La nature silencieuse : Exposition Odilon Redon

  • Catégorie : Bordeaux Métropole
Bordeaux Musée des Beaux-Arts : exposition La nature silencieuse
Bordeaux Musée des Beaux-Arts : exposition La nature silencieuse

A l’occasion des célébrations nationales du 100e anniversaire de la mort d’Odilon Redon (1840-1916), le musée des Beaux-Arts de Bordeaux se propose de rendre hommage au grand peintre d’origine bordelaise. Coproduite avec le musée des Beaux-Arts de Quimper à partir de prêts issus ....

.... essentiellement des collections bordelaises et du musée d’Orsay, cette exposition s’attache à la problématique du paysage dans l’œuvre peint et dessiné de l’artiste. Bien qu’il constitue la part la plus intime et la moins connue de la production de Redon, le paysage fut pourtant l’une des sources essentielles de l’inspiration onirique de l’artiste, dont l’enfance rêveuse et solitaire dans la propriété familiale de Peyrelebade, dans le Médoc, marqua profondément et durablement son œuvre.

La nature sauvage et austère du paysage médocain, entre landes et marécages, fait écho à celle du paysage breton que l’artiste découvrit dans les années 1870-80 à l’occasion de ses séjours dans le Finistère et le Morbihan. À Bordeaux, l’exposition sera accompagnée d’un colloque international organisé par l’Université Bordeaux-Montaigne en partenariat avec le musée et l’Association du Musée d’Art Gustave Fayet à Fontfroide. Cette exposition a lieu 11 ans après l’exposition Odilon Redon. Pastels et noirs, présentée à la galerie des Beaux-Arts en 2005, et 31 ans après la rétrospective qui lui a été consacrée à Bordeaux.

Exposition à la Galerie des Beaux-Arts du 9 décembre 2016 au 26 mars 2017Nature Silencieuse Odilon Redon

Extraits du catalogue

Redon et l’espace - Rodolphe Rapetti

Lorsqu’on évoque le paysage au XIXe siècle, il est rare que l’on mentionne Redon. Il est vrai que son oeuvre de paysagiste se situe à l’écart des grands bouleversements stylistiques dont il est le contemporain. Il est vrai également qu’au sein de sa production, le paysage pris dans son acception générique, le « paysage pur », peut être considéré comme quasiment marginal. Pourtant, des premières expositions à la Société des Amis des Arts de Bordeaux jusqu’aux décors de Domecy et de Fontfroide, des lithographies de Dans le rêve à celles de La Tentation de saint Antoine, des évocations venues de Poe à celles des mythes gréco-latins, ne cessent d’apparaître comme en une toile de fond ininterrompue les souvenirs des landes du Médoc, des montagnes des Pyrénées, de la Bretagne, auxquels se mêlent des acquis plus récents, témoignant continûment d’une émotion intacte face à la nature.

On a pu dire que Redon considérait ses paysages comme représentant la part intime de son oeuvre, et que de ce fait ceux-ci ne furent quasiment jamais exposés de son vivant. Pourtant, dès les expositions de 1881 et 1882 à La Vie moderne et au Gaulois, qui marquent pour l’artiste le début de la notoriété, le paysage est bel et bien présent, comme il le sera plus tard dans quasiment toutes les présentations publiques de son oeuvre jusqu’au tournant du XXe siècle. Il est à cet égard significatif qu’en 1900, alors que Redon a acquis une réelle célébrité, pas moins de treize paysages figurent à l’exposition que lui consacre Durand-Ruel, soit plus d’un tiers du catalogue.

Mais le texte appelle le texte, et dès le début de la carrière de l’artiste, ce sont avant tout ses Noirs, ses compositions d’esprit fantastique ou visionnaire, proches de l’univers littéraire symboliste, qui ont suscité le commentaire des critiques, et ainsi jusqu’à nos jours. Peu étudié, le paysage redonien nous conduit cependant, peut-être justement en raison de cette intimité qu’il révèle sous des aspects parfois anodins, à explorer un domaine demeuré pratiquement en friche : celui de son rapport à l’espace. Les perspectives fulgurantes, l’aspiration à l’infini, y jouxtent les impasses, les chausse-trappes, dans une tension irrésolue entre l’espace naturel et celui de la feuille ou du tableau. …

Odilon Redon et le Sud-Ouest ou la naissance d’une inspiration.
Entre réalité et rêverie - Sophie Barthélémy

Bien plus qu’une terre natale ou un lieu de villégiature estivale, le Sud-Ouest fut pour Redon une terre d’inspiration et de création tout au long de sa vie. Ses écrits et sa correspondance témoignent de cet attachement viscéral au territoire aquitain. C’est dans cette région qu’il sillonna du nord au Sud, des côtes charentaises au Pays basque, en passant par le Médoc de son enfance, qu’il trouva le ferment de son art visionnaire.

Les racines médocaines aux sources de l’art de Redon : entre terre et mer

Depuis son premier biographe André Mellerio, tous les spécialistes et exégètes de Redon s’accordent à reconnaître l’influence déterminante du terroir médocain sur la formation de sa sensibilité artistique. L’aventure redonienne commence en effet aux confins du Médoc, sur les terres arides et désolées du domaine familial de Peyrelebade, cerné par le vignoble, la lande et l’océan. De santé fragile, Redon est séparé dès sa naissance de ses parents, restés à Bordeaux, pour être placé en nourrice auprès d’un vieil oncle, régisseur de la propriété viticole, située sur la commune de Listrac. Toute son enfance, jusqu’à ses onze ans, se déroule dans la solitude contemplative de cette province reculée dont l’atmosphère sauvage, entretenue par les légendes et superstitions populaires, l’ouvre à des mondes étranges.

C’est dans ce mélancolique « pays d’ombres » que s’élabore ainsi la construction de son imaginaire et que naissent ses premiers « Noirs » : « Peyrelebade fut la nourriture de cet enfant, dont l’imagination , sans direction, s’est développée jusqu’au paroxysme. Affamé d’émotions, cet enfant a recherché autour de lui des impressions saisissantes, dans ce domaine très restreint où son attention s’exerce ; un parc abandonné, la lande toute proche, quelques hameaux perdus dans les sables. Tout concourait ici à doter l’artiste d’une vision spéciale : une enfance exceptionnelle, une imagination sans frein, des lieux dont la tristesse a donné à ses rêveries une tonalité particulière… » (Roseline Bacou, Odilon Redon, t. I, Genève, Pierre Cailler, 1956, p. 132)

pdfBiographie : chronologie Odilon Redon

L’exposition La nature silencieuse - Paysages d’Odilon Redon est une préfiguration de la saison Paysages 2017 qui se déroulera du 25 juin au 25 octobre 2017. Créée à l’occasion de l’arrivée de la LGV, cette nouvelle saison culturelle rassemble des propositions artistiques portées par les acteurs du territoire autour de la thématique des « paysages » (physiques, architecturaux, musicaux, intimes, naturels, gastronomiques etc). Le musée des Beaux-Arts de Bordeaux présentera à cette occasion une sélection d’oeuvres issues des collections permanentes sur la thématique du paysage allant du XVIIe au XXe siècle, avec une approche scénographique s’affranchissant des codes de la muséographie traditionnelle pour créer un parcours de visite inédit dans lequel les oeuvres du musée dialoguent avec des oeuvres du CAPC.

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