Quand le design dévoile les technologies invisibles du quotidien

  • Catégorie : Bordeaux Métropole
Exposition Phénomènes, un projet expérimental conçu par les designers Marion Pinaffo et Raphaël Pluvinage, lauréats des Audi talents awards 2016
Exposition Phénomènes, un projet expérimental conçu par les designers Marion Pinaffo et Raphaël Pluvinage, lauréats des Audi talents awards 2016

Phénomènes : une exposition graphique, ludique et interactive pour toute la famille. Les designers proposent au public d’expérimenter une série de dispositifs interactifs pour mieux appréhender le fonctionnement des nouvelles technologies qui nous entourent : capteur, téléphone portable , écran tactile, composant électronique, ..

Dans le cadre du cycle d'invitations aux jeunes designers, le madd-bordeaux présente jusqu'au 03 mars 2019 Phénomènes, un projet expérimental et interactif conçu pour le musée par Marion Pinaffo et Raphaël Pluvinage. Tous les jours, le monde qui nous entoure se peuple un peu plus d'une complexité à la fois invisible et incompréhensible (ondes, capteurs, cartes mères, codes, algorithmes, écrans à cristaux liquides, téléphones portables, etc.).

Depuis plus de trois ans, le duo de designers, lauréats des Audi talents awards 2016, explore les lois de la physique, du numérique et de l'électronique, et propose au public d'expérimenter ces divers phénomènes scientifiques par le biais d'une série de dispositifs intuitifs, divertissants et accessibles à tous.

A travers ces expériences mêlant design, technologie et pédagogie, les visiteurs de tout âge sont immergés dans un univers graphique et sensoriel. Ils peuvent entrevoir, approcher, ressentir la magie de ces complexités invisibles.

L'exposition, présentée dans une partie de l'ancienne prison, rend tangibles ces phénomènes complexes et abstraits par la seule utilisation d'éléments simples et bien concrets : billes, carton ou même gouttes d'eau, en un mot un véritable monde plein de formes, de couleurs et de matières à découvrir.

noisy jelly 3 Marianne Cauvard Studio Pinaffo Pluvinage

Commissariat de l'exposition
Les designers Marion Pinaffo et Raphaël Pluvinage - Studio Pinaffo Pluvinage

Marion Pinaffo (née en 1987) et Raphaël Pluvinage (né en 1986) sont des designers indépendants, tous les deux diplômés avec les félicitations du jury de l'ENSCI - Les Ateliers, respectivement en 2013 et 2015. Ils pratiquent un design graphique et ludique fait d'expérimentations et d'interactions avec le public.

Le travail de Marion s'inspire tant de l'histoire du design que du folklore populaire. Elle se plaît à fabriquer des objets récréatifs et intuitifs qui provoquent l'engagement du public et stimulent son imaginaire.

Raphaël, ingénieur de formation, développe des projets autour des nouvelles technologies et s'attache à montrer l'impact du design dans nos vies et dans notre rapport au monde.

Après une expérience à Londres où ils travaillent respectivement pour les studios Doshi Levien et Superflux, Marion et Raphaël entament leur collaboration en 2015 avec le projet Papier Machine. Il se poursuit à l'occasion de la résidence Te Ataata initiée par l'Ambassade de France en  Nouvelle-Zélande et remporte le prix Audi Talents Awards en 2016.

Ils ont, depuis, conçu nombre de nouveaux projets : Île à gratter (2015), Arcade Poster (2016), Château d'eau (2017, en collaboration avec Juliette Gelli), TamTam (2017) et Histoires de 100 mètres (2018). https://pinaffo-pluvinage.com

Une exposition présentée dans le cadre du cycle d'invitations aux jeunes designers Cette invitation témoigne de la volonté du madd-bordeaux de donner la parole à de jeunes designers qui explorent de nouveaux champs de recherche autour du design, du graphisme, de l'interactivité et du numérique.

