dimanche 23 août 2015 16:21  Clément Jouhanet

Arancou

(Ville - Commune)

   

Place du Fronton
64270 Arancou
Pyrénées-Atlantiques

Niché au cœur de vallons, bois et cours d’eau, Arancou est un petit village entre Béarn et Pays basque, gascon ou basque, cela dépend si vous vous placez d’un point de vue culturel ou administratif. La commune se situe ainsi au carrefour de 4 régions à forte identité ...

...le Béarn, la Gascogne, la Navarre et le Pays Basque, d’où le nom du ruisseau Lauhirasse (4 pays en basque) qui suit les limites Est du village. Arancou signifierait « la vallée haute », en basque il s’écrit Erango.

L’histoire d’Arancou est étroitement liée à l’essor des pèlerinages de Saint-Jacques de Compostelle. En effet, la commune se trouve sur une des grandes voies de St-Jacques, à savoir la "Via Turonensis", connue aujourd’hui sous son appellation française "Voie de Tours". Cette voie traverse les Landes jusqu’à Dax, rejoint l’Abbaye de Sordes, suit le tracé du Gave jusqu’à Leren, puis jusqu’à Saint-Dos, Ordios, et enfin Arancou, avant de continuer vers l’Espagne.

Les premiers habitants, ou colons, arrivèrent du Béarn, au début du XIIème siècle. Ils défrichèrent les bois et installèrent les premiers peuplements dans les clairières. La fondation du village se fit ainsi de part l’émergence d’une importante activité religieuse.

Centre d’évocation de la Grotte Bourouilla ation de la Grotte Bourouilla

Exposition des divers objets retrouvés lors des fouilles qui ont lieu chaque année par des chercheurs du CNRS depuis 1998. La première occupation de cette grotte remonte au moins à l’époque Magdalénienne (environ – 13.000 ans). De nombreux outils recueillis dans les déblais de la fouille (burins, grattoirs, perçoirs, racloirs, lamelles à dos, raclettes, pointes, triangles, rectangles, pièces esquillées) sont exposés au Musée.
Ouvert toute l'année sur demande (Lundi, Mardi, jeudi, vendredi: de 09h à 12h/ 15h-17h) - Tél: 05 59 38 42 65

La Grotte Bourouilla

Différentes périodes d'occupations ont été reconnues depuis le Magdalénien moyen jusqu'au Moyen âge. Cependant, c'est la richesse des niveaux magdaléniens qui font l'intérêt principal de ce site. C'est une petite cavité d’une dizaine de mètres de longueur ouverte au Sud-est à peu de distance d’un affluent secondaire du Gave d’Oloron : Le Lauhirasse. Le site est fermé au public.
En savoir plus : http://arancou-site-archeo.pagesperso-orange.fr/

Eglise Notre Dame l’Assomption

L’église Notre-Dame d’Arancou est classée Monument Historique et protégée par les bâtiments de France. Elle fut édifiée au XIII e siècle, et témoigne du passage de l’art roman (plan allongé, nef unique à 3 travées) à l’art gothique (choeur à 3 pans, voûte d’ogives, chapiteaux à crochets et feuilles lobées). Sa construction, en même temps que l’hôpital « l’Espitau », est liée aux chemins de Saint Jacques de Compostelle. L’ancien hôpital, est la dernière étape des pauvres et des pèlerins en terre gasconne.

Bâtie sur le rocher, elle s’entoure du courant d’eau vive d’une source, qui traverse souterrainement la route, contourne le porche, et jaillit en contrebas. Elle s’apparente énormément à l’église voisine de Viellenave-sur-Bidouze.

Dans la partie occidentale de la nef, on peut y voir une tribune en bois datée 1661 (date peinte sur une des poutres). Dans le choeur, des mosaïques plus récentes représentent une scène de chasse, inspirée de l’abbaye de Sordes, un chien poursuivant un lièvre.

A l’entrée une très belle stèle discoïdale à représentation humaine veille sur l’édifice. Les stèles discoïdales font incontestablement partie intégrante de l’art funéraire basque. Bien que l’on en trouve aussi dans d’autres régions ou pays. A l’origine les stèles ne portent par le nom des défunts, sauf à partir du XVI/XVIIème où la mode des épitaphes se développe. De même, les dates qu’elles arborent ne témoignent pas du décès du défunt, mais de la date de création de la stèle. Les « créateur » des stèles nommés « hargins » étaient la plupart du temps des paysans qui perpétraient cette tradition de père en fils. Ils eurent une grande influence vers le XVI/XVIIème siècle.

Puits, lavoir et fontaine de Garay

La construction de l’ensemble daterait de la seconde moitié du XIXème siècle.
L’ensemble est composé d’un puits artésien, d’un lavoir et d’une fontaine. Ils dépendent de la maison Garay, bâtie en 1818. Les propriétaires de la maison laissaient le lavoir en usufruit aux villageois, avec l’unique condition qu’ils auraient à leur charge son entretien.

Un puits artésien est un puits où l'eau jaillit spontanément. Ce phénomène a été mis en évidence pour la première fois par les moines de l'abbaye de Lillers, en Artois en 1126, d'où son nom. Il alimentait en eau le lavoir par le biais de la fontaine, mais il alimentait de même la maison Garay grâce à un système de relevage par bélier hydraulique.

Un chemin bordé de part et d’autre d’un mur en moellons de calcaire permet d’accéder à l’ensemble.

La fontaine se compose d’un petit édicule en dalles de calcaire avec sur sa face est une bouche d’eau en forme de gueule de lion, d’où son appellation de « Fontaine du Lion ». Le lavoir est à 2 bacs.

A l’ouest, un petit portail conduit au puits surmonté d’un petit pavillon carré construit en moellons de calcaire et pans de bois, recouvert de tuiles plates. Le bord du toit est orné d’un lambrequin en bois découpé.

Les puits, lavoir et fontaine de Garay sont un domaine privé (mais accessible au public par un chemin au bord de la route, sauf le puits artésien) – Ces édifices sont cités dans la Base Mérimée et répertoriés dans le Patrimoine Architectural de France.