriculteurs et agricultrices, de voir comment nous pouvons mieux les accompagner et les valoriser dans leur démarche. Il y a beaucoup d’enthousiasme, d’idées et de projets chez les jeunes et c’est très motivant pour nous les élus ! Nous souhaitons également donner une dimension nourricière à nos parcs et jardins.

La direction des espaces verts a donc commencé à planter des arbres fruitiers sur les espaces qui appartiennent à la mairie mais aussi des potagers. Nous sommes dans une phase de test et d’étude. Nous allons analyser les premières récoltes pour savoir si elles sont exemptes de traces de polluants et donc comestibles.

Et bien sûr, nous lançons cet appel à projet Résilience alimentaire pour soutenir les acteurs engagés dans cette dynamique, et œuvrer pour permettre à tous les Bordelais d’accéder à une alimentation locale et de qualité. Nous serons particulièrement sensibles aux projets axés sur les populations fragilisées par la crise sanitaire.

A quoi vont servir les conseils alimentaires de quartier ?

Les conseils alimentaires de quartier vont permettre aux habitants de chaque quartier de se rassembler autour de la question d’une alimentation locale et de qualité pour tous, d’échanger, de débattre sur des sujets comme la sécurité sociale alimentaire, l’autonomie alimentaire, les saveurs locales, l’alimentation végétale, les circuits courts, la santé par l’alimentation, mais aussi se mettre en lien pour mener des projets en commun. Ces conseils permettront également d’informer les habitants sur les associations, les structures existantes et les projets en cours dans leur quartier. L’objectif est d’insuffler une véritable dynamique mais aussi de créer du lien entre les habitants sur des projets qui ont du sens.

La résilience alimentaire en chiffres

  • 100 000€ de budget en 2021
  • 8 conseils alimentaires de quartier
  • 4 hectares de terres maraichères au Haillan
  • 140 arbres et près de 300 arbustes plantés dans les parcs et jardins de la ville100 variétés de fruits différentes
  • Rappel : 1,8% d’autonomie alimentaire de la métropole bordelaise en ce début de ce mandat

Des arbres fruitiers plantés à Bordeaux dès cette année

  • Jardin Public : 20 arbres et 40 arbustes fruitiers
  • Jardin des lumières : 48 arbres pommiers ou poiriers en verrier, plus de 100 arbustes fruitiers (myrtilles, cassis, groseilles)
  • Parc Bordelais (une partie du parc Cerey et le potager) : 22 arbres fruitiers hautes tiges (cerisiers, pommiers, poiriers, pruniers), 100 arbustes ou petits fruits (groseilliers, cassissiers principalement)
  • Grand Parc : plantation prévue de 50 arbres fruitiers, et une centaine d’arbustes
Farmer planting tomatoes seedling in organic garden
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