Parcours de l'exposition

Dans l’ancienne prison de la rue Boulan, l'exposition prend place dans la partie droite, celle qui était alors réservée aux hommes. Cette cour et ses six cellules ont été investies par le duo de designers qui présentent, dans chacun des espaces, des expériences interactives auxquelles la participation des visiteurs donne tout leur sens : elles révèlent le fonctionnement caché des nouveaux objets connectés de notre quotidien et nous interrogent sur leur fonctionnalité et le rapport que nous entretenons avec eux.

La cour est transformée en un grand terrain de jeu qui nous invite à comprendre le système du code, son fonctionnement et ses applications, à travers une installation participative intitulée Briques de code. Le jeu de caractères, qui permet de déchiffrer le code, est ici une suite de couleurs. En suivant l’ordre des couleurs, le visiteur constitue un circuit à partir de modules en carton aux couleurs correspondantes. Le lancement de la balle sur cet enchaînement de formes colorées donne à voir la forme du circuit qui était contenu dans le code. Acteur du décryptage, le visiteur est amené à découvrir les nombreux systèmes de codage qui ont marqué l’Histoire : sémaphore, langue des signes, code Navajo, cylindre assyrien et cartes perforées, qui ont donné naissance à l’ancêtre de l’ordinateur. Exposition Phenomenes 2018

L'aventure sensorielle se poursuit dans les cellules de la prison avec Château d’eau et Noisy Jelly : deux activités qui permettent de comprendre, par la vue, l’ouïe et le toucher, les caractéristiques techniques des nouveaux objets de notre quotidien.

Certains matériaux, dits « intelligents », possèdent des qualités invisibles à l’œil nu, comme celle d’être superhydrophobes : aucune goutte d’eau ne pénètre dans le matériau, elle glisse et reste en surface. Afin d’appréhender ce phénomène physique, qui ne dévoile ses caractéristiques techniques qu’à l’échelle microscopique, Marion Pinaffo et Raphaël Pluvinage, en collaboration avec la designer Juliette Gelli, ont conçu Château d’eau. Ce jeu de circuits pour gouttelettes d’eau est constitué de pavés en plâtre, recouverts d’un polymère superhydrophobe sur lequel les gouttes d’eau glissent. Les différents blocs : virages, rayures, loopings, etc. permettent des combinaisons infinies, révélant d’une façon ludique l’utilité d’une telle technique dans l’industrie (parebrises, panneaux solaires, fenêtres etc.).

L’usage du bouton a considérablement évolué ces dernières années avec l’invention de l’écran tactile. Cette méthode, dite « capacitive », fonctionne avec une dalle de verre qui recouvre une grille conductrice. Notre corps, composé d’eau, est également conducteur. Quand le doigt s’approche de la dalle, il aspire les charges électriques de la grille. Le champ électrique est alors modifié à l’endroit de la pression et un signal est détecté. Noisy Jelly fonctionne comme une proposition pour appréhender l’étendue des possibles physiques qui peuvent aujourd’hui suppléer au simple bouton. Mouillé, gluant, mou, Noisy Jelly offre une expérience à l’opposé de nos smartphones. Il s’agit d’un kit de petit chimiste sonore. Les formes en gelées colorées sont placées sur des points métalliques reliés au courant. Par simple contact avec le corps, elles produisent des sons variés. Utiliser une matière molle et éphémère comme outil de contrôle offre une expérience déroutante.

papier machine 1 Studio Pinaffo Pluvinage

L'exposition marque également le lancement de Papier Machine n°0 (édition Panoplie), le premier numéro  d’une collection de cahiers qui permettent d’explorer les fonctionnements invisibles de l’électronique. Ce cahier contient six jeux électroniques en papier prédécoupé, sérigraphié avec une encre qui conduit l’électricité. Trois des six jeux sont en accès libre. Ils produisent tous du son, mais chacun illustre un principe physique différent. Le cahier, qui contient tous les éléments nécessaires au fonctionnement des jeux, est disponible à la vente à la boutique du musée .....

C’est autour de la conservation des données et du lien entre contenu et espace de stockage que l’exposition se poursuit : Histoires de 100 mètres, réalisée en collaboration avec l’artiste israélienne Tamara Efrat, est un dispositif qui propose de questionner ce rapport. Contrairement aux data centers dont la capacité de stockage paraît sans limite et qui ne montre rien de leur contenu, ce dispositif offre un espace contraint et montre tout ce qu’il contient : un écran d’affichage composé d’un ruban en mouvement qui raconte une histoire.

Dans la ville, les écrans sont partout présents, tout au long de la journée. Ces affichages tendent à s’uniformiser :l’écran remplace l’affichage en magasin, l’afficheur à palettes des gares, les publicités et les panneaux trivision. La résolution de ces écrans a connu une telle amélioration, que leurs pixels sont devenus invisibles à l’œil nu. Avec Écran liquide, présenté dans la cellule suivante, les designers prennent le contrepied de ces fenêtres parfaites. Sous la forme d’un écran défilant à base de gouttelettes circulant dans un tuyau, il transmet autant l’information qu’il donne à voir son fonctionnement. 

jelly safari HD visuel

Le musée des Arts décoratifs et du Design

Le musée des Arts décoratifs et du Design (madd-bordeaux) est installé dans un hôtel particulier construit à Bordeaux entre 1775 et 1779 pour le conseiller au parlement Pierre de Raymond de Lalande. Cette maison va changer de statut au fil du temps. En 1880, elle est rachetée par la Ville qui y installe tout d’abord les services de police et y construit une prison à l’arrière, à la place du jardin. Puis la Ville établit un premier musée d’Art ancien en 1924 qui sera transformé en musée des Arts décoratifs en 1955.

En 1984, le musée est réaménagé pour évoquer une riche demeure aristocratique, emblématique du siècle des Lumières bordelais. Ses collections constituent un exemple des arts décoratifs français, en particulier bordelais, des XVIIIe et XIXe siècles, et un témoignage de l’histoire de Bordeaux, grand port de négoce au XVIIIe siècle. 

En 2013, Constance Rubini, alors nommée à la direction du musée, a sollicité le Haut Conseil des musées de France pour faire évoluer le nom en « musée des Arts décoratifs et du Design », afin de rendre visible la volonté de l’institution de devenir un important lieu de diffusion de la culture du design en France.

En 2016, les réserves du musée, situées dans l’ancienne prison, sont externalisées afin  d’étendre la surface d’exposition ouverte au public. Ce nouvel espace confère une dynamique et une belle visibilité à l’institution. Y sont présentées les expositions Oh couleurs ! Le design au prisme de la couleur en 2017 (record de fréquentation du musée avec 43 239 visiteurs), et  Construction – Martin Szekely en 2018.

En 2018, les deux bâtiments sont classés au titre des monuments historiques.

Informations pratiques
Musée des Arts décoratifs et du Design - 39 rue Bouffard - 33 000 Bordeaux
+33 (0)5 56 10 14 00 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / www.madd-bordeaux.fr

Articles similaires

Bordeaux : année culturelle 2018 plébiscitée par plus de 600... Confirmant des hausses constantes de fréquentation, les établissements culturels de la Ville de Bordeaux ont accueilli 628 313 personnes en 2018 (musée d’Aquitaine, musée des Beaux-arts, musée des Art...
Angoulême : Festival de la Bande Dessinnée Le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême est le rendez-vous international du 9e Art depuis 1974. Des poids lourds au talent confirmé et d'autres pas toujours très connus parmi lesque...
Peyragudes : le City Zen Ski pour toute la famille Dans Demain ne meurt jamais, James Bond sauvait le monde à partir de la station de ski de Peyragudes. Ce formidable coup de projecteur planétaire fit faire un vrai "bond" à cette station alors fraîche...
Exposition Suzanne Lafont, Bordeaux Cette exposition est consacrée à la présentation de la pièce commandée à Suzanne Lafont, par la Métropole dans le cadre de la commande publique artistique Garonne initiée en 2012. Cette œuvre question...
Soldes en Aquitaine : Quelle reglementation ? Quelles dates ... Offres exceptionnelles, prix chocs, les soldes marquent un nouveau temps fort pour l’économie française. Le moment tant attendu des soldes est arrivé ! L’occasion pour bon nombre de regarnir leur...